Algérie - A la une


L'ami Ali (1re partie) juste un mot



Nous avons décidé, il y a seulement quelques jours, de donner des textes à notre journal, trois en tout, en souvenir et en hommage à l'ami Ali Zamoum, que tout le monde appelle par affection et par respect Da Ali.
C'est suite à une conversation à laquelle nous avons assisté dans le salon de coiffure du quartier, conversation fort animée entre quelques clients et le maître des lieux, où tous les sujets ont été passés en revue et au crible à une vitesse astronomique, l'Aïd et son mouton, le pain absent, les fortes pluies et le vent violent, Courbis et l'USMA, le fair-play des footballeurs anglais qui ne protestent jamais malgré des arbitrages exécrables, les bars et les restaurants fermés, la Syrie, les émissions d'une télévision française sur l'histoire récente de notre pays, en un mot toute l'actualité a défilé, tous les sujets les intéressaient, sauf le cinéma et les futures élections chez nous, bien sûr. Comme il était aussi question de la guerre de libération et des vrais moudjahidine, novembre étant proche, l'un d'eux voulait rendre hommage à Ali Zamoum, maquisard héroïque de son village natal, Ighil Imoula.
Nous eûmes la désagréable surprise de constater que les autres participants ne savaient point qui était Da Ali. C'est ce qui nous incite à écrire notre texte aujourd'hui et le hasard, qui fait bien les choses, nous permet ainsi de célébrer, à notre façon, le 58e anniversaire du 1er Novembre 54. L'oubli, ce terrible fléau qui nous guette sans cesse, doit être combattu en permanance et sans répit. C'est ce que font pourtant mes amis de la dynamique association Tagmats Ali Zamoum, en célébrant, chaque année, l'anniversaire de la disparition de leur père fondateur. Dans leur travail, ils sont heureusement aidés et soutenus par de nombreux artistes brillants et généreux. De nombreux articles, dans plusieurs journaux, ont retracé avec qualité et ferveur sa vie, son itinéraire, son engagement. Nos amis journalistes ont eu raison de mettre en valeur toutes les dimensions de ce moudjahid, de cet homme engagé tant il symbolisait la droiture, la rigueur absolues.
Pour notre part, aujourd'hui, nous tenterons d'aborder ce grand personnage, cet immense bonhomme, sous des angles plus humains et avec une touche chargée d'affection. Pour cela, nous n'utiliserons que quelques histoires et anecdotes qu'il nous dévoila lui-même à l'occasion de ses visites à Aïn Benian, «l'Ilot» plus précisément, où il aimait tant se retrouver. Tous d'abord, essayons de décrire l'accueil que lui réservait l'un de nos enfants, six ans à peine, à l'occasion de ses premières visites. Lorsqu'il lui ouvrait le portail, il ne lui sautait au cou qu'après l'avoir observé quelques secondes attentivement. Ali était intrigué, il finit, bien sûr, par faire parler l'enfant et celui-ci lui répondit tout simplement : «avec tes moustaches, ton burnous, un cartable dans une main, une corbeille de figues dans l'autre, je me suis toujours demandé si tu étais un intellectuel comme mon père ou un paysan kabyle comme mon grand-père.»
L'éclat de rire de notre fidèle ami, de notre loyal compagnon, enclencha celui de tous les autres et l'ambiance était ainsi créée pour le week-end. Ali remarqua qu'à chacun des anniversaires du 1er Novembre, l'enfant l'attendait avec grande impatience, car le drapeau n'était levé qu'en sa présence. Une complicité grandissante les unissait de plus en plus et pourtant ce n'est que pur hasard que tous deux portent le même prénom. D'autres instants, nombreux, tous aussi forts les uns que les autres, nous permirent, nous aidèrent à découvrir davantage l'homme et à apprécier de plus en plus l'ami. Il faut avoir fait les courses avec lui et le voir insister avec force sur l'achat du pain en premier lieu, «tout le reste n'est rien» disait-il, pour comprendre combien il était resté fils du peuple, enfant du Djurdura. Ne répétait-il pas ainsi, de façon inconsciente, les premiers gestes de nos grands-mères et de nos mères préparant la pâte pour le pain dès l'aube '
A suivre '


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