Adrar - Patrimoine Historique


Ksar Chellala-Dahrania

Ksar Chellala-Dahrania
Aperçu Historique :

Les vestiges existants à 1 km au Nord – Nord-Ouest, témoignent de l’ancienneté de ce ksar. Selon la tradition orale, le ksar actuel, aurait été fondé au XII’ s., vers 1180, par Moulay Youssef, de la 12’ génération en ligne directe après ldriss II (mort en 828). Les bouleversements que ce ksar a connu durant la colonisation (démolition, déplacement des populations) et les destructions dûes au tremblement de terre du 14 mars 1964 a eu pour conséquence l’abandon du ksar, qui bénéficie actuellement d’une opération de réhabilitation.

Aperçu Socio-économique :

La population de cette localité est presque exclusivement de race berbère, bien que la langue arabe s’y parle. Le chellah’ ou le Tachelhaït y est encore parlé dans les familles. Il est à signaler la présence de familles israélites jusque vers 1914 . Après 1830, il y a eu l’implantation de la zaouïa El Quadirya. À l’instar des autres sociétés Ksourienne, Il s’agit d’une société aux traditions sédentaires très anciennes, dont les relations sociétales sont régies par un code de lois orales (quanoun). Une assemblée de notables et de sages (Djemâa) se charge de faire respecter cette loi d’une façon démocratique. L’économie du ksar est basée sur une agriculture Oasienne. Les palmiers dattieres, quelques arbres fruitiers (grenades, abricots, pêches,...), des ceréales, des légumes (oignons, navets, citrouilles, piments, etc.) se côtoient dans des vergers, situés généralement en contrebas du ksar. Quelques chèvres et moutons constitue l’essentiel de l’élevage. L’irrigation était assurée par un système astucieux de conduites souterraines, sur des distances pouvant atteindre plus de 100 km. L’artisanat est une autre activité qui participait grandement à l’économie du village. Les métiers les plus répandues sont : potiers, selliers, forgerons, armuriers bijoutiers, fabriquants de poudre, savetiers... d’uatres produits sont l’oeuvre des femmes : burnous, haïks, jerbi, hambel. Il s’agit la d’un bel exemple d’une économie d’auto-suffisance.

Il est à signaler les relations de bons voisinages avec les tribues environnantes, notamment les Oulad-Sidi-Cheikh et les Hamyanes Cherraga. Les produits artisanaux étaient écoulés auprès de ces nommades pour qui des espaces de stockage des produits alimentaire, dans le ksar, étaient mis à leur disposition. Toutefois, ces relations cordiales et mutuellement bénéfiques étaient parfois émaillées par des incursions des nomades d’ou la nécessité de renforcer les remparts et les murailles des jardins.

Urbanisme et Architecture :

La forme générale du ksar de Chellela Dahrania se confond à un triangle équilatéral aux côtés très irréguliers. Le site d’implantation est un plateau de pendage, formé de dépôts tertiaires, surmontant un banc de grès crétacé relevé en falaise à l’est. Le ksar est enveloppé d’un rempart formé par les murs des maisons. La hauteur du rempart peut atteindre 9 m. Des meurtrières viennent rappeler l’aspect defensif du Ksar. Le ksar communique avec l’extérieur grâce à 3 portes : Bab-Tichrafine à l’Est, Bab-Tefrent au Sud-Est et Bab-Ahfir à l’Ouest.
L’organisation générale du ksar reflète, fidèlement, la généalogie de la population. Cinq rues, « Droub » correspondant à cinq groupes généalogiques : Derb Oulad Khenfar au nord, Derb Oulad-Hamza à l’ouest, Derb Oulad-Amer au sud-ouest et Derb Oulad-Ziane au sud-est. Ces ruelles principales, au tracé sinueux, et étroit s’élargissent à certains endroits pour former des placettes couvertes dotées de banquettes latérales en dur. Ce sont des lieux d’échanges sociaux. Les ruelles principales se prolongent par des ramification qui se terminent en impasses donnant accès aux maisons.
Situé au centre du ksar, la place de la Djemaâ, possède une forme presque pentagonale. Elle est le point d’intersection des cinq ruelles principales et constitue le lieu ou siège l’assemblée du village. Les murs encadrant la place sont flanquées de bancs de pierre. Les affaires publiques et les conflits entre les membres de la communautés sont traités ici. De même, l’accueil et les négociations avec les étrangers se tiennent dans cet espace.

Datant de 920 H, La mosquée occupe une surface triangulaire divisée en 5 travées. Un creusement dans le mur sert de Minbar. À l’instar des minarets des mosquées de l’Afrique du nord, Le minaret ici est de plan carré. Un bandeau positionné à mi- hauteur orne le corps , dont la terrasse porte 4 menons d’angle, et le sommet une petite coupole qui surplomb le ksar d’une hauteur de 15 mètres. au nord-ouest du minaret se tient une école coranique, et à l’est, à l’étage au dessus de la ruelle un espace destiné aux confréries.

Les maisons possèdent ici les mêmes caractéristiques des maisons ksourienne. Un plan de masse compact, permettant un ombrage mutuel, une protection contre les vents de sable, et une meilleure qualité defensive. Organisées autour de cour, les maisons communiquent entre elles par l’intermédiaire des terrasses, la femme pouvant ainsi se déplacer entre les maisons sans passer par la rue. La technique et les matériaux de construction utilisés sont : la pierre au mortier de terre ou à la chaux.
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