Oran - Revue de Presse

Kader Aggag, un sculpteur algérien au pays de Goethe


En quête d’une consécration nationale Kader Aggag est un sculpteur algérien plein de talent qui vit depuis quelques dizaines d’années en Allemagne, précisément dans la ville de Minden, en Rhénanie du Nord. Ses travaux font bonne presse au pays de Goethe comme l’attestent les coupures de journaux qu’il garde jalousement et exhibe avec fierté. C’est donc dans cette petite localité que notre sculpteur expatrié élira domicile pour s’adonner exclusivement à sa carrière artistique. L’imminence de la grande manifestation ‘Alger, capitale de la culture arabe 2007’, constitue à ses yeux une aubaine pour présenter ses œuvres, de se faire connaître du public algérien et partant de recevoir une consécration dans son propre pays. C’est dans la ville de Relizane que le sculpteur Kader Aggag verra le jour en 1938. Dans son enfance, il fera la connaissance du peintre algérien Mohamed Issiakhem, qui était à cette époque son voisin et son chef de groupe dans les rangs du mouvement scout. C’est au contact de ce grand maître de la peinture algérienne qu’il acquiert la rigueur artistique et vouera une passion pour les chansons du prestigieux Jacques Brel dont les paroles lui inspireront plus tard toute une série de sculptures. Au cours de la révolution armée, il sera emprisonné par les autorités coloniales pour ses activités militantes et devra s’exiler en France pour suivre un stage en agronomie à Avignon, tout en poursuivant son activisme politique. Il devra encore une fois fuir la répression et s’installer en Allemagne. Dans ce pays, il fera la rencontre de l’écrivain Kateb Yacine, alors absorbé par la rédaction de son «Polygone étoilé». Dès les premières années de l’indépendance, Kader Aggag fera partie du personnel de la première ambassade de la jeune République algérienne à Bonn tout en entamant, à partir de 1965, une formation de trois années à l’Ecole de photographie de la capitale de l’Allemagne fédérale de l’époque, qui le destinait à l’Académie du cinéma de Berlin. Mais un accident de la route allait contrarier le cours de sa vie. Il retourne au pays pour ouvrir son propre studio de photographie à Oran. La conjoncture économique de l’époque et ses corollaires, les pénuries de films et de produits chimiques, l’obligent à cesser cette activité en 1972 pour s’installer définitivement en Allemagne et travailler en qualité de photographe. C’est un heureux concours de circonstances qui allait donner naissance à sa vocation de sculpteur et l’engager dans une tout autre direction. La municipalité de Minden organisait des ateliers de sculpture ouverts aux initiés et aux profanes, il tentera alors sa chance et le résultat fut probant. Cet événement allait constituer le déclic pour une nouvelle vocation. La technique sera maîtrisée au fil des jours et la sculpture deviendra son moyen d’expression privilégié. Il fera désormais partie d’un groupe de sculpteurs qui allaient présenter leurs travaux dans la ville de Minden et sa région. Dans maintes expositions à travers l’Allemagne, le sculpteur Kader Aggag s’illustrera par ses œuvres qui traduisent une bouillonnante créativité, notamment dans cet ensemble de sculptures mixtes en marbre et plâtre qui constituent « La tragédie humaine « ou la fresque collective qu dénonce la colonisation de l’Amérique à l’occasion de la commémoration du cinquième centenaire en 1992. Les travaux de Kader Aggag vont se distinguer par la grande variété de techniques utilisées, avec une tendance marquée pour les thèmes abstraits qui révèlent les angoisses de l’homme moderne, où le sculpteur aura expérimenté une grande diversité de matériaux : polyester, céramique, plâtre, terra cotta, marbre, granit, grès, bronze, etc...Ses œuvres les plus appréciées demeurent « La Transparence « (marbre 2002), «Soulèvement» (bronze 1995), dédiée à la révolution algérienne, «La torture» (bronze et marbre 1995) ou encore « Faux pas « (bronze et marbre 1995). En 1997, lors de la générale du spectacle de music-hall Jacques Brel de Klaus Hoffman, ses sculptures, inspirées du répertoire de l’illustre chanteur belge, orneront le hall du Schiller Theater de Berlin. Sa ville adoptive de Minden lui rendra un vibrant hommage également en choisissant une de ses œuvres «Wartender» (celui qui attend) pour embellir l’entrée de la gare locale. Kader Aggag, qui ne rate jamais l’occasion de faire une virée dans son pays pour voir ses proches et se ressourcer, vient de solliciter la direction de la Culture d’Oran en vue d’une participation à ‘Alger, capitale de la culture arabe 2007’, espérant se voir offrir la possibilité d’exposer ses œuvres au cours de cette grande manifestation, qui se propose d’être la vitrine de la création culturelle algérienne, pour prouver ses aptitudes et pouvoir jouir, dans son pays, de la même considération qu’il a gagnée à l’étranger à la faveur de son talent.



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