Algérie - Revue de Presse


JUSTICE



INCARCERE DEPUIS UNE SEMAINE Lettre de Benaoum au président Ils auraient opté pour la continuité et la réconciliation nationale. Au lendemain de votre réélection, et dans un message adressé à la nation, vous insistiez que vous serez le Président de toutes les Algériennes et de tous les Algériens en soulignant que la page de la campagne électorale se devait d?être définitivement tournée. En tant que citoyen, je me suis réjoui de la teneur de votre message et en ai pris acte. Les titres de presse que je dirige, notamment le plus connu d?entre eux, Errai, sont frappés d?« une interdiction d?impression » qui ne dit pas son nom, et ce, depuis août de l?an dernier ; Errai a été suspendu en même temps que cinq (5) autres titres de la presse privée, l?opinion publique n?ignore pas que des motifs commerciaux ont été invoqués pour expliquer cette mesure de suspension. L?opinion publique n?ignore pas non plus que ce sont les sociétés d?impression d?Etat qui ont rompu et mis fin, de la façon la plus unilatérale qui soit, à leurs obligations et engagements contractuels. Plus encore, toutes nos propositions commerciales et financières furent rejetées ou alors ne furent jamais examinées (...). Cette situation a mis en arrêt de travail non indemnisé plus de cent cinquante (150) salariés mais plus inquiétant encore, elle a jeté dans la précarité plus de cent cinquante (150) foyers. La moyenne pondérée des salaires versés est supérieure à huit mille neuf cents dinars (8 900,00 DA) ! Aussi, l?« interdiction d?impression » qui frappe Errai, Le Journal de l?Ouest et Détective prive des dizaines de milliers de nos concitoyens d?une certaine façon, je conviens, qu?elle ne fut pas tout le temps opportune mais toujours de bonne foi, de voir l?actualité de notre pays et les enjeux qui entourent son devenir. Elle déleste notre paysage médiatique de cette diversité et de cette pluralité qui font la fierté et l?originalité de ladite expérience démocratique algérienne dans le monde émergent. Il est certes inélégant, voire inesthétique, de faire référence à ses confrères, mais un examen succinct des créances détenues par les trois (3) sociétés d?impression d?Etat permet de déduire que les règles de la commercialité et de la rentabilité ne peuvent à elles seules tout expliquer et autorise de conclure que la rupture unilatérale des relations commerciales avec certains titres de presse a sérieusement obéré les comptes courants des sociétés d?impression d?Etat. Nul besoin, par ailleurs, de discourir sur les ratios de solvabilité et de rentabilité des titres pourchassés en abordant la question des créances détenues sur l?ANEP. Il ne vous intéressera pas ici, de prendre connaissance de l?acharnement et du harcèlement policiers dont je fais l?objet depuis bientôt une année. D?autres analystes et quelques-uns de mes confrères ont eu à éclairer l?opinion publique en concluant que mes « ennuis » relevaient du droit commun et qu?ils étaient étrangers au combat pour la liberté d?expression. Je concéderai volontiers que « informer » reste le métier du journaliste, mais à la condition qu?ils me renseignent sur la teneur exacte du métier d?« informateur ». Il ne vous intéressera pas ici non plus, comme il n?intéressera personne, de savoir que toutes mes interpellations policières ont lieu à partir du mardi, que les prolongations de mes garde à vue se font le jeudi, que mes « présentations-représentations » devant le juge d?instruction se déroulent le samedi, que mes « mises-remises » en liberté interviennent en fin d?après-midi le chaque... samedi ! Pourtant, il m?importe beaucoup de rendre ici un sincère et concitoyen hommage à tous ces valeureux et anonymes magistrats qui font leur métier : dire le droit et rendre la loi.




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