Alger - Revue de Presse


INSTANTANE

Permission de rêver Les discours lénifiants des pouvoirs publics ont placé notre cité à la belle enseigne. On ne lésine jamais sur les mots pour lui tresser des lauriers, la glorifier. Alger, capitale ouverte sur le vaste monde, carrefour des civilisations et des cultures, ancrée dans l?universalisme, profondément enracinée dans son histoire millénaire et tutti quanti. Le lyrisme enfiévré et bouillonnant a même fait école. C?est devenu un cheval de Troie pour nombre de rusés laudateurs, de fieffés bateleurs et de tribuns ratés. Sitôt les professions de foi estompées et les sortilèges dissipés, on se heurte alors à une désolante réalité qui prévaut depuis déjà bien longtemps mais que les effets de manche, les sursauts aléatoires et les effervescences ponctuelles, ont dissimulée et étouffée. Cet entêtement à vouloir tout régenter, codifier et diligenter en vertu de critères étriqués, aura fait son ?uvre. Il a tari le champ culturel. La sève est déssechée. L?humus raréfié. La ville a pris la fâcheuse habitude de se recroqueviller, de se replier sur elle-même, vivant de souvenirs et de réminiscences désormais surannées. D?aucuns continuent à évoquer avec attendrissement l?antique festival culturel panafricain, de se remémorer des passages fréquents de cinéastes célèbres, engageant « d?homériques » débats avec un public passionné, de se rappeler des haltes tonifiantes, fécondes d?éminents penseurs et intellectuels de grande renommée. Des poètes et des écrivains de notoriété reconnue ont honoré la capitale. Ce n?est pas verser dans le « syndrome des vestiges » mais plutôt rappeler le terrain à reconquérir, les sentiers à arpenter pour tenter de renouer avec des pratiques usitées le plus normalement du monde dans les villes qui se respectent et qui se font du mourron au sujet de leur standing. D?autant que tout le monde gagne dans l?affaire. A commencer par le citoyen avide de côtoyer de nouvelles idées, de se frotter à des cultures différentes, à des mentalités « plurielles ». Lui, qui a trop pâti des « exclusivismes », des ambitions rétrogrades, du narcissisme échevelé de cohortes d?exaltés. Tout cela, relève-t-il de la rêverie innocente et des douces bergeries ? Qu?importe, puisque le droit de faire des v?ux est toujours consenti.




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