Annaba - Revue de Presse


Insécurité



Annaba Une poudrière Depuis quelque temps, Annaba ressemble à une poudrière. Sa population s?inquiète de l?état de pourrissement que la sécurité des biens et des personnes a atteint. Mardi dernier, en deux sites éloignés l?un de l?autre, la ville a vécu une journée et une nuit mouvementées. Dans la matinée, les habitants du bidonville de Sidi Harb à proximité de la clinique Aboumarouane ont exprimé leur mécontentement. Déçus d?avoir été évincés de la liste de recasement émise par les autorités locales attribuant des logements sociaux à des sinistrés casés depuis des mois dans une salle de sports, ils ont érigé des barrages et incendié des pneus et des troncs d?arbre ssur la voie publique. Leur colère était due aussi aux nombreuses et vaines promesses de recasement faites, il y a quelques mois, par le chef de daïra. L?intervention de la brigade anti-émeutes a permis de ramener le calme. Plusieurs personnes dont deux femmes ont été interpellées. En début de soirée, ce fut le tour de plusieurs jeunes délinquants et repris de justice. Membres de bandes spécialisées dans les agressions, les vols et le trafic de drogue, ils sévissaient depuis plusieurs mois dans la vielle ville et imposaient leur loi aux passants et aux habitants. Armés de couteaux de boucher, à cran d?arrêt, de sabres, de gourdins et de bombes de gaz lacrymogène, ces délinquants et repris de justice ont déclenché mardi dernier une bataille rangée. Chaque bande tentait de faire admettre à sa rivale sa loi sur la place et l?interdiction à quiconque d?accomplir ses néfastes besognes. Après une brève accalmie due à l?arrivée des services de police, la bataille reprendra de plus belle à partir de minuit. Aux courses-poursuites avec la ferme intention de tuer engagées par les antagonistes, suivaient les cris et l?affolement des familles. Elles n?avaient aucune échappatoire si ce n?est fermer leurs fenêtres et prier pour que leur domicile soit préservé. Tel était le spectacle offert, mardi dernier, dans ce quartier de la vieille ville. L?intervention des brigades mobiles de police appelées en renfors à ramener le calme au moment même où à quelques centaines de mètres de là, un dangereux prisonnier, trompait la vigilance des gardiens pour se faire la belle. La vieille ville est un quartier qui a été transformé en une cour des miracles : tout étranger de passage est systématiquement agressé, et sous la menace, d?une arme blanche rackettée. Quotidiennement, de jour comme de nuit, ces mêmes délinquants et repris de justice hantent le cours de la Révolution et les rues commerçantes pour y commettre leurs méfaits. Connus, identifiés maintes fois par leurs victimes, ils circulent librement, y compris devant ceux qui sont censés les rechercher. Les malfrats, trafiquants de drogue, de devises, de la traite des blanches, les prostitués des deux sexes y règnent en suzerains. « Je n?ai jamais vécu une nuit aussi mouvementée que celle de ce mardi à mercredi dernier. Cela ne veut pas dire que les autres nuits sont paisibles mais, celle d?hier a dépassé les limites de l?entendement. Avec des dizaines de délinquants courant sabre au clair à la recherche d?autres de leur acabit, nous avons cru à une descente terroriste. Je me demande si l?Etat existe réellement sinon comment peut-on admettre que des truands imposent leur loi à quelques dizaines de mètres d?un commissariat de police », a déclaré Larbi H. sous le balcon duquel les échanges de coups de sabre et de bombes lacrymogènes ont eu lieu. Dans ce sombre tableau, une éclaircie avec l?arrestation, toujours dans la nuit de mardi à mercredi dernier, de Berger, un dangereux individu qui s?était enfui du tribunal d?El Hadjar au moment où il attendait d?être auditionné par un magistrat pour un énième délit. Qualifié d?ennemi public numéro un par les services de police de la wilaya, cet individu a à son actif : homicides volontaires, kidnapping, viol, constitution d?associations de malfaiteurs, proxénétisme, vols et attaques à main armée et destructions de biens d?autrui. Il avait été arrêté à El Bouni accompagné de quatre jeunes filles de m?urs légères et d?un de ses acolytes.




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