Alger - El Badji Mohamed


Il fut un grand maître du chaâbi, Au souvenir de Mohammed El Badji.



Il fut un grand maître du chaâbi, Au souvenir de Mohammed El Badji.

La salle El Mougar à Alger a abrité lundi dernier un hommage à l’auteur et compositeur de la chanson chaâbi Mohammed El Badji, disparu en juin 2003 à l’âge de 70 ans A cette occasion, huit chanteurs qui font partie de la nouvelle génération de la chanson chaâbi ont animé une soirée musicale. Il s’agit de Nacer Mokdad, Sid Ali Nekkab, Nacer Aya, Abderezzak Acheli, Didine Karoum, Hakim El Ankis, Kamel El Kobbi et Mohamed Tamèche.

Ils ont interprété des chansons composées par El Badji, à l’exemple d’El Warda, El Lila, Aala Bali Aala Balek, Meriouma, Yal Moqnin Ezzin et Bahr Ettoufan. Des inoxydables par le temps et qui marquent le génie créateur d’un artiste dont le nom est lié à jamais à la chanson chaâbi. Rencontré en marge de la soirée, Saïd, le fils aîné d’El Badji, a exprimé sa joie de voir aujourd’hui de jeunes talents du chaâbi interpréter les chansons de son père. Comme il a rappelé brièvement le passé révolutionnaire d’un homme qui attendait chaque jour à la prison de Serkadji son tour pour passer sous le couperet de la guillotine, condamné à mort qu’il est. « Il a lutté pour l’indépendance de son pays. Il a été arrêté en 1957 par les forces coloniales. Condamné à mort, il été emprisonné à Serkadji. Mais il a eu de la chance. Avec l’avènement de l’indépendance, 1500 condamnés à mort sont graciés et parmi eux mon père », relate Saïd. C’est en prison, en 1958, rappelle le même interlocuteur qu’El Badji compose Yal Moqnin Ezzin. Interprétée ensuite par plusieurs chanteurs comme Boudjemaâ El Ankis et Amar Ezzahi. Concernant une autre chanson non moins connue, Bahr Ettouffan, la même voix relève qu’elle a été composée en 1963. En effet, El Badji avec comme entre autres amis Mokhtar, un pêcheur. Ce dernier est sorti le matin en mer en barque pour ne plus revenir. Il est mort englouti par la mer. Après l’indépendance, El Badji travaille comme gardien de prison à Serkadji. Cette même prison où il attendait son exécution. « Il a rêvé en prison que l’Algérie sera indépendante et qu’il sera gardien de ce même lieu de détention, Serkadji. Ainsi, après l’indépendance, il opte pour ce poste qu’il occupe pendant sept ans pour ensuite prendre sa retraite », se souvient le même interlocuteur.







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