Hommage à Mohamed Dib par Dominique Dussidour



Dans les années 70-80, l'Institut pédagogique national algérien éditait un livre de lectures en français destiné à la 1re année moyenne des collèges (les sixièmes). Cet ouvrage, comme le programme, était commun aux classes dites bilingues et à celles dites arabisées. Les classes bilingues et arabisées avaient en commun un enseignement de l'histoire et de la géographie en arabe. L'Algérie manquait alors de professeurs algériens pouvant enseigner en arabe puisque cette génération était allée à l'école de la colonisation française, aussi la plupart des enseignants en arabe étaient-ils des Egyptiens et des Syriens. Dans la cour du collège ils discutaient en arabe littéraire avec les enseignants algériens et ironisaient - pas toujours gentiment - sur l'arabe dialectal dont ceux-ci étaient plus coutumiers. Plus tard, quand les premiers professeurs sortiront des écoles normales algériennes, Egyptiens et Syriens repartiront et les classes bilingues disparaîtront, devenant classes avec option langue étrangère (on parle ici du français). Il y avait cependant une autre différence entre les classes bilingues et les classes arabisées, une différence perceptible dès qu'on entrait dans une salle de cours : les élèves inscrits en classe bilingue étaient les enfants des petite et moyenne bourgeoisies, ceux inscrits en classe arabisée étaient les enfants d'ouvriers, agricoles surtout ; les premiers étaient bien habillés (confortablement, à l'européenne, et chaudement en hiver), les seconds non ; les premiers avaient des cahiers, des stylos, des livres, un cartable, les seconds non ; les premiers pratiquaient le français oral dans leur famille, les seconds non.



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