Algérie - Banques


Ghania Houadria (DG d’Algérie Poste) : « Une banque postale pour fructifier les avoirs en CCP »



Les métiers basiques de la poste (courrier et services financiers postaux) étant aujourd’hui suffisamment bien maîtrisés, vous comptez ajouter à Algérie Poste un autre métier essentiel, en l’occurrence celui de la banque. On croit même savoir qu’un projet de création d’une banque postale serait en gestation. Peut-on en connaître les grandes lignes ?
Parmi les grandes lignes que s’est tracé Algérie Poste pour le développement de ses prestations, il y a effectivement ce créneau des services financiers postaux auquel nous accordons une attention particulière. Pour diverses raisons, ce dernier a en effet été limité dans ses missions, en comparaison avec ce qui se fait dans le monde, mais également au niveau national en matière de prestations de services à valeur ajoutée. Je pense notamment à la gestion de dépôts rémunérés et à l’octroi de crédits à la consommation. D’où l’intérêt d’engager une réflexion sur les modalités de prise en charge de cette activité par une entité d’Algérie Poste, en l’occurrence la Banque postale, que nous comptons créer et structurer à cet effet.
Quelles seront précisément les activités de la Banque postale ?
Ses missions ne seront évidemment pas les mêmes que celles des banques classiques qui ont tout un éventail de prestations à offrir. Nous n’ambitionnons pas d’aller dans ce sens. Notre souci est de définir avec précision les missions de cette filiale en prenant le soin de lui donner les moyens de les mener à bien.
D’où proviendront ses capitaux et ses ressources ?
La Banque postale sera une filiale dont les capitaux seront exclusivement détenus par Algérie Poste. Pour ce qui est des ressources, la Banque postale part avec le gros avantage que constituent les 9 millions de comptes courants postaux (CCP). De cet énorme gisement financier, la Banque postale pourrait tirer d’importantes ressources, pour peu qu’elle sache proposer des prestations qui suscitent l’intérêt du plus grand nombre. Beaucoup d’argent appartenant aux usagés des chèques postaux pourrait être collecté et fructifié par la Banque postale, si elle parvient à les inciter à y déposer, moyennant rémunération, ne serait-ce qu’une partie de leurs avoirs ou à y contracter un crédit.
Le personnel d’Algérie Poste n’étant pas suffisamment préparé à ce genre de métier, il faudra donc former dès à présent les employés de cette future banque. Des actions dans ce sens sont-elles d’ores et déjà envisagées ?
Le personnel d’Algérie Poste est effectivement un personnel de postiers beaucoup plus habitué à effectuer des opérations classiques de remboursements et de versements. Si nous voulons aller vers la Banque postale, qui effectuera des prestations à valeur ajoutée, telle que les crédits à la consommation, nous devons nécessairement préparer nos services et nos personnels à l’exercice des nouvelles missions. Cette préparation peut se faire de différentes manières. Elle peut se faire, comme c’est actuellement le cas, en partenariat avec la CNEP et Cetelem, mais aussi par des moyens spécifiques à l’entreprise.
Quelle sera précisément l’objet social de la Banque postale ?
L’octroi de crédits à la consommation sera sa principale activité. Nous ne prétendons pas aller vers les crédits d’investissements. La Banque postale visera les petites bourses qui constituent comme vous le savez le plus gros des usagers des chèques postaux. Elle peut inciter les salariés titulaires d’un compte courant à consacrer une partie de leurs avoirs à l’acquisition de biens de consommation. Des formules de crédits et de montages financiers en relation avec leurs disponibilités financières pourraient ainsi leur être proposées.
La Banque postale part favorisée du fait de la grande disponibilité des ressources (9 millions de clients CCP, 300 milliards de dinars de dépôts), mais aussi et surtout du fait de la possibilité de créer rapidement ses guichets au niveau des 3300 bureaux de poste répartis à travers tout le territoire national…
Effectivement, la Banque postale partira avec cet avantage que n’ont pas les banques classiques qui démarrent. Le réseau postal étant étendu aux endroits les plus reculés du pays, il devient intéressant de le mettre à contribution pour des prestations autres que celles qui étaient traditionnellement dévolues aux bureaux de poste (le courrier et les prestations de services financiers postaux). La diversification des activités étant un élément de la stratégie d’Algérie Poste, il est, à notre sens, parfaitement indiqué d’y inclure celles de cette future banque qui pourrait aider de nombreux citoyens à accéder à des prêts à la consommation, quels que soient leurs lieux de résidence. J’ajouterai à ces facteurs favorables, la disponibilité au niveau d’Algérie Poste en général et des chèques postaux en particulier, d’un réseau de comptes courants important, sans doute le plus informatisé du pays. Il faut en effet savoir que près de 95% de notre réseau de bureaux de poste sont reliés au système informatique central. Nous pouvons de ce fait offrir au même moment et dans n’importe quelle poste le même service. Grâce à ce système informatique, nous pouvons également connaître à tout moment la situation financière exacte de chacun de nos clients et agir en fonction, aussi bien pour l’octroi éventuel d’un crédit que pour le suivi de son remboursement.
La création de la Banque postale est soumise à l’agrément du Conseil de la monnaie et du crédit. Où en sont les démarches que vous avez, croit-on savoir, commencé à entreprendre ?
Effectivement. Avec le Trésor, à qui appartient, comme vous le savez, l’argent collecté par les CCP, nous avons déjà établi des conventions concernant une forme de gestion plus souple de ces fonds. Nous travaillons actuellement à réunir l’ensemble des conditions requises pour que la Banque postale que nous comptons créer en tant que filiale d’Algérie Poste soit agréée par le Conseil de la monnaie et du crédit. Nous pensons être en mesure de déposer le dossier d’agrément en 2008. Si elle venait à être agréée dans le courant de cette année, la Banque postale pourrait démarrer effectivement dès le début de l’année 2009.




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