Alger

L’Algérie en projet #2Quel rôle pour la diaspora ?


Publié le 22.02.2024 dan le Quotidien le soir d’Algérie

MAYA ZERROUKI

De notre bureau de Paris Maya Zerrouki
C’est autour de cette problématique que le collectif Day Z a choisi d’organiser sa deuxième rencontre à la Maison des associations du 13ème arrondissement de Paris. Initiées au mois d’octobre dernier, ces activités visent, d’une part, à faire connecter les Algériens entre eux, d’autre part, à faire connaître les porteurs de projets en vue de les aider dans leur développement. C’est ainsi que le panel de ce 15 février dans sa première partie a vu la participation de 5 invités venus d’horizons différents ayant en commun l’immigration choisie ou subie et intervenant sur la thématique de l’interaction intergénérationnelle en France et en Algérie.

Quel rôle joue la diaspora dans la promotion de l’Algérie ?
«Nous sommes à l’aise dans notre double culture et il faudra que l’opinion publique s’habitue à cela». Pour Rose Ameziane, personnage médiatique rodée aux plateaux de BFM TV et CNEWS, il faut assumer sa diversité et sa différence et arrêter de se définir dans le regard des autres. Elle enchaînera sur les réactions qu’affichent souvent ses interlocuteurs lorsqu’ils découvrent que cette grande blonde, belle et intelligente, fille d’immigrés algériens, directrice d’une école de formation, échappe aux stéréotypes et clichés négatifs et ô combien habituels.

Pour le chanteur raï Sofiane Saidi, la France aujourd’hui est une passerelle vers des terres plus accueillantes tellement les questions raciales subsistent encore. Arrivé en France dans les années 90, on lui a en effet déjà demandé de se lisser ou se teindre les cheveux pour la pochette du disque, chose qu’il a toujours refusé de faire. Si cet enfant d’Oran est connu pour avoir développé et fait évoluer le raï en le fusionnant avec des sonorités électro, il n’en demeure pas moins qu’il a largement contribué au dépôt du dossier du raï à l’Unesco pour sa reconnaissance en 2022 comme patrimoine immatériel de l’humanité. Originaire d’Oran aussi, l’humoriste Wary Nichen défend la thèse du combat par l’arme du rire. Il travaille d’ailleurs beaucoup sur les interférences entre la langue arabe et le français et regrette le manque d’ouverture vers l’autre de certains Algériens. Grosse déception pour l’influenceuse oranaise (eh oui, Oran était en force !), arrivée en France pendant l’épidémie de Covid-19, Imène Shetae découvre le regard du Français envers les Algériens et se rend compte du manque de liberté d’expression qu’elle peut avoir : «Je pensais pouvoir m’émanciper et m’exprimer plus librement que dans mon pays mais j’ai découvert les limites de cette liberté spécialement avec l’actualité en Palestine.» Et de rappeler que dans le domaine des clichés elle a sa part aussi puisque les marques lui font surtout appel en période de Ramadhan pour assurer le «quota» musulman, diversité, femme, etc. Même sentiment d’exclusion et de différence chez Malek Délégué, éditorialiste politique et créateur de contenu, de parents mixtes. Il dit avoir pour mission de porter les sujets chers à la communauté algérienne ce qui lui a valu des ennuis avec certains acteurs médiatiques. Mêmes soucis partagés par Ismail Métis, rappeur, metteur en scène et auteur d’une pièce de théâtre qui traite de l’histoire des immigrés algériens du Nord et dont l’apport au développement de la France est totalement nié.

Des pitchs de jeunes porteurs de projets
La seconde partie de l’évènement a été consacrée à la découverte de jeunes porteurs de projets. Qu’ils soient dans le digital, le cosmétique ou encore la pâtisserie à l’instar de Maison Elbena spécialisée dans le kalb elouz sous toutes ses formes et variantes, ils ont en commun l’Algérie comme source d’inspiration et d’épanouissement. Et si l’aventure nous tente, la journaliste Zahra Room propose un e- book interactif pour redécouvrir Alger et nous propose ses meilleures adresses ainsi qu’un guide de survie qu’elle a élaboré après 6 mois de vadrouille seule en Algérie !

La parole restera auprès des femmes dans ce deuxième panel avec l’illustratrice Sarah Handala alias «Berberwoman» dont la vocation pour le dessin s’est développée pendant le confinement mais très vite propulsée pour illustrer des ouvrages pour les Nations unies ou encore l’Institut du Monde arabe. Elle ne cesse depuis de porter la voix des femmes et des populations opprimées dans un trait alliant magnifiquement tradition et contemporanéité.

Côté organisateurs, on est plutôt satisfaits de la dynamique enclenchée et de l’engouement suscité auprès de la communauté DZ : «Nous sommes contents de la réactivité des participants et des adhérents, notre programme va permettre à plusieurs porteurs de projets de réaliser leurs rêves de travailler dans un cadre idéal entre la France et l’Algérie. Nous pensons déjà à créer un incubateur pour connecter ces jeunes avec les bailleurs de fonds», nous confie Mme Djamila Zeraoui, présidente du collectif Day Z.

Pour Smail Chertouk, co-fondateur du collectif, «c’est l’Algérie positive qui est célébrée à chacun de nos rendez-vous. Nous invitons les excellences algériennes, qu’elles soient de France ou d’Algérie, à s’exprimer et à présenter leurs projets.

C’est ce sentiment d’appartenance que nous cherchons à entretenir et à développer». Et pour paraphraser l’ancien président Sarkozy notre interlocuteur conclura :
«L’Algérie tu l’aimes ou tu la kiffes !»
M. Z.

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