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Villes, cités et sites se délitent face à un envahissant modernisme La mémoire collective déracinée



Villes, cités et sites se délitent face à un envahissant modernisme La mémoire collective déracinée
«Tlemcen, Capitale de la culture islamique 2011» aura, au moins, confirmé les particularismes d'une cité par rapport aux autres villes du pays, même si, dans le fond, ces dernières se singularisent autrement, à leur tour. L'essentiel étant, toutefois, que dans leur ensemble, elles se rejoignent incontestablement dans l'authenticité et la cohérence. Du moins, il reste à ces cités, ces villes de bien nets vestiges d'un cheminement à travers les siècles. Ce qui, dans une société globale du troisième millénaire où la connaissance, les avancées techniques et technologiques, le décryptage de l'Histoire associé naturellement à la maîtrise scientifique permet donc, dorénavant, de connaître dans les plus infimes détails le passé, accompagne le présent et configure l'avenir des civilisations. Pourtant, avec les atouts précédemment énoncés, l'Algérie se dégage inconsciemment de ses racines.Qu'elles aient été nomades et/ou sédentaires, les populations ont, par nature, stigmatisé d'une manière indélébile leur présence dans les immenses espaces géographiques où elles ont eu à vivre, à s'installer, et à y figer, pour le reste du temps, une empreinte inaltérable de leur passage. L'uniformité de cette origine ethnographique, culturelle et, en somme, identitaire se retrouve, heureusement, d'Est en Ouest et du Nord au Sud, selon les conditions géographiques, sociales et économiques auxquelles les lointains aïeux se sont adaptés non sans un grand génie. Toutes les villes algériennes se fondent, par conséquent, dans la même Histoire. Cela ne les a jamais empêchées, toutefois, d'avoir la leur' propre. Néanmoins, sur le plan architectural, le consensus s'est naturellement imposé. Ladite architecture est elle-même conçue autour de conditions et réalités naturelles d'abord, et des démarches répétitives des éléments composant la société adaptée à ladite nature, ensuite.Cette cohésion et cette cohérence sont, depuis ces dernières décennies, graduellement et surtout inexorablement balayées. Villes et cités se désagrégeant sensiblement si elles ne sont pas cruellement et impunément phagocytées par un envahissant et, signe des temps, légitime modernisme. Une mue brutale qui ne fait pas cas de traumatismes qui ne sont perceptibles que par des générations en voie de disparition. Les pouvoirs publics, et autant le préciser, la ministre de la Culture argueront que, dans le cadre de la protection et la préservation du patrimoine culturel et historique national, toutes les mesures ont été prises. Leurs défenseurs en donneront, pour preuve, la compilation de textes et affectation de budgets phénoménaux consentis en ce sens, tout en oubliant volontairement ou involontairement que, sur le terrain, tout cela n'est que gesticulation et phraséologie régulièrement renouvelées et adaptées aux circonstances.
A. L.
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