Tlemcen - A la une

Une soirée musicale sauvée par les artistes



Photo : Sahel
De notre envoyée spéciale à Tlemcen
Wafia Sifouane

Pour la troisième soirée des festivités prévues dans le cadre de la clôture de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011», le public de la capitale des Zianides s'est déplacé, lundi dernier, à la grande salle du Palais de la culture Abdelkrim-Dali d'Imama pour assister à un grand spectacle musical concocté par de grands noms de la scène algérienne. Intitulé «Si Tlemcen m'était chantée», ce spectacle était, au départ, censé être un clin d''il à la musique de la région. Selon l'appellation du concert, le public et les médias ont déduit que les artistes à l'affiche allaient faire des reprises du patrimoine andalou de Tlemcen. Mais au grand étonnement de tous, quelques minutes avant le début du show, nous apprendrons que les artistes qui devaient se produire n'étaient pas au courant du contenu de ce spectacle. Contactés à la dernière minute, les artistes n'ont pas été informés du thème de la soirée. Ils savaient seulement qu'ils devaient animer un concert. En plus de la publicité mensongère des organisateurs qui ont fait croire aux spectateurs qu'il s'agissait d'une création inédite et thématisée pour la manifestation, la soirée a presque virée au cauchemar avec l'intervention de l'humoriste Hamid Achouri au milieu de la soirée pour présenter des sketches.20h, le rideau se lève. La salle est bondée de monde. Certains spectateurs restent même debout. Après deux médiocres animateurs, c'est Mourad Zirouni, un visage connu de l'Entv, qui se chargera de présenter la soirée. En sa compagnie, une animatrice de la radio Bahdja. Sous les applaudissements d'un public qui commence à perdre patience, l'orchestre entame la soirée avec une touchia en guise d'introduction. Histoire de chauffer la salle, Abbas Righi, Abdelatif Merioua, deux artistes-interprètes du genre hawzi, se succèdent sur scène. C'est avec l'arrivée de l'artiste Samir Toumi, star du style âssimi, que l'ambiance atteindra son summum. Il sera suivi par Nadia Ben Youcef qui régala le public avec des reprises comme Ana Touiri de Fadéla Dziriya. Vêtue d'une belle tenue traditionnelle algéroise, l'artiste dévoilera en l'espace de quelques titres qu'elle est bel et bien la digne héritière de ces aînées. Mais la Palme d'or de la popularité est décernée sans conteste à l'artiste Abdelkader Chaou que le public acclama dès qu'il a mis les pieds sur scène. Accueilli par le public comme une rock-star, Chaou, homme humble et artiste talentueux, saura gratifier ses fans par sa remarquable interprétation de grands titres comme Chahlet lâayani. L'artiste Taouès Arhab a, pour sa part, fait le bonheur des Amazighes présents dans la salle avec sa séquence musique kabyle qui a mis le feu à la salle même si ce genre ne collait ni au thème de la soirée ni à celui de la manifestation.L'autre grand homme de la soirée nous vient cette fois de la coquette Annaba. Connu par son violon blanc, il s'agit du maître Hamdi Benani. Toujours égal à lui-même, fidèle à son élégance légendaire, la star incontestée du maalouf fait son entrée sur scène. Malgré ses 40 ans de carrière et un succès international, l'artiste demeure un homme généreux et soucieux de la qualité de sa prestation. Accompagné de son violon, il bercera le public durant plus d'une demi-heure au rythme du maalouf et en interprétant le magnifique titre Bellah ya hamami et des mouals. Après ces instants de pure délectation, la magie s'estompera en un temps record avec l'arrivée de Hamid Achouri dont la programmation a été simplement inutile et déplacée. Heureusement que le meilleur a été réservé pour la fin avec Abdallah El Menaî qui s'est chargé de clôturer la soirée avec du bédoui soufi en interprétant Ya bent el ardjoun. Mais ne pouvant se résigner à laisser au public une bonne impression, les organisateurs ont encore une fois cassé l'ambiance avec la remise de trophées aux artistes participants, encore un geste inutile et protocolaire.


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