Depuis presque 20 ans, Guerriche Abdelkader vit avec ses quatre enfants dans un petit garage de 15 mètres carrés dans le quartier Hay Ouali Mustapha, situé sur les hauteurs de Boudghène, qui domine les villes de Tlemcen et Mansourah à plus de 800 mètres d'altitude. Pour rentrer chez lui, il faut se faufiler derrière le portail qui s'entrouvre à peine, bloqué par des bancs de matelas disposés en angle et les enjamber. A vrai dire, ce petit local humide et encombré tient lieu de cuisine, de salle à manger, de chambre à coucher et de toilettes. Le reste du garage est encombré de sacs où l'épouse met les vêtements de ses quatre enfants (deux garçons et deux filles), ses affaires, ses couvertures, les dossiers scolaires de ses enfants dont un handicapé moteur à 100%. Toute la famille mange sur une petite table au sol.Ammi Abdelkader dénonce les conditions inhumaines dans lesquelles vivent les membres de sa famille. «Mes enfants ont été hospitalisés à plusieurs reprises à cause de ces conditions de vie indignes. Nous avons du mal à respirer tous les six à cause des toilettes. De temps en temps, je mets de l'eau de Javel pour nettoyer, mais ça ne suffit pas. Il y a aussi l'humidité dans ce petit garage car il n'y a ni fenêtres ni chauffage. Ça me fait très mal car quand on vit dans l'exiguïté et dans le même endroit, ça crée un mauvais climat. Quand il neige en hiver, mes enfants grelottent de froid et ils tombent souvent malades de la grippe», déplore Ammi Abdelkader, un journalier agricole. Et d'ajouter : «Vous voyez comment on vit ' Je n'ai pas d'autre choix que de loger avec mes enfants dans ce petit garage que j'ai loué à un prix de 1.500 dinars par mois. J'ai déposé le 22 janvier 2001 mon premier dossier de demande de logement social à la daïra de Mansourah. Mon dossier porte le numéro B2918 mais depuis cette date j'attends toujours. Avant j'habitais à Aïn Ghoraba, mais compte tenu de la situation sécuritaire qui prévalait à l'époque, j'ai été contraint de fuir les terroristes qui ont un jour ligoté mes mains pour m'égorger dans une forêt de cette localité, mais Dieu merci, je suis encore vivant grâce à l'intervention rapide des forces de l'ANP qui m'ont sauvé la vie car les terroristes qui se sont enfuis n'avaient pas le temps de me tuer. Je prie le wali de Tlemcen et le maire de Mansourah de voir de près la précarité dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Je connais beaucoup de gens qui se sont vu attribuer des logements sociaux, pourtant leur situation est de loin meilleure que la mienne, pourquoi cette injustice ' Je veux juste un toit digne pour loger mes enfants, c'est tout !».
A Tlemcen, quelques citoyens solidaires ont commencé à se mobiliser pour plaider la cause de ce malheureux en frappant à toutes les portes des responsables concernés. «Qui ne connaît pas l'histoire héroïque des Guerriche durant la guerre de libération ' Aïn Ghoraba, cette célèbre localité montagneuse qui a abrité de grands combattants et djounoud, tels que Houari Boumediene, le commandant Ferradj Louadj et Rais Benallal, cousin de Guerriche Abdelkader. Aïn Ghoraba à elle seule a offert plus de 1.200 martyrs à l'Algérie pendant la révolution contre l'occupant français. Je lance un appel aux autorités locales pour que Guerriche Abdelkader puisque bénéficier d'un logement social pour sortir lui et ses enfants de la misère et la précarité dans lesquelles ils se trouvent aujourd'hui !», souligne Bekhoucha Mostepha. Contacté mardi dernier sur ce sujet, le président de l'APC de Mansourah, Achour Aouel Farid, nous a indiqué que «toute attribution de logements sociaux est du ressort de la commission de la daïra».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled Boumediene
Source : www.lequotidien-oran.com