
Le film « Lotfi » a été présenté, dans la soirée de mercredi dernier, à la salle Ibn Khaldoun, en présence du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, de plusieurs ministres, d'anciens moudjahidine et de proches du moudjahid tombé au champ d'honneur. Comme « Mustapha Ben Boulaid » (2008) et « Krim Belkacem » (2015) ce film, produit par le ministère des Moudjahidine et le Centre national des études et recherche sur le mouvement national et la Révolution du 1er Novembre à l'occasion du 60e anniversaire du déclenchement de la révolution du 1er Novembre 1954, a été réalisé par Ahmed Rachedi. Youcef Sehairi a campé, magistralement, le rôle du colonel Lotfi. Durant presque trois heures (2h 50') le spectateur fait connaissance avec le « militant » Benali Boudghène, un féru de la littérature arabe, notamment du poète égyptien Mustapha Lotfi al Manfalouti et un « impatient » d'en découdre avec l'« envahisseur » français. Une impatience qui « prendra » fin quand, avec ses camarades de classe, il collera, sur les murs de la ville de Tlemcen, l'appel du 1er Novembre 1954 au peuple algérien. Repéré par la police, il rejoint le maquis où il s'imposera rapidement, sous le nom de guerre « Si Brahim », comme un meneur d'hommes. Dans ses échanges à Oujda avec Boussouf et Boumediene, le plus jeune colonel de l'ALN apparaît comme un intello, voire un « visionnaire » et un stratège de la Révolution. Promu chef de la wilaya V historique en 1958 et donc de fait membre du Conseil national de la Révolution, il fera plus d'une fois l'avocat de la plateforme de la Soummam en rappelant aux membres du Conseil national de la révolution et au Gouvernement provisoire la primauté du politique sur le militaire et de l'intérieur sur l'extérieur. Démocrate et moderniste, il interpellera, lors d'une réunion du CNRA à Tripoli « reconstituée », Ferhat Abbas en tant que président du Gouvernement provisoire sur l'absence de femmes au conseil national et au gouvernement. Mal à l'aise loin de l'Algérie, il ne cessait de répéter, lors des réunions tenues à l'étranger, à l'exemple de celle de Tripoli en 1960 : « Que fait-on ici alors que nos frères meurent en Algérie ' ». Conséquent avec lui-même, il décida de laisser sa femme (Fatima Méchiche) à Oujda et de rentrer « là où est sa place » en optant par le passage de Béchar. Mauvais choix. Les forces coloniales ont eu vent de ce retour. Lotfi et ses compagnons (le commandant Farradj, Zaoui Cheikh, Brek Ahmed) tomberont, après une grosse bataille, les armes à la main, le 27 mars 1960. Comme dernier geste, Lotfi embrassa la terre. Il avait à peine 26 ans. Dans ce film, Rachedi a rendu un hommage à un autre monsieur de la révolution, le Dr Benzerdjeb, dont l'assassinant, par les soldats français, à jeté une ville en émoi au point où la population a manifesté sa colère et brandi le drapeau vert blanc rouge et fait deux clins d'?il, l'un aux tirades du fou de la ville à la lucidité prémonitoire et l'autre au slogan « Un seul héros, le peuple ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel B
Source : www.horizons-dz.com