Tlemcen - A la une

Un mausolée, une source et des paysages



Un mausolée, une source et des paysages
Le voyageur qui arrive à Sidi Afif aperçoit de loin le mausolée du saint homme pointant les faîtages de ses toits, couverts de vieilles tuiles. Situé au milieu d'une nature verdoyante, ce mausolée a bénéficié d'une opération de réhabilitation à l'occasion de la manifestation « Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011 ». Ici, les lieux sont accueillants et tranquilles. Ils respirent la quiétude et la sérénité. Non loin, se trouve une source cristalline qui agrémente ce paysage rustique de fraîcheur bucolique. La séguia traverse une cour plantée d'arbres au bout de laquelle une porte basse donne sur une pièce couverte de moquettes et de tapis. Ensuite, un étroit couloir s'ouvre sur un espace de prières et de recueillement. A gauche au milieu d'un réduit funéraire, aux murs aveugles, trône un cénotaphe recouvert d'un dais en velours vert, orné d'inscriptions religieuses brodées en fils.Ce lieu est prisé par de nombreux pèlerins nationaux et internationaux, à longueur d'année. Le saint Sidi Afif Eddine Tilimsani est issu d'une famille d'auguste lignée, les grandes maisons des Béni-Ournid, protecteurs de Tlemcen, lesquels furent, avec leurs cousins les Béni-Snous, les Béni-Ouacine, les Koumia, ainsi que leurs alliés les Oulhaça, des fondateurs d'empires. Sidi Affif est né en 1213 dans les environs de l'antique cité médiévale à la vieille de la dynastie almohade. A cette époque déjà, les mosquées principales de Tlemcen, notamment celle d'Agadir comme celle de Djamaa el Kebir (la grande mosquée), étaient des centres de rayonnement scientifique et culturel réputés à travers le Maghreb musulman. Ses études primaires traditionnelles sitôt achevées, il dut suivre les cours des maîtres qui enseignaient dans ces deux prestigieuses institutions.Il se dirigea ensuite vers la Syrie, pour suivre et enseigner les préceptes de l'islam. En effet, ce sera en Anatolie, plus exactement à Konya, où il séjournera le plus longtemps puisque, nous dit-on, il y effectuera plus de quarante kheloua ou retraites mystiques prescrites par l'Envoyé de Dieu. Durant cette période de sa vie, Afif Eddine accomplira, comme il convient, le devoir du mouride. Il « ornera son être extérieur des connaissances et de la vertu » tandis que « son être intérieur approchera les secrets de la réalité et la modalité pour suivre la Voie » grâce à la « guidance et à la bonne direction » des cheïkhs. C'était un être d'une grande rectitude morale, exemplaire dans la droiture et patient devant l'adversité. Ce champion de la foi défiait l'ordre établi quand celui-ci s'écartait de la loi divine. Homme de partage et d'amour, il ne connaissait ni animosité ni ressentiment contre ceux qui cherchaient à lui nuire et encore moins de la haine envers ceux qui lui voulaient du mal jusqu'à l'accabler de tous les maux.Vers la fin de sa vie, Afif Eddine Tilimsani fut entouré de respect et d'admiration. Son audience dans le milieu des savants était remarquable où elle atteignit une grande réputation. Ses relations avec toutes les tendances du soufisme furent excellentes. Sa renommée fut brillante et méritée pour ses talents également et surtout pour ses écrits à la fois religieux, littéraires et poétiques. Il laissa un ensemble d'ouvrages autrement remarquables : un commentaire sur Manazil al-Da'irin du chaykh al Harawi, ainsi qu'un imposant commentaire philosophique du Livre des stations (Charh Mawaqîf al Niffari), édité en Iran. Sidi Afif avait pratiquement vécu le XIIIe siècle dans son intégralité ; il garda de sa jeunesse le souvenir des années consacrées aux études auprès des maîtres célèbres à Djamaâ el Kebir de la grande métropole du Maghreb el Awsat.


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