Le Docteur Mohamed Rahal fait partie de ces Algériens qui ont compris très tôt, l'enjeu de l'accession à la science sous le joug colonial. Il compte parmi ceux qui se sont employés à briser le stéréotype colonialiste, considérant l'indigène incapable d'assimiler le savoir et exceller dans les études les plus pointues. Né en 1923 à Nédroma, M. Rahal accomplira ses études primaires et secondaires avec brio. Comme tous les enfants de son époque, il fera ses premières classes à l'école coranique. Il suivra le cycle primaire dans sa ville natale et les études secondaires à Tlemcen au collège Slam, grâce à une bourse qui lui a été octroyée pour son mérite. Il décrochera son bac série B et, une année après, la seconde partie du Bac série Mathématiques. Il se déplacera à Alger pour entamer des études en médecine entre 1945 et 1947. Durant son séjour dans la capitale, il participera à une présentation théâtrale anticolonialiste à l'opéra d'Alger en présence de Cheikh El-Ibrahimi. En 1947, il ira à Montpellier, en France, pour terminer ses études de médecine. Il se joindra à l'Association des musulmans nord-africains (AEMNA) étant donné qu'à cette époque, la spécialité des maladies infectieuses n'était pas encore née, il préparera un certificat sur les maladies tropicales. Contrairement à certains de ses concitoyens et amis maghrébins, il décide de rejoindre son pays et s'installa en tant que médecin à Sig, le 20 juin 1954. Dès le déclenchement de la guerre de Libération nationale, il concoctera avec son ami Hadj Mokhtar Tayeb Brahim, propriétaire d'une ferme, un stratagème pour alimenter le maquis de la région de Mascara en médicaments pour premiers soins. Sa participation à l'effort de guerre prendra dans un premier temps cette forme, puisqu'il approvisionnait régulièrement M. Elagag en différents produits pharmaceutiques destinés au soin des combattants. Par la suite, il va courir le risque de se déplacer en dehors de Sig pour soigner les blessés de guerre. Il prodiguera des soins et des calmants à Ahmed Bensadoune, blessé et devant être évacué sur le Maroc. Soulevant les soupçons des autorités françaises, il décida de quitter Sig et de s'installer à Oran en août 1958. Entre 1958 et 1963, il louera un petit appartement à M'dina Jdida, dont une partie lui servira de cabinet. Avec son ami Benharrat Ali Chérif, ils mettront en place une stratégie pour délivrer des congés de maladie à des travailleurs craignant les exactions de la sinistre OAS. Il a confectionné des ordonnances et des cachets humides pour donner un caractère sérieux à ces documents. Mais à Oran, il sera contacté par Saâdia Bendoukha (une des martyres connues sous le nom des soeurs Benslimane). Quand cette dernière rejoint le maquis, elle lui envoya un autre contact pour récupérer les médicaments et les petits instruments de prise en charge. Sentant son heure arrivée, elle va le prier de veiller sur ses enfants. Sa fille, Samira, reconnaît qu'il s'est chargé de la fourniture des affaires scolaires à son frère, sa soeur et à elle tout au long de leur scolarité. Aussi, il leur a assuré le suivi médical jusqu'à leur maturité. « Le seul parmi tous les compagnons de ma mère et ma tante qui s'est occupé de nous », tient elle à souligner. Parmi les meilleurs cadeaux dont il se souvient toujours est l'emblème national que lui a remis un responsable de l'ALN. Sollicité d'urgence, il quittera son cabinet pour se retrouver dans une grange où il y avait des djounouds blessés. Il les soignera et sera obligé de passer la nuit sur place. Pour le récompenser, on lui offre un cadeau qui a une grande valeur symbolique à ses yeux et qu'il conserve jalousement jusqu'à présent. Parmi les événements dont il se souvient est l'explosion de la voiture piégée, attentat commis par l'OAS à M'dina Jdida. En tant que médecin, il participera au secours des blessés. Concernant cette période, il se remémore encore une explosion d'une bombe, alors qu'il se trouvait chez son coiffeur. Suite à la panique conséquente à la déflagration, le coiffeur décide de baisser le rideau de son salon. Ainsi, le Docteur Rahal sera obligé de rejoindre son foyer avec juste la moitié de son crâne rasé, ce qui ne manquera de provoquer le rire de ses voisins. A l'indépendance, notre médecin sera partagé entre son cabinet transféré à la place Karguentah et les structures sanitaires publiques désertées par les médecins français. Il exercera dans plusieurs dispensaires de la ville d'Oran et ses environs immédiats. De même, il mettra avec son ami Medjbeur les premiers jalons de la médecine légale au CHU Oran. Il était médecin assermenté auprès de la Cour d'Oran à partir de 1963. Dans son cabinet, selon plusieurs témoins, il n'a jamais refusé d'ausculter et d'offrir des médicaments à un malade désargenté qui se présentait à lui. Réalisant son déclassement politique, il se tournera vers le mouvement associatif. Avec son ami de toujours, il ressuscitera la ligue de l'aviron, la voile, la plongée sous-marine et l'automobile club. Aussi, il sera parmi les membres fondateurs de la société de géographie et d'archéologie d'Oran, issue de la société de géographie, une des plus vieilles sociétés savantes de toute l'Afrique. Evoquant son passé militant, le Docteur Rahal a juste un papier certifiant son appartenance à l'Organisation civile du FLN (OCFLN). Pourtant, il garde tout un dossier sur l'état des services qu'il a rendu à la cause nationale, à commencer par les bons de ses cotisations. Le Docteur Rahal fait partie de cette élite qui a été déclassée politiquement au lendemain de l'indépendance parce qu'exerçant une fonction libérale et acquise au libéralisme. Démunie de la légitimité des armes, elle ne pouvait pas faire valoir celle de la compétence scientifique. Déjà, le Docteur Rahal aura toutes les peines du monde pour garder son cabinet d'où des quantités appréciables de médicaments et d'instruments de chirurgie, collectés çà et là, ont été acheminées vers les maquis de la région. Pour compenser ce manque de reconnaissance, il tiendra à assurer le meilleur avenir à ses enfants. L'un d'eux, médecin spécialiste en ORL, occupe son cabinet. Mais son père, malgré son âge très avancé et des soucis de santé, continue de se rendre à son lieu de travail. Son fils dira de lui : « quand mon père ne lit pas, il bricole ». Dans ce sens, il nous confie qu'actuellement, il lit le livre autobiographique de Mohamed Harbi. Dans les milieux médicaux, Mohamed Rahal est connu pour sa grande culture. Durant son séjour en France, en tant que cruciverbiste, il publiait des grilles des mots croisés au journal Le Monde. Ce qui n'est pas à la portée du premier venu...
Merci pour cet article! des informations intéréssantes sur un autre de ces grands hommes qui ont combattu pour l'Algérie, et un autre Nédromi, un autre Rahal :D en toute modéstie, vive nous :p
Rahal Amel - Etudiante en médecine - Nedroma, Algérie
09/02/2013 - 71051
Bonjour
Pour ceux qui n'ont pas connu Mr Elagag Abdelkader né en 1915 à Krouf (Saint Denis du Sig) Algérie.
Ancien fabricant de tonneaux chez les Martinez, en économisant il fit construire la première
Usine de conserverie d’olives avec Mr Benlaldj Driss dénommée SACO (Société Algérienne de conserverie d’Olives).
En 1955,56 il était le pourvoyeur de médicaments avec l’aide des Dr Rahal d’Oran de Hamidou de Perrégaux (Mohammedia maintenant) et de Larribere de Sig
Pour les Moudjahiddines
En 1958, suite à une dénonciation, car il hébergeait des ‘’Fellagas’’ dans sa Ferme route nationale de Sig et étant condamné à mort par contumace, il devait sa vie grâce à Mr Léon Bensaid et à son gendre spécialiste en courtage à Oran (tous deux des juifs) qui lui ont conseillés de s’expatrier dans la gueule du loup (France) la ou personne ne penserai à le rechercher.Son usine a été confiée à mon frère aîné Mr Elagag Mohamed (lui-même incarcéré
Et relâché suite à l’intervention de Mr Rierra Raymond son ami d’enfance)
De 1958 au 3 juillet 1962, avec ses amis, Ammi Tahar de son vrai nom Mohand (de Kabylie) et Robert (Sayah Mohamed) d’El Asnam ex Orleanville il faisait la navette entre la frontière d’Italie et d’Espagne en pourvoyant des armes qui transitaient par le Maroc ensuite pour arriver enfin aux mains des moudjahiddines en Algérie.Suite à un contrôle de douanes il eut une déchirure d’estomac(Ulcère) qu’il a gardé jusqu’à la fin de sa vie malgré les soins en France avec l’aide de Mme Marie Knutti une infirmière du FLN à Marseille résidente à l’hôtel Saint Louis Cour Saint Louis Marseille.
Avec ce qu’il a fait et malgré la nationalisation de sa ferme (qui était le refuge des moudjahiddines avant que l’armée française ne s’y installe pendant la guerre) lors de la révolution agraire, il ne demanda pas de carte de moudjahid.
Il décéda le 14 avril 1990 à Sig à l’age se 75 ans.
Que dieu l’accueille dans son vaste paradis
Ina li la houa ina ilaihi radjioune.
Un grand merci à nos parents
Elagag M’hamed
M'hamed Elagag - Sig
14/05/2009 - 3326
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com