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Tout le monde y chante l'andalou.. Tlemcen, ville sans conservatoire



Bien qu'on y trouve plusieurs associations qui activent, la ville de Tlemcen où l'on chante l'andalou en famille n'est pas encore dotée de conservatoire.Amine Bentchouk, le président de l'association Cheikh Mohamed Bouali, qui célèbre ce jeudi et vendredi le quatrième anniversaire de sa création, a rappelé que la ville de Tlemcen n'est pas encore dotée de conservatoire. Ce rappel est important car il n'est pas normal qu'une ville aussi importante que Tlemcen ne soit pas dotée d'une telle structure. C'est vrai qu'on y trouve des associations andalouses très actives, mais cela ne peut aucunement remplacer l'existence d'un conservatoire car le rôle diffère. Ces associations sont d'abord spécialisées dans l'apprentissage traditionnel de l'andalou et les maîtres chargés de donner des cours ne sont pas obligés d'avoir les connaissances requises, notamment en ce qui concerne les cours de solfège et la diction.
Une vraie formation
Même si en Algérie, on ne suit pas forcément la règle, il est utile de rappeler que dans un conservatoire, il est nécessaire aux professeurs de donner des cours de diction aussi bien pour les élèves voulant suivre des cours de théâtre que de musique et de chant. Pour ces derniers, les cours de cordes vocales sont obligatoires aussi bien que les cours de solfège que de diction, ce qu'on ne trouve pratiquement jamais dans les associations, notamment celles qui sont spécialisées dans la musique traditionnelles telles que l'andalou et ses dérivés, le Hawzi et le chaâbi. C'est vrai que certains professeurs se sont mis à donner des cours de solfège, mais il y a toujours des récalcitrants qui croient que la musique andalouse ne peut pas être transcrite. C'est vrai qu'à Tlemcen, on peut trouver des chanteurs très doués avec de très belles voix et qui ne rêvent jamais de devenir célèbres mais il est préférable qu'ils aient une meilleure formation en passant par le conservatoire. Dans cette ville, la chanson est quelque chose de naturel qui se pratique quotidiennement. D'ailleurs, les chanteurs de Hawzi venant d'autres villes telles que Alger ou Blida pour animer des soirées de mariage s'étonnent de voir tous les invités, femmes et hommes, chanter avec eux en ch?ur. Ces derniers connaissent pratiquement toutes les chansons. La pratique de cet art en famille est à encourager mais pour les professionnels, il faut penser à une véritable formation avec l'apprentissage avec des professeurs de solfège, de diction et de cordes vocales.
Le rôle des associations
Il faut toutefois rendre hommage aux maîtres de l'andalou et du Hawzi et ces chanteurs et musiciens qui transmettent leur savoir en donnant régulièrement des cours dans les associations. Ces dernières doivent continuer leur travail en parallèle à celui du conservatoire car leur apport est très important. Pour rappel, comme pour Alger, Blida, Cherchell et les autres villes, l'andalou n'a été sauvegardé que grâce au rôle des associations. Ces dernières décennies, plusieurs associations se sont mis à enregistrer les Noubas pour éviter les erreurs du passé qui ont mené à la perte de grandes parties de ce patrimoine très précieux. Selon les anciens maîtres de l'andalou, 12 noubas sur les 24 qui auraient existé auraient été perdues. Si cela se confirmerait, cela serait motivé par le fait que les moyens de l'époque ne permettaient pas d'enregistrer et surtout qu'on n'avait pas pensé à transcrire la musique en solfège. Selon des témoignages, Cheikh Larbi Bensari aurait été le dernier à connaître les 24 Noubas andalouses mais cette information est à prendre avec des pincettes car il aurait pu transmettre au moins une partie à son fils Rodouane ou à ses autres élèves de Tlemcen. Pour rappel, Cheikh Larbi Bensari n'a laissé que quelques enregistrements bien qu'il soit décédé en 1966.
Necessité
On ne sait pas pourquoi les gestionnaires de la Radio et télévision algérienne (RTA) de l'époque ne l'avaient pas sollicité pour des passages télévisés ou radiophoniques. D'autres maîtres de l'andalou tels que Hadj Mahfoudh, Abdelkrim Dali, Dahmane Benachour, Sadek Bedjaoui et Ahmed Serri auraient pu nous laisser beaucoup plus d'enregistrements. C'est à se demander si les gestionnaires de la culture de l'époque ne s'intéressaient pas à la musique andalouse. En tous cas, au niveau des archives de la RTA, les enregistrements de ces maîtres sont très rares. Enfin, le ministre de la culture et le wali de Tlemcen sont appelés une nouvelle fois à l'ouverture d'un conservatoire dans cette ville. C'est une nécessité.
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