Bensekrane aspire toujours au développement
Le visiteur qui arrive à Bensekrane, est d’emblée saisi par l’état lamentable des rues, embourbées pour la plupart, en raison nous a-t-on dit, des travaux réalisés en vue de raccorder les foyers des habitants au réseau de gaz naturel.
En fait, le mal remonte à 1964, quand les usagers de la route venant de Tlemcen ou de la frontière ouest, ont opté définitivement pour la RN35, nouvellement mise en service, au détriment de la RN02.
De l’antique Tibidae à l’actuelle Bensekrane
En parcourant les voies de ce chef-lieu de daïra, traversé par la RN02 menant d’une part à Aïn Témouchent et distant d’autre part d’une trentaine de kilomètres de la capitale des Zianides, on a l’impression de se trouver dans un petit «douar» isolé du reste du monde, tant il offre un tableau peu reluisant de cité peu développée. L’antique camp Tibidae, érigé par les légionnaires romains sur les rives de l’Oued Isser, affluent de la Tafna, fut même le témoin de la bataille qui permit aux Béni-Rached de chasser les Espagnols de la région au début de l’été 1535.
S’il a déjà eu l’occasion de la visiter par le passé, le citoyen sera choqué par la désolation qui se dégage de ce village, dont la création remonte aux environs de 1860, sous la dénomination de «Pont de l’Isser», que lui a valu l’ouvrage érigé par les troupes coloniales et qui enjambe l’oued du même nom. En dépit de sa promotion au statut de commune, dès l’année 1872, ce village n’a pratiquement pas changé depuis et pour cause.
La RN35 sonne le glas pour l’économie de Bensekrane
L’ex-Pont de l’Isser devenue désormais Bensekrane (Fils du glaive), du nom d’un féodal du coin qui faisait payer le droit de passage aux riches marchands, commença à péricliter dès 1964, soit deux années après l’Indépendance, car le seul axe qui reliait Tlemcen à Oran via ce village et Aïn Témouchent, fut largement concurrencé par la mise en service de la RN35. Une nouvelle route qui présentera le double avantage de compter très peu de virages dangereux et de joindre plus rapidement Aïn Témouchent et par-là même Oran, soit à partir de la capitale des Zianides via la RN22, soit à partir de la ville «maghrébine» de Maghnia. C’est ainsi que Bensekrane aura subi, à plus grande échelle, le sort réservé à toutes les villes traversées par un important axe routier et qui du jour au lendemain se voient régresser économiquement dès l’aménagement d’une voie d’évitement.
Des réseaux d’asservissement sous dimensionnés
Les dernières inondations, catastrophiques à plus d’un titre, ont mis à nu les carences du chef-lieu de la daïra, en matière de réseau d’assainissement et d’évacuation des eaux pluviales. En effet, l’oued resté en léthargie durant de nombreuses années de sécheresse, au point que personne ne pouvait imaginer qu’il pouvait, un jour, ressusciter brusquement, s’est soudainement réveillé et le déferlement qui s’en est suivi, avec tout ce qu’il pouvait charrier, a vite fait de transformer la vie paisible des citoyens en véritable cauchemar, qu’ils ne sont pas près d’oublier. Ces inondations viennent rappeler aux autorités locales et wilayales, qu’il est grand temps de trouver une solution au problème posé par l’oued en question, lequel traverse une bonne partie de la ville. «Dévier l’oued de sa trajectoire pour qu’il contourne la ville relève du domaine de l’impossible, nous dira un citoyen interrogé, mais on peut envisager de consolider ses parois avec du béton, pour mieux le canaliser. Le pont très ancien, quant à lui, est à reconstruire carrément».
Prendre le taureau par les cornes et combattre la hantise
Hormis quelques bâtiments «cachés», une bâtisse abritant la sûreté de daïra, un «complexe sportif de proximité» et un tribunal en cours de construction, Bensekrane a très peu bénéficié de projets de développement durant ces dernières décennies. Les ajouts, sans grandes conséquences sur le vécu des gens, n’ont pratiquement pas modifié le décor existant, qui reste désarmant par son aspect rébarbatif. Faute de projets structurants, l’ex-Pont de l’Isser, est restée déshéritée, marginalisée, carrément à la traîne, comparativement aux daïras limitrophes, mieux nanties à l’image de Remchi. Un mois après la terrible inondation qui a submergé une bonne partie de la ville, les citoyens sont encore sous le choc, au point que la hantise les gagne à la moindre averse, car ils savent maintenant que leur ville est devenue vulnérable. Ils demandent donc aux autorités compétentes de «prendre le taureau par les cornes» pour trouver une solution urgente à leur problème. L’APC, qui ne dispose pas de zone industrielle, à même de lui rapporter quelques recettes, est toujours sans ressources et donc incapable de régler le problème qui se pose, sans le secours du sectoriel. Son essor reste donc tributaire de l’Etat, à travers le Premier responsable de la wilaya. De lui seul pourrait venir le salut, pour réactiver certains projets qui dorment dans les tiroirs, si jamais ils ont été élaborés.
Les priorités attendues du programme sectoriel
Selon le P/APC -que nous avons rencontré au niveau de la place de la ville, où il dirigeait en personne quelques travaux d’embellissement- «cette agglomération a besoin que l’on refasse son réseau d’assainissement, qui ne répond plus aux besoins de la population. Il en est de même pour le réseau d’eau potable, devenu obsolète et qui nécessite d’être rénové. Dans ce même ordre d’idées, le château d’eau de faible capacité ne parvient plus à subvenir aux besoins grandissants de la population. Aussi, faut-il envisager la construction d’un autre réservoir d’une capacité minimum de 5.000 m3. Par ailleurs, nos rues demandent à être bitumées et beaucoup de travaux restent à faire. Seulement, l’APC n’en a pas les moyens. Voilà pourquoi, nous sollicitons les services compétents de la wilaya de Tlemcen, afin de nous aider, en premier lieu, à résoudre ces problèmes de première urgence. Nous leur demandons aussi de faire bénéficier notre commune de quelques projets de développement, pour l’aider à sortir, peu à peu, de son anonymat.»
A toutes les bonnes volontés, Bensekrane est reconnaissante
Je profite de cette occasion pour remercier le wali, qui a porté une attention particulière à notre ville, lors des inondations catastrophiques qu’elle a endurées. Grâce à sa louable initiative, nous avons reçu l’aide de plusieurs autres communes. Nous témoignons également notre reconnaissance à tous ceux qui nous sont venus en aide, avec une mention spéciale à nos fellahs, qui n’ont pas hésité à se mettre à notre disposition, physiquement et matériellement. D’ailleurs, toute la population est à féliciter également pour son esprit de solidarité». Espérons que le message sera capté par les autorités de la wilaya, avec toute l’attention qui lui est due et que le plan de développement tant souhaité sera élaboré en harmonie avec cette commune à vocation agricole.Â
R. Zenasni
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com