Pendant toute la semaine, Walid Seddiki
avec son one man show à la salle Kheïma de l'hôtel Agadir n'a trouvé de répit.
Selon l'avis de tous ceux qui ont vu ce spectacle, Walid, à peine 18 ans,
possède un grand talent dans l'écriture de ses sketchs. Il aime apprendre et il
apprécie les humoristes qu'il suit sur Internet. Son spectacle «Chuut…ça reste
entre nous» dure une heure et c'est tout simplement une heure de rire dans la
salle. Ses vannes n'ont rien à envier aux meilleurs humoristes d'outre-mer tout
en restant propres. Très bon caricaturiste, il a su décrire cette société à
travers l'actualité. D'ailleurs «le gilet» que devait porter tous les
automobilistes «pour éviter les accidents de la route» n'est pas en marge. Et
puis il y a l'apprentissage de la natation juste pour «traverser la
Méditerranée».
Il
lui arrive, à son jeune âge, de faire de la politique dans ses sketchs et
«s'arrêter de temps en temps pour laisser passer l'avenir du pays. On se
décompose chez nous avant de mourir». Plusieurs situations défilent et
s'enfilent tout au long du spectacle, inspirées d'un vécu algérien où la
dérision et l'autodérision, aussi bien par le verbe que par la gestuelle, sont
des outils privilégiés de la communication et de l'introspection: «Un
politicien qui ne dit pas la vérité ça n'existe pas» ou pour le coût de la vie
«une voiture qui bouffe plus que nous» et «j'ai plus d'enfants que de
cylindres». Plus loin, c'est le système éducatif qui est pris à partie avec
«Pourquoi frapper les enfants puisqu'ils auront le dos cassé avec les livres». Walid
a la phobie du claquement de monnaie du receveur du bus et n'oublie pas de
montrer. «Rire de soi et par soi n'est-il pas le meilleur moyen de se voir tel
qu'on est vraiment, à condition. Et Walid l'a compris à nos dépens. Il se
cherche un style avec son one man show qui, lors de sa tournée dans les CCF
d'Algérie et dans quelques salles à Paris, est en train de prendre forme. Dans
l'humour, il y a le stand up et le jeu de personnage. Lui, il fait les deux. Le
côté personnage attire le public. Une heure tenant en haleine jusqu'au bout,
c'est un exploit. Et puis, c'est sa création personnelle et ne commet plus
d'inattention», dira de lui M. Zeblah Boumediène, son metteur en scène et
coauteur.
«Le
jeune artiste Seddiki Walid est une graine de star qui germe au confluent de
deux cultures du rire dont les sources d'inspiration et les thèmes divergent
mais qui se rejoignent par l'usage d'une langue française remaniée et adaptée à
la réalité de la société algérienne. Seddiki Walid a 18 ans, natif de la ville
de Nedroma à Tlemcen, il a longtemps caressé le rêve de communiquer sa joie de
vivre et son talent de comique à un plus large public que sa famille et ses
amis. Sa passion pour la scène, révélée déjà à l'école, s'est épanouie dans les
patios de la faculté de médecine où entre deux conférences, sur les maux du
corps humain, le jeune médecin et comique diagnostique les symptômes de sa
société, en fait un constat réfléchi et les traite à coup de gags et de
sketchs. Le rire n'est-il pas le meilleur des remèdes? Certainement, mais
Chuut… ça reste entre nous», peut-on lire sur la brochure du CCF de Tlemcen qui
le parraine depuis sa découverte. En tous les cas, à Tlemcen, le public connaît
la réponse.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Belbachir Djelloul
Source : www.lequotidien-oran.com