A l'heure où certaines filières sans débouché connaissent un relatif désintérêt à l'université, l'ergonomie, cette démarche qui appréhende, observe et évalue les conditions de travail dans une perspective de diminution du coût humain et de mieux être au travail, n'arrive toujours pas à se frayer une place parmi la multitude des disciplines enseignées à l'université algérienne.Le besoin de l'ergonomie se fait aujourd'hui crucialement sentir au moment où les accidents de travail et les maladies professionnelles constituent un véritable fléau aux conséquences sociales et économiques désastreuses, à cause des conditions de travail dangereuses et de plus en plus difficiles dans bon nombre d'unités de fabrication et ateliers de travail.
Certains employeurs qui ont d'autres priorités, ignorent carrément cette science ainsi que l'ensemble des disciplines ergonomiques nécessaires pour l'adaptation du travail à l'homme, la sauvegarde de sa santé et sa sécurité, qui répondent parfaitement aux critères de productivité. Il faut rappeler dans ce cadre que la loi n°07-88 du 26 janvier 1988 relative à l'hygiène, la sécurité et la médecine du travail exige clairement de l'employeur de créer des conditions de travail adéquates et un environnement sécurisé des risques professionnels.
« L'ergonomie est indispensable en milieu de travail pour comprendre et évaluer les conditions du travail dans leur ensemble. Cette démarche malheureusement méconnue en milieu de travail prend en compte les caractéristiques anatomiques, physiologiques, psychologiques, de conception et d'aménagement des équipements, outils de travail et machines, de l'environnement du travail, ainsi que des ambiances physiques et d'hygiène et sécurité. Les entreprises doivent disposer d'ergonomes afin de réduire leurs coûts humains du travail, maintenir et accroître la fiabilité de leurs systèmes, main-d'?uvre et machines. L'ergonomie centrée sur l'activité qui considère l'homme dans sa globalité et qui identifie dans l'analyse les déterminants et les conséquences des activités, peut contribuer à apporter des réponses pertinentes à certaines problématiques soulevées actuellement dans le monde du travail en Algérie.
Aujourd'hui, le peu d'ergonomes qui existent en Algérie ont été formés à l'étranger. Il faut donc que la formation des ergonomes ait lieu à l'université pour doter le monde du travail en ergonomes capables de mener un diagnostic des situations de travail et d'analyse des activités. Il faut développer la formation et la recherche en ergonomie et l'introduire dans les cursus de graduation. Actuellement, la réglementation algérienne en termes d'hygiène, de sécurité et de médecine du travail assigne au médecin du travail des objectifs qui dépassent ses compétences. Il doit donc être soutenu par un analyste des tâches de travail, en l'occurrence l'ergonome », expliquera Latifa Benrezkallah, médecin du travail du CHU de Tlemcen, qui a décroché un diplôme post-gradué (Master 2) en ergonomie à l'université de Bordeaux, après sa soutenance présentée le 26 septembre dernier sous le thème « d'une préoccupation de montée en cadence vers l'organisation du service de radiothérapie du centre anti-cancer de Tlemcen ».
Selon cette spécialiste en interventions ergonomiques du service de médecine du travail du CHU de Tlemcen, qui a suivi sa formation à distance dans le cadre du parrainage entre les facultés de médecine des universités de Bordeaux et Tlemcen, a mené « une approche ergonomique sur l'activité du travail qui a une dimension socio-économique et humaine. Les effets d'un résultat portent et sur la santé et sur la production ». Aujourd'hui, la seule et unique ergonome du service de médecine du travail du CHU de Tlemcen est très motivée par « l'envie dechanger les choses, de contribuer au fait que les gens quittent leur travail en santé. Que lorsque les gens quittent leur travail, ils aient encore toutes leurs capacités, de leur donner une belle qualité de vie. Dans les pays développés, l'ergonomie a évolué vers des problèmes plus larges, vers la conception, la formation, les mutations démographiques et celles du monde du travail. Elle s'est ainsi rapprochée des enjeux de société actuels. Je crois que dans l'avenir, en ergonomie, il va falloir réfléchir à comment avoir plus d'influence dans les entreprises pour les problèmes de santé au travail notamment les troubles musculo-squelettiques, qui restent les pathologies professionnelles les plus répandues dans le secteur industriel. Il faudrait donc essayer de se rapprocher davantage de la qualité de la production ».?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled Boumediene
Source : www.lequotidien-oran.com