Les anciens élèves de l'Ecolymet, après lesembrassades et les accolades, ont été surpris par la qualité des troisconférences-débats prévues au programme.Après une brève représentation de la villede Tlemcen par Mme Boudghène Stambouli qui a lu un poème de Baudelaire, leprésident de l'association, Dr Omar Benahbib, souhaita la bienvenue aux invitéset passa la parole à Mme Sabeha Benmansour présidente de la Fondation Dib qui aété chargée de mener les débats. Le Professeur James Mc Dougall, historien auCentre d'études maghrébines de la Sénia à Oran, aborda un sujet qui fut suiviattentivement par l'auditoire fermé de cheveux grisonnants». A Constantine, en1936, l'année du Congrès Musulman, l'administration coloniale refusa à CheikhBenbadis d'organiser au nom des Ulémas un accueil des pèlerins revenus de laMecque à la Grande mosquée de Constantine. De l'autre côté, la même autoritécoloniale «facilitera la tenue d'un Mawsim ou zerda (terme utilisé par leconférencier) au Dr Benjelloul représentant de la Fédération des Elus (tendanceUDMA) d'organiser le rassemblement populaire autour d'un couscous au cimetièreEl-Atig sur les hauteurs de Constantine. Le conférencier, grâce à des documentsobtenus dans les archives, démontra l'insolence des préfets de l'époque et deleurs supports qui avaient dans l'oeil du cyclone les activités del'association des Ulémas de Cheikh Benbadis qui a quand même osé accueillir lespèlerins dans la Grande mosquée de Constantine faisant fi du refus par écritdes autorités coloniales. Ce conflit de droit de parole dans la mosquéeexpliqua l'orateur ne fut pas du goût des familles de pèlerins qui avaient pourtradition d'accueillir leur Hadj dans la mosquée pour éviter les dépensesinutiles faites par les citoyens en organisant la réception chez eux.Le débat fut très intéressant, et lesanciens de Dar El-Hadit profitèrent pour parler de Cheikh El-Ibrahimi et sonrôle dans la renaissance du Mouvement National algérien. Ils profitèrent pourdemander au nouveau président de l'Ecolymet d'ajouter les élèves de DarEl-Hadit au sigle de l'Ecolymet (élèves du collège, lycée et Medersa deTlemcen) proposition accueillie avec les applaudissements dans la salle deconférences de la Faculté de médecine. Les deux conférences qui suivirentfurent très riches en enseignements et en recommandations. Le professeur AhmedDamerdji traita du problème de l'eau potable, cita les foggaras à travers lemonde et au sud algérien et lança cette boutade «Pour un désert sans Land Rover»les Land Rover, dira-t-il, abîment les foggaras qui se trouvent sous lespistes. Concernant Tilimsân (nom amazigh qui signifie les poches d'eau) letableau n'est pas réjouissant il n'y a plus de cascades, le Meffrouche n'estpas rempli, quant au canal nazaréen (Sakiet Nasrani) plus de trace, on aconstruit le premier quartier résidentiel après l'Indépendance c'est-à-direBirouana. Le président reposa ses invités par la projection d'un CD réalisé parl'Ecolymet sur les sites et monuments accompagnés par un Haoufi (chantpopulaire tlemcenien) et couronnés par la prestation du grand orchestre de feuHadj Cheikh Larbi Bensari et son rbeb (à une seule corde puis un haouzi de lapart de feu Redouane Bensari au luth. La dernière conférence aussi importanteque les autres fut donnée par Baghdadi Nasreddine musicologue qui a abordé unsujet sensible devant un public connaisseur : défi de la musique andalouse dansla modernité. Il dira qu'il faut classer cette musique savante qu'écoutaientautrefois seulement des initiés. Il a souligné le rôle des associationsmusicales à travers le territoire national, El Moutribia Alger, la SLAM desjeunes Algériens de Tlemcen et a cité les grands maîtres qui nous ont légués cepatrimoine. On attend avec impatience la tenue du festival haouzi qui setiendra à Tlemcen fin juin. Cette 7ème rencontre des anciens élèves dira DrCherrak Omar ORL Oran «il faut penser à la relève, l'auditorium de la Facultéde médecine était occupé par une vieille génération qui a tant donné. Passonsle flambeau aux jeunes qui vont sauver ce qui reste du patrimoine historique,culturel et musical dont la musique andalouse le hawzi, le malhoun et même lechâabi».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Sid Ahmed Cheloufi
Source : www.lequotidien-oran.com