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Tlemcen: Les terres Arch, toujours un casse-tête



Un casse-tête pour les uns, une source d'angoisse pour les autres. La propriété foncière dans les communes de Sidi-Djillali, Bouihi, El Aricha et El Gor pose d'énormes difficultés aux agriculteurs, éleveurs et acteurs issus d'autres secteurs d'activité de cette zone agropastorale, située au Sud de la wilaya. Faute de textes législatifs clairs et de titres de propriété de leurs terres Arch relevant du domaine privé national, ces agriculteurs et éleveurs locaux qui peuvent jouer un rôle clé dans les dynamiques agricoles locales et le développement rural, sont confrontés à moult contraintes les empêchant de réaliser leur mise en valeur agricole ou d'obtenir des facilités financières et administratives dans les domaines de l'agriculture et d'élevage ovin et caprin. Pire encore, il ne se passe pas un jour sans que des conflits autour des limites de propriété et autres empiètements de parcelles vierges ou cultivées éclatent entre les familles. Certaines personnes recourent même à des armes pour défendre leur propriété. Pour rappel, dans la commune d'El Aricha, une personne avait trouvé la mort et plusieurs personnes blessées lors d'affrontements entre des membres de deux tribus. Aussi, ces litiges de propriété foncière sont récurrents dans les communes de Bouihi, El Gor et de Sidi Djillali, à chaque fois, les éléments de la gendarmerie nationale interviennent pour éviter le pire en calmant les esprits de parties en conflit. Dans cette contrée, le foncier constitue un espace prépondérant où sont pratiquées les cultures orientées vers la satisfaction des besoins alimentaires des cheptels.Autrement dit, une surveillance accrue est maintenue par les nombreuses tribus sur cet écosystème steppique devant permettre l'adéquation entre les ressources naturelles et les besoins de l'activité pastorale. En outre, la régression du couvert végétal des parcours, aggravée par des effets climatiques défavorables et le défrichement accéléré et le surpâturage incontrôlé, s'ajoutent à la pression exercée sur les familles qui ne tolèrent aucune concession pratiquée sur leur terre héritée de père en fils. « Ces phénomènes touchent pratiquement la majorité des étendues de la région steppique du Sud de la wilaya. Il faut immédiatement régler une fois pour toute cette question des terres Arch ! Il faut créer un véritable cadre légal et juridique, pour stimuler les pratiques agricoles et l'élevage ovin et caprin et épargner aux tribus les conflits sanglants et autres contestations. Ces terres Arch ont besoin d'une véritable réforme foncière et domaniale, pour anéantir la pression et les contraintes s'exerçant sur les communautés et tribus des régions steppiques », indique Hamdi, porte-parole d'une dizaine de tribus de cette région. Et d'ajouter : « certes, beaucoup d'efforts ont été déployés dans ce domaine par l'Etat au cours de ces dernières décennies dans le but d'insuffler une dynamique nouvelle à ce secteur de grande importance par diverses politiques de développent rural et agricole, telle la répartition des terres non exploitées au profit des fellahs. L'Etat a également mis ses services à la disposition de ces propriétaires en vue de les accompagner techniquement et financièrement dans leur activité.
Cependant, les terres agricoles relevant de l'Arch et exploitées par beaucoup de fellahs depuis de longues années, n'ont jamais été au centre des préoccupations du pouvoir législatif, qui doit légiférer et trancher définitivement sur le sort de ces terres, qui sont généralement du domaine public privé. Ces terres sont exploitées régulièrement et d'une façon continue par des fellahs, qui sont titulaires d'attestation de fellah, délivrée par la commune concernée, et également d'une carte de client de la CCLS ». Selon d'autres agriculteurs d'El Aricha, «pour inciter cette catégorie de fellahs à continuer à exercer dans l'agriculture et pour assurer le développement rural des localités précitées, les pouvoirs publics doivent poursuivre leurs efforts, notamment pour étudier la possibilité de régler définitivement le problème du foncier de ces terres Arch et ce pour permettre à ces fellahs d'être au moins titulaires de documents officiels ou de titres de propriété leur permettant d'ouvrir droit aux différents soutiens et aides de l'Etat et aux prêts bancaires de la banque BADR, R'fig et Ettahadi ».
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