Une grande effervescence a régné devant la mine de zinc et de plomb d'El-Abed, qui a cessé ses activités il y a quatre ans dans la commune frontalière de Bouihi, située à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest du chef-lieu de la wilaya de Tlemcen.En effet, informés du transfert vers une autre destination des équipements et matériels de cette mine de l'Entreprise nationale des produits non ferreux (ENOF), des dizaines d'habitants se sont regroupés en fin de semaine écoulée afin de bloquer pacifiquement les camions dépêchés sur les lieux pour transporter les équipements et matériels pour la prospection des gisements d'or situés dans la wilaya de Tamanrasset. « Personne ne doit toucher aux équipements et matériels de la mine d'El-Abed ! C'est notre patrimoine ! C'est aussi le patrimoine de l'Algérie !
Nous voulons que cette mine reprenne ses activités pour faire travailler nos enfants et tous les jeunes de la région, c'est le seul gagne-pain pour les habitants ! », se lamentent ces habitants qui ne comprennent pas la décision des responsables concernés.
Ils affirment ainsi que « ces équipements et matériels peuvent toujours servir pour l'exploitation des gisements du zinc et plomb de cette mine. Vraiment nous sommes surpris par cette décision irréfléchie qui vient au moment où une étude est en cours par des experts pour relancer la production de cette mine pour offrir des postes d'emploi aux jeunes de cette commune qui sont au chômage, car il n'y a rien ici ! Nous voulons que la Justice ouvre une enquête pour connaître le sort des équipements et matériels coûteux qui ont disparu de la mine d'El-Abed ! ». Après plusieurs heures, les protestataires se sont dispersés dans le calme, après que leurs préoccupations ont été transmises au président de l'APC de Bouihi et aux éléments de la brigade de la Gendarmerie nationale de Sidi-Djillali.
Il est à rappeler que ce problème a été soulevé au ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire lors d'une rencontre tenue mardi dernier avec le mouvement associatif et ce, en marge de sa visite de deux jours effectuée dans la wilaya de Tlemcen. Il convient de noter que la mine de zinc de l'ENOF a fermé ses portes en 2002.
Elle a été rouverte par une entreprise chinoise en 2006 après la signature d'un protocole d'accord entre le ministère de l'Energie et des Mines et le bureau de l'exploration et d'exploitation des ressources minérales et géologiques de la province de Henan, de la République populaire de Chine. Le protocole porte sur la réouverture de la mine et la reprise de la production de zinc ainsi que sur l'exploration des périmètres avoisinants pour la recherche de substances de même type. Mais la mine d'El-Abed qui devait relancer l'économie et l'emploi dans la région a été une nouvelle fois fermée par l'entreprise chinoise à cause des problèmes financiers et non pas de gisements.
Depuis, la mine d'El Abed est à l'abandon et demeure la proie d'actes de vandalisme et de vols d'équipements par des ressortissants du pays voisin. En effet, des individus exploitent cette situation et s'introduisent depuis le puits de Zelifa qui se trouve dans de l'autre côté des frontières dans la localité de Sidi Boubekeur pour accaparer des équipements. La réouverture de cette mine dotée d'un puits d'extraction et d'aérage d'une profondeur de 466 mètres est plus qu'indispensable pour les habitants de toute la région qui enregistre un taux de chômage élevé. Selon des experts, les réserves de zinc et de plomb de cette mine sont estimées à plus de 9 millions de tonnes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled Boumediene
Source : www.lequotidien-oran.com