Ne faillant pas à sa tradition, la zaouïa
de cheikh Benyelles (cheikh Mohamed Yellès Chaouch ), sise dans le quartier de
Ars Didou, a célébré dans la nuit de jeudi à vendredi le Mawlid Ennabaoui
Echarif. C'est après la prière du maghrib que les festivités ont commencé. Des
vagues de fidèles déferlaient vers les lieux… Cheikh Trari, le superviseur,
veillait au grain, assisté de Bouguima et Bouayed qui formaient le comité
d'accueil. Après la prière du maghrib, une selka sera dédiée en l'honneur du
Prophète suivie de la «hamziya» (mouldiya). Une fois el icha' accomplie, un
couscous sera servi aux convives venus d'Oran, Mostaganem, Alger, outre ceux de
Tlemcen. La tradition de la touiza alimentaire était au rendez-vous. Le
programme reprendra de plus belle avec le medh et le diwan de cheikh Benyelles
illustré entre autres de «Salli ya rabbi», «Tachfa' ya rassoul fina», «Ya mane
tourid tariq», «Aghitna, aghitna ya latif», «Ana mani fayach», «Estafek el
bari»… Le chÅ“ur était tour à tour drivé par 5 moussami'ine, en l'occurrence
Bouayed Mohammed, Fendi Mohammed, Sidi Hami Sari et les frères Trari Réda et
Hichem. La hadra battait son plein. El Hadj Fendi, el moqadem de la zaouïa,
était assis au niveau du mihrab. On avait l'impression que les jeunes du
quartier, «déchaînés» à cette occasion, rivalisaient avec la zaouïa
parallèlement à la percussion stéréotypée (derbouka) des fillettes qui
chantaient en choeur «A'mouloud, a'mouloud, hada mouloud en'nbi…».
Dehors, les «double canon» faisaient rage parasitant un tantinet
cette ambiance mystique. Les sirènes d'alarme des véhicules stationnés au
parking faisaient elles aussi des siennes, «provoquées» par le souffle des
explosions des pétards à gros calibre. Pour illustrer ce hobby explosif, un
«échantillon» sera même jeté dans le hall de la zaouïa; son «écho» provoquera
une réaction «adaptée» à la situation à travers un «Allah !» fusant en chÅ“ur de
la salle. La porte restera ouverte, hospitalité oblige. Un conférencier, cheikh
Addad, libraire de son état, sera invité à faire un exposé sur les Livres
saints. Du thé avec du «baghrir» au miel sera distribué aux présents… La
cérémonie sera clôturée par la «khatma» qui coïncidera avec la naissance du
Prophète Mohamed (QSSL), soit tard dans la nuit. Nous avons remarqué parmi les
convives El Hadj Meghelli, (ex) aumônier auprès de la Mosquée de Paris, M.
Bensenane, ancien wali, les Hadj Eddine, des parents à Messali Hadj et un grand
nombre d'anciens cadres de l'éducation, entre autres…
Par
ailleurs, un groupe d'adeptes du patrimoine, à leur tête M. Mohammed Baghli, se
rendra à Aïn Taqbalet (Qotbiya de Sidi Boumediene el Ghaout) pour partager la
célébration du Mouloud avec la population locale…
A
noter que la zaouïa chadouliya derkaouiya de cheikh Benyelles, dont l'illustre
Messali Hadj était un adepte et un disciple, est voisine du Mechouar où la nuit
du Mouloud était célébrée avec faste sous le règne des Banî Ziyân (XVe siècle).
Une réception grandiose était donnée la nuit du 11 au 12 de Rabi' Al-Awwal dans
un des palais de la résidence royale. Des poèmes mémorables étaient déclamés en
l'honneur de cette nuit du Mouloud.
Le
clou de la veillée était le spectacle féerique de la Mangana, une horloge
géante, version automate, qui fut l'Å“uvre du savant Aboul-Hassan Ali ben Ahmad
Ibn Al-Fahhâm. A ce titre, le département d'automatisme de la faculté des
sciences de l'ingénieur de Chetouane (UABT) ne devrait-il pas suggérer ou
plutôt initier dans le cadre de l'événement islamique de 2011 la reconstitution
de cette fabuleuse machine d'autant qu'il en existe, à défaut d'un plan, une
description statique et dynamique détaillée ?... Nous quitterons la zaouïa
cheikh Benyelles vers minuit.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Allal Bekkaï
Source : www.lequotidien-oran.com