Tlemcen - Revue de Presse

TLEMCEN Les chineurs à la recherche d'espace



Les brocanteurs de Bab Djiad ne savent plussur quel pied danser. En effet, ils sont harcelés par la mairie, par la police.On leur confisque leur marchandise. On les trimbale à droite, à gauche mais onn'ose pas régulariser leur situation.Pourtant, ils ne sont pas nombreux et lescapharnaüms qu'ils exposent sont dignes de la caverne d'Ali Baba. Des objets defaible valeur certes, mais passés entre leurs mains, ils deviennent des oeuvresd'art que le musée pourrait leur envier. Le cuivre reprend son éclat d'autantet les peintures, leurs couleurs originales.Le bois respire, revit, sous les coups dechiffons incessants de Houcine et de Boumédiène qui ont fait de la rénovationdes objets leurs métiers. Mais qui peuvent aussi raconter toute une histoireautour de l'objet qu'ils ont acquis parfois à des centaines de km de Tlemcen.Ils vont là où l'oiseau rare se trouve juste pour l'exposer au pied desremparts d'El-Mechouar. Mais certains ne l'entendent pas de cette oreille etils doivent plier bagages pour s'installer ailleurs. Et leur ailleurs, c'esttoujours les parages des remparts d'El-Mechour, là où tous les amateursd'objets rares savent où les trouver. Même ceux qui n'achètent pas lescherchent, juste pour voir un nouveau chandelier, un plateau ou même une pipedu XVIIIème et le conte que Boumédiène a si bien concocté autour de la pièce.Car, l'engouement pour la brocante est devenu un véritable phénomène de sociétéà Tlemcen une ville d'art et d'histoire, justement.Mais la brocante n'est pas encadrée par unelégislation et ce n'est pas demain la veille qu'on règlera ce problème. Enattendant, nos deux chineurs n'ont pas de concurrents et gardent pour eux leplaisir de chiner quelques objets décoratifs pour les fourguer à quelqueconnaisseur désireux de créer une décoration originale chez lui sans se ruiner.Ils viennent d'être déloger des remparts d'El-Mechouar par la sécurité urbainequi constate qu'ils entravent la circulation piétonne. Alors, tout sourire auxlèvres, ils plient bagages et ils s'adossent, à quelques mètres, contre le murde la Coupole, autre édifice évocateur de la ville. Les passants, baguenaudantsur l'une des artères principales de la ville, découvriraient leur merveilleinsoupçonnée, prendront le temps de décrypter les informations de l'ouvrage, ydécèleront des indices qu'ils traduiront à leur façon.Boumédiène Dakmous un vieux brocanteur quiagit en tandem avec Houcine, nous dira même qu'ils ont des clients réguliers,des collectionneurs de nus en bronze, surtout des numismates et desphilatélistes, mais le plus curieux de leurs chineurs, c'est celui qui ne vientque pour les vieilles cuillères et les vieilles fourchettes.Tant qu'ils le pourront, ils exposerontleurs objets et agenceront leur histoire autour, en attendant que lesresponsables de la ville comprennent cet art et leur octroient un espace où ilsferont fructifier d'autres idées et pourquoi pas créer d'autres emplois.
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