Tlemcen - A la une

Tlemcen : Le hirak à l'intérieur de la mairie



Une vingtaine de jeunes activistes, déterminés depuis le 22 février dernier à combattre le régime dans la rue, ont carrément investi, hier matin, le siège de la mairie pour exprimer leur refus de l'élection présidentielle du 12 décembre prochain.Dans le hall de l'état civil, précisément en face du service de la révision des listes électorales, les contestataires reprenaient les slogans du vendredi : «Il n'y aura pas de vote avec Bedoui et Bensalah. Vous ne nous faites pas peur, vous partirez tous et l'article 7 (pouvoir au peuple) sera appliqué !»
Les citoyens, qui se trouvaient sur les lieux pour des raisons administratives, semblaient apprécier ces boycotteurs pacifiques, chantant des revendications politiques avec le sourire et un ton festif : «Gaïd Salah, l'ère de l'esclavage est révolue et on jure qu'on ne votera pas !»Sans gêner quoi que ce soit ou qui ce se soit, ni empêcher les citoyens à vaquer à leurs occupations ou les dissuader directement à ne pas aller aux urnes, les manifestants ont mené une campagne antivote sans violence ni intimidations.
«L'Algérie nous appartient, la rue, les stades et la mairie. On s'exprime là où il nous plaît», a affirmé un des jeunes à la sortie du siège de l'APC au moment où un de ses camarades placardait sur la porte de la directrice de l'organique des écriteaux rappelant qu'il n'y aura pas «d'intikhabate maâ el îssabate» (pas d'élection avec la mafia) ; «Pacifique, pacifique, nos revendications sont légitimes !»
Et même lorsqu'une vieille femme a lancé : «Moi, je voterai !» les jeunes, toujours avec le sourire, ont rétorqué calmement : «Ok, Ok ma mère, va voter». C'est dire l'esprit pacifiste et civilisé des manifestants, des citoyens déterminés à ne pas lâcher prise, eux qui ont pâti des peines de l'enfer pendant les 20 ans de règne de Bouteflika et de sa pègre locale, protégée par l'ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, actuellement en prison. Après leur manifestation pacifique, les jeunes ont quitté le siège de la mairie et se sont dispersés dans le calme, en se donnant rendez-vous vendredi prochain.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)