Après le hobby explosif incarné par les
pétards et autres double canons, les jeunes de certains quartiers du grand
Tlemcen s'adonnent à la faveur du Mondial à un autre jeu tout aussi
assourdissant: celui des tonitruantes vuvuzelas.
Dans une cité de Chetouane, Chihab, 11ans,
tenait cet instrument à vent exotique décoré de drapeaux des équipes
qualifiées. «C'est mon père qui me l'a offert à son retour d'Afrique du Sud»,
nous renseignera-t-il avant de nous faire une démonstration acoustique.
Chose qui donnera de l'eau, pardon du
souffle à la bouche de son petit frère, pas plus haut que trois pommes (âgé de
5 ans) qui l'imitera avec brio. Il faut savoir que cette «lombarde»
emblématique du pays de Mandela a fait son apparition chez nous, avec les
premiers retours d'Afrique du Sud des supporters de l'équipe nationale. Elle
coûterait l'équivalent de 500 DA. Ceci dit, la prolifération des vuvuzelas, si
elle venait à se produire, risque de poser un problème de nuisance sonore avec
sa «décharge» de décibels, version «babor» (prévoir des «stop bruit»). D'autant
que la saison estivale est propice à la farniente, surtout au moment de la
sieste. Abstraction faite de l'aspect hygiénique (germes buccaux via la
manipulation et les échanges).
Par ailleurs, l'intrusion «culturelle» de
la vuvuzela va manifestement se traduire à travers l'ambiance des cortèges
nuptiaux, rivalisant avec les klaxons festifs des voitures ou la ghaïta
stridente des Tebbaline (zorna). Sans oublier les stades lors de la prochaine
saison footballistique. Enfin, il convient de signaler qu'un autre instrument à
vent, alter ego de la vuvuzela (sa réplique par la forme évasée et le son
puissant), est apparu, il y a quelques années sur la scène «artistique» locale.
Il s'agit du «neffar», une trompette traditionnelle marocaine en cuivre,
qu'utilisent comme musique de «parade» de jeunes exécutants accompagnant le
cérémonial dit la «Ammaria», une sorte de trône sur lequel est juchée la mariée
que quatre préposés portent sur leurs épaules comme un baldaquin. Une
prestation protocolaire en vogue aujourd'hui à l'occasion de cérémonies de
mariage au même titre que la salle de fête ou le disc jockey, empruntée de chez
nos voisins marocains. A propos, si la vuvuzela, la ghaïta et le neffar
venaient à se rencontrer lors d'une fête, elles formeraient un trio
pittoresque, voire un cocktail détonant.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Allal Bekkaï
Source : www.lequotidien-oran.com