L'inquiétude gagne tous les éleveurs des vaches laitières des communes de Maghnia, Bab El-Assa, Marsa Ben M'hidi, Béni-Boussaid, Maâziz, Méghagha, Souani, Sidi-Boudjenane et d'autres localités de la bande frontalière algéro-marocaine qui attendent depuis plus de six mois le versement par la banque de leur subvention accordée par l'Etat à raison de 12 DA le litre dans le cadre des mesures de soutien à la production du lait cru vendu aux laiteries. «Cela fait plus de six mois que cette subvention n'a pas été versée aux éleveurs des vaches laitières par la banque. Jusqu'à quand nous devons attendre encore cette aide et entamer le stock de nourriture d'hiver pour nos vaches et assurer la survie du cheptel.Il n'y a plus d'herbe, et nous avons de plus en plus de mal à nourrir nos vaches. Si ça continue comme ça, je devrais envoyer mes vaches à l'abattoir et mettre la clé sous la porte ! La filière est en danger, il faut que les autorités concernées interviennent et trouvent rapidement des solutions !», déclare un éleveur laitier de Béni-Boussaid, qui craint pour ses bêtes bovines.
Kaddour et Lahcène, deux collecteurs de lait de Souani et Maghnia, n'arrivent pas, quant à eux, à comprendre les motifs du retard mis dans le paiement de cette subvention primordiale. «Il y a trop de bureaucratie qui complique la vie aux éleveurs laitiers.
Pourtant, nos dossiers ont été étudiés au niveau des services agricoles et nos bêtes sont identifiées et constamment vérifiées par les subdivisions agricoles. On ne sait pas alors pour quelle raison la banque a bloqué les virements de nos subventions financières !
Si vraiment nos dossiers ne sont pas conformes qu'ils nous avisent pour régulariser cette situation qui dure pour inutilement !», constatent des éleveurs de vaches laitières de la commune de Sidi-Boudjenane. Après plus de quatre mois sans forte pluie sur toute la bande frontalière ouest, les vaches ne trouvent plus rien à pâturer. «Cela fait des semaines que nous n'avons pas emmené nos bêtes dans le champ. Nous achetons les aliments de bétail des souks, mais ils coûtent très cher, car de fortes chaleurs se sont abattues simultanément sur toute la région dès le mois de juin. A cause des conséquences des températures record et de la sécheresse, nous ne pouvons plus faire pâturer nos vaches dans les champs. Nous allons forcément manquer de nourriture à un moment donné, car il ne nous reste que quelques bottes de foin pour nourrir les vaches.
Tous les matins quand on se lève, on se demande comment on va faire pour nourrir les vaches dans les jours à venir !», se lamentent d'autres éleveurs de vaches de Maghnia.
Pour éviter d'en arriver là, tous ces éleveurs de la bande frontalière demandent à l'Etat d'intervenir: «Qu'ils nous aident à nourrir nos vaches ou qu'ils nous donnent des subventions pour qu'on puisse acheter des aliments pour faire manger les bêtes. Sinon on va tout vendre et la production laitière va disparaître dans notre région, et l'on craint surtout que ça risque de faire mal au citoyen !», ajoutent ces éleveurs très inquiets. Il y a lieu de noter que le directeur des services agricoles était injoignable au téléphone pour donner des éclaircissements sur cette affaire qui menace la production laitière dans la bande frontalière.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled Boumediene
Source : www.lequotidien-oran.com