Dans les hautes plaines steppiques du sud de la wilaya de Tlemcen, la nature s'épanouit depuis un mois. Cette région emblématique abrite à Belhadji Boucif (ex-Laouedj) dans la commune d'El-Aricha le célèbre lac Dayet El Ferd dont les eaux saumâtres sont entourées de vastes étendues de buissons de tamaris qui servent de refuge et de sites de nidification à différentes espèces, telles que les grues cendrées, les flamants roses (des espèces rares), les nettes rousses, les limicoles, les glaréoles à collier, les vanneaux huppées, les tadornes, les foulques à crête (des espèces endémiques) et les échassiers, qui sont aujourd'hui dans cette réserve naturelle d'une superficie de près de 1.250 hectares.Outre cette grande richesse ornithologique, le site abrite aussi des rapaces qui chassent sur le site, un signe de l'équilibre de la chaîne alimentaire sur le site. Le rapace le plus fréquent est le busard des roseaux. «Le site héberge près de 80 espèces d'oiseaux d'eau dont environ un tiers sont nicheuses, et des oiseaux terrestres sédentaires migrateurs et de passage. Certains oiseaux migrent en saison estivale et se reproduisent et d'autres migrent sur ce lac pour passer uniquement la saison hivernale pour fuir les froids extrêmes du nord de l'Europe», explique Mme Benmammar Hasnaoui Haféda, correspondante nationale en éducation environnementale et communication auprès de l'accord sur les oiseaux d'eau migrateurs en Afrique Eurasie (CESP à l'AEWA). Cette arrivée remarquable d'oiseaux s'explique, selon cette vice-présidente de l'association forêt modèle de Tlemcen, par la quiétude engendrée par le confinement de la population et par ce coin paisible unique dans son genre dans la région de Tlemcen qui attire des dizaines d'oiseaux.
« La nature reprend ses droits ici et les oiseaux migrateurs n'ont plus à fuir l'affluence du public comme il se passait avant le confinement. Ils réinvestissent les parages qu'ils avaient fuis et profitent de l'espace libéré par les habitants. Ces espèces sont plus tranquilles comme jamais en ce printemps ». Une autre hypothèse entend également expliquer pourquoi l'on voit arriver plusieurs espèces d'oiseaux à Dayet El Ferd, c'est que « cette localité est entourée de pâturages et de champs de céréales où les oiseaux se nourrissent sans difficulté en économisant leur énergie sans voler longuement vers d'autres lieux pour chercher de la nourriture.
Ils peuvent en outre nicher paisiblement dans la diversité floristique de la steppe et la végétation des collines environnantes d'El-Aricha, El Gor, Bouihi, Sidi Djillali et même dans la région frontalière avec la wilaya de Naâma. Les couples sont déjà formés et la période de ponte devrait bientôt commencer. Elle s'étale d'avril à juin. Les oiseaux se sentent particulièrement à l'aise de n'être plus approchés par des hommes », précise de son côté Saïd Kazi Tani, conservateur des forêts de Tlemcen.
Des familles d'agglomérations avoisinantes affluent tous les jours (ensoleillés) pour admirer le ballet majestueux des oiseaux qui a de quoi surprendre. «La biodiversité est plus visible dans ce lac de Dayet El Ferd et jamais le lac n'aura été tant envahi par ces oiseaux comme ce printemps ! On dirait bien que les oiseaux apprécient un peu de tranquillité, et tout le monde peut les observer cette période.
Les oiseaux se réapproprient ce vaste espace à une vitesse impressionnante. Je viens souvent dans cet endroit avec mes enfants pour contempler l'environnement majestueux qui entoure le lac ainsi que pour voir les oiseaux qui nagent ou qui virevoltent en groupe dans le ciel et osent se poser sur le lac sans peur d'être surpris. Ça permet aux enfants de découvrir certains types d'oiseaux pour la première fois. Les familles elles aussi viennent ici pour se soulager de leur angoisse et inquiétude en cette période d'épidémie de coronavirus », indique un père de famille de la ville de Sebdou. Les randonnées sur les sentiers de ce lac et les belles échappées permettent à plusieurs personnes de faire la marche et de se dégourdir les jambes autour de cette zone humide.
Par ailleurs, de nombreux citoyens optent en cette période de coronavirus pour la cueillette des champignons dans la nature notamment dans les forêts de Moutas, Ahfir et Sidi Djillali où les conditions climatiques sont très propices en ce printemps à la pousse des champignons. On peut donc dire que c'est une période prolifique pour les ramasseurs de champignons selon les variétés recherchées mais c'est également un bon moment pour les citoyens de s'évader et de respirer de l'air frais dans la nature.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled Boumediene
Source : www.lequotidien-oran.com