Tlemcen - Revue de Presse

Tlemcen: La «hidjra», ou l'émigration de 1911



La dernière conférence-débat organisée par l'Ecolymet (Association des anciens élèves du collège et de la Médersa de Tlemcen), qui a eu lieu à la Fondation Hadj Mustapha Benkalfat de Mansourah, jeudi dernier, a touché un moment de l'histoire du pays, «la hidjra» (ou émigration), entre 1908 et 1914, des jeunes Algériens pour fuir la conscription obligatoire pour être enrôlés comme chair à canon dans les troupes coloniales françaises.

Mme Boudghène Stambouli Choumicha, ancienne directrice d'école d'Oran en retraite depuis 1988, a présenté une étude très intéressante sur cette période (1908/1914) de la résistance de notre pays qui a refusé d'envoyer ses enfants considérés comme indigènes sans aucun droit pour aller mourir dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale (1914/1918). Mme Boudghène Stambouli a fait connaître, par des photos et par la biographie, le muphti (grand imam) Hadj Djelloul Chalabi qui a eu le courage, pendant un sermon du vendredi en 1911, dans la Grande Mosquée de Tlemcen, de lancer sa fameuse fetwa (autorisation du culte musulman) aux familles de la wilaya de Tlemcen pour les autoriser à laisser leurs enfants émigrer vers l'Orient (Syrie, Egypte, Turquie) pour échapper au service militaire obligatoire.

Cet imam, dira la conférencière, a donné l'exemple en se séparant de ses deux fils Brahim (15 ans) et Abdelkader (16 ans). C'est ce qu'on appelle «passer de la parole à l'acte». Le muphti Hadj Djelloul Chalabi a été suspendu de ses fonctions par les autorités coloniales et assigné à résidence à Alger. La conférencière, bien documentée, a lu une chanson populaire sur les souffrances de ce grand muphti qui a osé s'opposer aux militaires qui prenaient de force les jeunes Algériens pour les envoyer au front en Europe. Savant, théologien, plein de sagesse et d'humanisme, Hadj Chalabi, décédé en 1916, avait beaucoup de méfiance envers l'Administration coloniale qui le craignait, vu son autorité spirituelle sur les citoyens de toute la wilaya.

Dans ses mémoires, Messali Hadj, le fondateur de l'Etoile Nord-Africaine en 1922, en parlant de la résolution de s'exiler prise par le muphti Chalabi, déclara: «Hadj Djelloul Chalabi a jeté un pavé dans la mare coloniale».

Un débat très riche a eu lieu avec Mme Boudghène Stambouli grâce aux documents en sa possession - étant la petite-fille de Chalabi - et surtout aux photos historiques montrant comment étaient habillés nos ancêtres et l'architecture arabo-islamique de leurs demeures visitées par l'Emir Khaled, qui avait rendu visite à ce grand muphti en 1914.

L'Ecolymet continue ainsi son travail de devoir de mémoire. Son président, Omar Benhabib, a invité tout l'auditoire pour le mercredi 18 juin 2008 pour venir écouter Mustapha Daïdj qui fera une conférence intitulée «Qu'est-ce que l'histoire ?». Ces rencontres entre différentes générations des anciens élèves sont très instructives pour les chercheurs et pourraient constituer des sujets de doctorat pour nos universitaires.


Mon ami Omar, je ne parviens pas à trouver l'adresse e-mail de l'ECOLYMET pour permettre à un fils de TLEMCEN, Guy BERTRAND, de vous envoyer les 10 photos de classe qu'il détient entre les années 1952 et 1962. Accepteriez-vous de me la communiquer, cette adresse e-mail ? Tous vos sites ne facilitent pas cette recherche : c'est étonnant. Merci. Amitié Charles JANIER
Charles JANIER - retraité de l'industrie - MAUGUIO, France

10/10/2010 - 7321

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