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Tlemcen: L'arboriculture fruitière menacée



La région paisible de Béni-Snous est un des vergers des produits de terroir de la wilaya de Tlemcen. En témoigne la diversité de ses produits locaux (pêches, figues sèches, huiles d'olive, navets, grenades et poivrons), très appréciés par les consommateurs.Cette contrée où se pratique bon gré mal gré, encore, une agriculture traditionnelle, était surtout réputée pour ses deux génotypes locaux : le pêcher «Farouki «et le noyer «Farouki» et ce, à l'instar du cerisier «Mlouki» de la commune d'Oued Lakhder et Aïn Tallout ou Attar (commune de Tlemcen) ainsi que le figuier «Bakor» d'Ouzidène (commune de Chetouane), le pommier de Bouhlou (commune de Sabra) et le prunier d'Aïn Nehala. Ces espèces fruitières de très bonnes qualités gustatives étaient cultivées depuis très longtemps à travers les différents champs et collines surbaissées. A Béni-Snous, la nature du sol, les conditions climatiques (températures, humidité relative, vents) et le mode d'irrigation ont toujours conditionné la particularité de cette vallée millénaire, entourée de collines semi verdoyantes où les anciens agriculteurs ont toujours su s'adapter à l'environnement, pour développer une agriculture durable en adéquation avec le milieu naturel. Qui ne souvient pas de la fameuse pêche «Farouki», ce fruit succulent, charnu, juteux et sucré et qui était particulièrement prisé par les habitants et les gastronomes locaux. Cette pêche appétissante comptait parmi les meilleurs fruits cultivés dans la région de Tlemcen à l'époque. Or, on constate que cette bonne espèce d'arboriculture fruitière est aujourd'hui en voie de perdition. En effet, le nombre d'arboriculteurs diminue chaque année en raison des cessations d'activité dues aux crises à répétition, suite à d'importants aléas climatiques ou encore à l'arrachage des vergers à cause des maladies et les ravageurs et également des conditions de travail jugées difficiles. Dans un secteur comme l'arboriculture où le personnel est indispensable, le coût de la main-d'?uvre, notamment des saisonniers pour effectuer la récolte, représente une part importante du coût de production. La réduction du potentiel employable a été un frein au développement. Plusieurs autres raisons peuvent aussi expliquer le sinistre de ce secteur dans la région de Béni-Snous, tels que le coût des produits phytosanitaires ou des emballages et les charges de l'électricité, du gasoil et de transport des fruits.
Aujourd'hui, ce type de culture pourrait bien être relancé et valorisé par les petits agriculteurs de cette vallée de Béni-Snous qui abrite les localités de Sidi-Larbi, Khémis, Fahs, Béni-Bahdel, Zahra, Mghanine et Taffessera (Azail), afin d'assurer la production de ces fruits et pourvoir le marché aussi bien sur le plan local que sur national. Un autre facteur qui a accéléré sa disparition, selon un fellah de Zahra, c'est la sécheresse sévissant dans la région ces dernières décennies qui a entraîné l'asphyxie des racines et accéléré la mort des plants de ces variétés de pêche locales et célèbres. «Il est temps de procéder à des enquêtes sur le terrain auprès des agriculteurs de la région pour poser un diagnostic sur l'état de l'arboriculture en général et sur celui de ces variétés de pêche en particulier, afin d'analyser la situation des paysans et agriculteurs locaux en difficulté et étudier la possibilité de la relance de cette arboriculture fruitière. Cette situation mérite réflexion et constat. Tous les fellahs de cette région sont en détresse, car tout un pan de l'agriculture et même de la culture algérienne risque de disparaître ! », explique un exploitant agricole de Béni-Snous. Et de poursuivre : «Pourquoi ne pas lancer ou mener une politique ambitieuse d'installation de jeunes agriculteurs dans toute cette contrée mais aussi ailleurs et développer les dispositifs d'aide à l'installation, en créant des mesures facilitant la reprise d'exploitation par les jeunes, en communiquant sur le métier d'agriculteur, d'autant plus que l'arboriculture doit faire face à de nouvelles contraintes environnementales, économiques ou sociales, à de nouvelles attentes des consommateurs et du commerce ainsi qu'à de nouvelles normes. L'opinion publique doit effectivement être sensibilisée aux difficultés du secteur pour protéger le métier d'arboriculteur qui a de vraies valeurs ajoutées, et qui ne doit pas disparaître», un message fort aux responsables concernés.
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