En implantant un dos-d'âne, là où il n'en
faut pas un, les responsables locaux savaient-ils qu'ils facilitaient les
agressions?
C'est presque un appel de détresse que les 14700 habitants de
Ouzidan, un paisible hameau dans la daïra de Chétouane ont lancé au wali de
Tlemcen dans une pétition (en notre possession) signée par 438 chefs de ménage.
En effet, des individus ont commis des actes de vandalisme contre l'éclairage
public, dans la nuit de jeudi à vendredi et contre des plaques de signalisation
routière avant de les arracher et de les jeter au niveau du pont, pour bloquer
la route. Ils s'en sont, ensuite, au niveau d'un nouveau dos-d'âne, pris aux
automobilistes qui empruntaient le pont pour rentrer chez eux tard dans la
nuit, saccageant leurs véhicules et les agressant. «J'ai dû foncer contre un
groupe de personnes qui me bloquaient la route avec des plaques de
signalisation. J'étais avec ma famille et j'étais capable de tout pour la
sauver. C'est presque un faux barrage» nous dira l'une des personnes attaquées
lors de cette nuit. Une autre personne nous dira qu'elle n'a pas pu sortir la
nuit pour une urgence à l'hôpital de peur d'être agressée au niveau du
dos-d'âne qui les oblige à ralentir et donc à s'attendre au pire. Un dos-d'âne
dont ils sont unanimes à dire qu'il n'est pas à sa place et qu'il leur cause
beaucoup de désagréments et facilitent les agressions contre les véhicules. Il
aura fallu l'intervention des services de Gendarmerie arrivés en urgence, à 1
heure du matin pour calmer les habitants prêts à tout pour soulever une émeute
et se faire justice eux-mêmes. Il y aura en tout 25 arrestations.
Par
ailleurs, ils accusent dans leur pétition, les responsables locaux de la
commune de Chetouane qui ont contribué au pourrissement laissant toute une
forêt exploitée par la construction illicite. C'est tout un quartier «Hamri
Djedid» qui a été créé en l'espace de 10 ans à cause de l'exode rural,
incontrôlé et vivotant dans la misère, la vente de drogue, d'alcool et de
prostitution. Il en résulte que des personnes n'ayant rien à faire s'adonnent
aux larcins et aux agressions qui terrorisent tous les jours un peu plus les
habitants de Ouzidan. «Faut-il vous dire que nous avons même instauré un
couvre-feu» nous lancera un dernier père de famille dépité et presque au bord
des larmes.
C'est pour dénoncer cette situation d'insécurité que les habitants
s'en remettent au wali de Tlemcen pour trouver une solution mais aussi pour
l'implantation d'un commissariat de police qui pourrait, par sa présence
dissuader ces brigands des temps modernes. Ils terminent leur pétition par l'adage
venant des Anciens «Si tu veux contrôler la ville surveille la campagne» et
s'en remettent à Dieu pour leur sécurité actuelle.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Belbachir Djelloul
Source : www.lequotidien-oran.com