Une cinquantaine de personnes de plusieurs quartiers et cités de la ville de Remchi (20 kilomètres au nord de Tlemcen) exclues par la commission de recours de la wilaya des 550 logements sociaux distribués le mois de juillet dernier, se sont massées dimanche dernier devant le siège de la daïra de Remchi, puis dans la salle de réunion de l'assemblée populaire communale (APC), pour réclamer leurs logements.Pour rappel, près de 78 habitants ont été écartés de cette opération de recours suite à l'affichage de la liste de ces logements le mois d'avril dernier. Dès les premières heures, un dispositif de sécurité a été déployé autour de l'édifice de la daïra et de l'APC pour éviter tout débordement. Les protestataires ont appelé le chef de daïra (actuellement en congé) et le premier responsable de la wilaya à intervenir pour «revoir nos cas qui ne souffrent d'aucune irrégularité». «Cela fait maintenant près de six mois que nous avons été enlevés de la liste et nous attendons toujours que nos dossiers soient réétudiés par les responsables concernés, alors que la loi précise que la commission ne doit pas dépasser deux mois pour statuer sur ce genre de cas de recours présentés par les postulants lésés», crie à tue-tête Amine Mohamedi. Certains contestataires ont été injustement écartés par la commission de recours, à l'instar d'une fonctionnaire à qui on reproche d'avoir déjà bénéficié d'un logement AADL, selon une fiche erronée remise par cette agence de logements à la commission de recours de la wilaya. «Cela fait quatorze ans que j'ai déposé mon dossier de demande de logement social. Mon nom a été affiché au départ sur la liste initiale des 550 logements, mais j'ai été écartée par la commission de recours pour, soi-disant, un logement AADL dont je n'ai jamais bénéficié. C'est vrai, je me suis inscrite comme tout le monde via le site Internet de l'AADL, mais je n'ai jamais fourni de dossier ni même bénéficié de logement ! C'est aberrant quand même, d'autant plus que je suis une femme divorcée et mon salaire ne dépasse guère 24.000 DA. Si on ne me rétablit pas dans mes droits, je vais recourir à la justice d'abord pour ester la commission des recours qui m'a lésée, ensuite l'AADL qui a commis une erreur administrative monumentale», se lamente Hanane Mesraoua, qui ajoute que plusieurs autres personnes éliminées de la liste sont dans la même situation.
Certains protestataires ont été exclus pour leurs registres de commerce ou leur affiliation à la sécurité sociale alors qu'ils affirment avoir cessé leurs activités ou leurs conjoints sont décédés depuis plusieurs années. Un autre père de famille raconte qu'il s'est absenté le jour du tirage au sort de l'attribution des logements et aujourd'hui personne ne veut lui remettre son attestation de logement. Un autre père de famille ne comprend pas pourquoi on le prive du logement à cause de son frère qui vient de bénéficier d'un logement dans le cadre de la résorption de l'habitat précaire.
D'autres contestataires qui représentent de vrais cas sociaux parlent également de cas douteux de certains fonctionnaires et de leurs conjoints qui travaillent et de retraités qui ne remplissent pas les critères spécifiés par la loi. Ces protestataires réclament même une commission d'enquête pour se réapproprier leur droit.
Par ailleurs, près de 30 citoyens se sont rassemblés hier devant le siège de la daïra de Sebdou pour exprimer leur colère et exiger des autorités locales leurs logements. Les noms des protestataires ont été remplacés récemment par la commission des recours de la wilaya après l'exclusion de quelque 72 personnes de la liste des 283 logements affichée en octobre 2018. Il y a à peine deux mois, des dizaines de citoyens avaient squatté pendant plus de trois jours ces logements sociaux. Il avait fallu l'intervention des services de sécurité pour que les choses soient rentrées dans l'ordre. A noter que des plaintes ont été déposées par la wilaya contre une trentaine de demandeurs de logements sociaux à Sebdou, qui ont usé de faux et falsifié leurs dossiers pour s'octroyer illégalement des logements.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled Boumediene
Source : www.lequotidien-oran.com