La situation est particulièrement critique dans la wilaya. Le début d'année a été très sec dans la région de Tlemcen qui affiche déjà un gros déficit de pluie. Les faibles précipitations font déjà craindre une sécheresse exceptionnelle des sols et l'excès d'ensoleillement qui ont sévèrement touché les plantations qui tarissent de plus en plus. Certaines parcelles céréalières non irriguées ont déjà péri.Des maladies sont apparues également au niveau de certaines surfaces non irriguées en raison des sols qui sont aujourd'hui très secs. « Déjà, la situation est assez dégradée en l'absence de premières pluies automnales importantes. L'absence de pluie est aujourd'hui, observable sur les barrages de la wilaya et les nappes phréatiques de montagne ou de la plaine. C'est vrai, que tous les agriculteurs ne sont pas logés à la même enseigne car il y a des agriculteurs qui reçoivent des eaux usées épurées dans des stations d'épuration et arrosent régulièrement leur parcelle, pour sauver leur culture, mais pour les parcelles non irriguées, la situation est très compliquée car depuis pratiquement fin novembre 2021, aucune précipitation n'a été constatée », souligne Benmansour, un ancien agriculteur d'Ain Hout, qui s'est lancé dans la mise en valeur de nombreuses parcelles collinaires à Sekkak (Hennaya). Par ailleurs, cette situation embarrassante d'absence de pluie a poussé de nombreux agriculteurs à construire des retenues pour retenir l'eau en surface, pour arroser leurs plantations, en attendant une arrivée des précipitations en cette fin du mois de février où de forts nuages se constituent à chaque fois puis se dissipent peu à peu. « Nous n'avons pas d'autres solutions que de construire des retenues pour recueillir des eaux qui ruissellent le long de l'oued. Mais, tout le monde procède à la pose de ses moteurs de pompage, pour refouler les eaux vers leurs parcelles et arroser par l'intermédiaire de kits et canons leurs plantations de céréales, de carottes, de fèves, de cardes ainsi que leurs champs d'orangers, de poiriers, d'oliveraies et pommiers. Mais, cette manière de faire engendre beaucoup de dépenses de gasoil pour faire marcher les moteurs qui ne s'arrêtent pas en plus des ouvriers employés pour faire déplacer les kits d'aspersion, etc… », explique Chaib, un autre agriculteur de Sekkak.
Cet épisode de sécheresse repose la question de l'utilisation des intrants et des produits pour le désherbage des plantations. Pour optimiser le désherbage des cultures notamment des pommes de terre, rappelle M. Benmansour, l'idéal est d'intervenir dès la prélevée. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour élaborer le meilleur programme : flore adventice présente, niveau d'infestation de la parcelle, climat, qualité du buttage et variété plantée. Cependant, certains petits agriculteurs ignorent les recommandations lors de la période de sécheresse. Pour cette campagne 2021-2022, beaucoup d'agriculteurs attendent le retour de la pluie pour se lancer dans le désherbage, afin de réduire la nuisibilité des mauvaises herbes sur la culture en place (rendement, qualité). « Moi je préfère attendre que la pluie arrose mes parcelles pour entamer le désherbage afin d'éviter de créer un milieu favorable à l'installation et au développement des maladies et des virus car les sols sont très secs. C'est très mauvais de pratiquer le désherbage en cette période de manque de précipitations car ces substances actives risquent d'avoir une moindre efficacité en conditions sèches, sauf bien sûr pour ceux qui arrosent leur parcelle, ils peuvent utiliser des herbicides sans aucun problème », précise Kaddour, un agriculteur de Bensekrane.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled Boumediene
Source : www.lequotidien-oran.com