Une manifestation culturelle qui a fait couler beaucoup d'encre avant même de commencer. La date de son lancement a été maintes fois reportée. Sans parler également du secret et du mystère qui entouraient les préparatifs. 'Afin de mieux travailler', arguait-on. Prévue pour la fin du mois de décembre 2010, elle a été décalée pour début janvier 2011, pour être encore une fois retardée. Au lieu d'une cérémonie, elle en a eu deux. La première coïncidait avec la célébration du Mawlid Ennabaoui Echarif, le 15 février dernier. C'était l'ouverture populaire et par la même occasion le lancement de certaines manifestations (pièces de théâtre, expositions, colloques). La seconde, quant à elle, a eu lieu le 16 avril (Journée du savoir), en présence du président de la République, Abdelaziz Bouteflika. C'était le coup d'envoi officiel de 'Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011'. Une cérémonie comme on sait en faire en Algérie : baroud et folklore ; la parade des participants s'était déroulée la veille. Le spectacle de cette ouverture 'Echo de la foi', a été l''uvre du chorégraphe libanais Karakalla. Ce choix dénote-t-il que l'Algérie souffre d'un manque flagrant d'artistes chorégraphes au point de solliciter les services 'd'étrangers' ' Par ailleurs, les avis étaient mitigés. Beaucoup ne voient pas l'utilité de cette manifestation qui prendra fin en avril 2012.
Pourquoi Tlemcen '
Telle était la sempiternelle question que se sont posées beaucoup de personnes. Pour quelle raison cette ville a été choisie pour abriter une telle manifestation ' La réponse a été donnée par la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, lors de la conférence de presse qu'elle a animée, à Alger, le 5 février 2011 à la salle Frantz-Fanon (Oref), et durant laquelle elle a livré les grandes lignes de cet événement que son département chapeaute. Selon elle, le choix de la capitale des Zianides n'est pas fortuit. '80% du patrimoine islamique de l'Algérie se trouve dans cette ville', a-t-elle expliqué.
Les grands projets
Comme l'avait déclaré Mme Toumi lors de ladite conférence de presse, ce genre d'évènements a un avantage double. Quand une ville est choisie 'capitale', cela signifie que des sites seront restaurés et d'autres construits, d'une part. D'autre part, cela permettra de donner un nouvel élan à la création artistique, et ce, à travers les différentes manifestations qui s'y dérouleront.
À cet effet, neuf projets de restauration et de réalisation ont été entamés en cette occasion (restitution du palais royal des Zianides, réalisation d'un palais de la culture, de quatre musées, d'un centre de manuscrits') et 99 autres relatifs à la restauration du patrimoine culturel mobilier de Tlemcen, nécessitant 32 bureaux d'études et environ 150 entreprises.
Programmation culturelle
À l'occasion de la tenue de cette manifestation, le ministère de la Culture n'a pas lésiné sur les moyens. C'est ainsi qu'au total, ce sont neuf départements qui ont eu en charge la programmation culturelle et artistique de 'Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011' : colloques : 12 rencontres traitant l'histoire, les arts, la littérature' de Tlemcen ('L''uvre de Mohamed Dib', 'Penseurs et figures illustres de Tlemcen', 'Tlemcen : résistance et lutte de Libération nationale'...) Musique et animation de proximité : huit festivals nationaux et internationaux, des tournées artistiques avec les 'vedettes' de la chanson algérienne, à travers les neuf wilayas de la région ouest. Expositions : dix ont été programmées et sont relatives à la culture et l'art islamique dans cette ville ('Les manuscrits musulmans : collection nationale', 'La vie quotidienne à Tlemcen''). Livres : pas moins de 365 titres sur les 500 sélectionnés ont été édités tout au long de cet événement, sans oublier le Salon international du livre d'Alger, le Festival international de la littérature et du livre jeunesse et le Festival culturel local : la lecture en fête où les éditeurs nationaux ont exposé des ouvrages édités à cette occasion. Cinéma : 48 nouveaux documentaires sont censés être réalisés. Ils porteront sur l'histoire, la culture, le patrimoine, les enfants de cette ville, ainsi que des films de fiction (Cheikh Kaddour Ben Achour, Bousten Tilimssen, Tlemcen' la grande mosquée '). Théâtre : 19 pièces théâtrales produites par le Théâtre national algérien, les théâtres régionaux et les coopératives théâtrales à Tlemcen (Kahwat El-Roummana, Alf tahiya li Arfia'). Patrimoine culturel immatériel et la chorégraphie : découverte de talents et promotion du patrimoine culturel' Tout cela sans parler des semaines culturelles nationales (les 48 wilayas) et internationales (29 pays membres de l'Isesco ont confirmé jusqu'à aujourd'hui leur participation, et 12 pays non membres y prendront part, à l'image de la Chine, des Etats-Unis d'Amérique, de l'Espagne ou du Portugal).
Budget
Aucun chiffre n'a filtré sur le coût réel de cette manifestation (même si certains l'estiment à plusieurs dizaines de milliards). La seule fois où la ministre de la Culture s'était prononcée, et de manière évasive, c'était le 5 février dernier, affirmant qu'il ne dépassait pas le 0,76% du budget de l'Etat. La raison de ce mystère, elle l'explique par le fait que dans l'organisation de 'Tlemcen, capitale de la culture islamique', 'il n'y a pas que le ministère de la Culture à avoir un budget, même celui des Affaires étrangères, du Tourisme, des Affaires religieuses (')'
A.'I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amine IDJER
Source : www.liberte-algerie.com