C'est le président Abdelaziz Bouteflika qui
présidera en personne l'ouverture officielle de la manifestation «Tlemcen,
capitale de la culture islamique», prévue le 16 avril coïncidant avec la
célébration de Youm El Ilm, a annoncé jeudi dernier (7 avril) à Alger la
ministre de la Culture, Khalida Toumi, en marge d'une séance plénière du
Conseil de la nation consacrée aux questions orales.
La cérémonie officielle qui aura lieu à
Lalla Setti sous un gigantesque chapiteau blanc érigé pour la circonstance sera
rehaussée par la présence du Dr Abdelaziz Othmane Altwaijri, directeur général
de l'Isesco, des représentants des 29 pays membres (outre ceux de l'OCI) ainsi
que de plusieurs membres du gouvernement et de délégations étrangères invitées.
A Tlemcen, c'est le branle-bas de combat. Tant en «amont», sur le plateau de
Lalla Setti, qu'en «aval», au niveau de l'aéroport «Messali Hadj». A Zenata
Airport, on procède aux dernières retouches pour la réception de la nouvelle
aérogare qui sera inaugurée à cette occasion.
D'aucuns s'attendent à la faveur de cette visite à une
réconciliation de «facto» entre la ministre Khalida Toumi et le wali
Abdelouahab Nouri en brouille à cause de ladite manifestation. A noter que ce
dernier boudera pratiquement tous les colloques organisés sous l'égide du
CNRPAH dont le premier sera officiellement ouvert par la ministre. Cependant,
le premier responsable dérogera à la règle du «boycott» en assistant à
l'ouverture du colloque initié la semaine passée par le ministère des Affaires
religieuses, partenaire dans l'événement de 2011, en présence de M. Bouabdellah
Ghoulamallah en visite de travail. A la faveur de laquelle il prononcera
prématurément une allocution de bienvenue au président de la République en
invitant «la population de Tlemcen à lui réserver un accueil populaire digne de
son rang mais aussi à la hauteur de l'événement qu'abrite la cité des Zianides»
(un message passant en «boucle» sur les ondes de la radio locale)… La page
sera-t-elle tournée sur le tarmac au bas de la passerelle ou dans le nouveau
salon d'honneur ? Les préparatifs vont bon train, protocole oblige. La
«capitale de la culture islamique» subit un lifting sous toutes ses coutures.
Au niveau «horizontal», le bitumage de la chaussée et le badigeonnage des
carrés d'arbres et rebords de trottoirs battent leur plein. Imama, Beni
Boublene, Attar, Lalla Setti, Birouana… sont investis par les
bitumeuses…Visiblement présente sur tous les fronts, l'entreprise «Starr» se
prévaut d'être la star en la matière. «Verticalement», l'éclairage, l'affichage
(logo 2011), le pavoisement (oriflammes, fanions, banderoles…) et le ravalement
des façades se disputent et l'espace et l'attention. Une armada d'agents
communaux du grand Tlemcen est mobilisée à cet effet. Abstraction faite des
travaux de restauration de sites dans la vieille médina et extra-muros menés
loin des yeux «officiels» par l'OGEBC, et qui ne seront pas «visibles» sur le
parcours du cortège présidentiel qui empruntera a priori la rocade d'Imama pour
se rendre à Lalla Setti via Beni Boublene (Mansourah).
Au
menu des inaugurations, figurent également le superbe cabinet du wali, le
somptueux palais de la culture de Mansourah, l'hôtel Ibis de Kiffane et le
grand palace «Renaissance» de Lalla Setti, entre autres (sur un programme
comportant huit points de visite). C'est dans cet hôtel haut standing de la
grande chaîne international Mariott, juchée à 800 m d'altitude (204 chambres de
rêve et suites luxueuses) que descendra le président de la République ainsi que
les délégations officielles invitées, la vaste résidence présidentielle de
Birouana construite sur les vestiges des deux villas «Rivaud» et «Marguerite»
n'étant pas encore achevée. Lors de notre passage, une animation fébrile
régnait au niveau de la réception. L'accès à l'établissement est soumis à des
formalités draconiennes, sécurité oblige.
Quant à la cérémonie qui «se présentera sous forme d'un grand
spectacle de haute facture », elle sera abritée par un gigantesque chapiteau
(érigé par des Allemands) avec une capacité d'accueil avoisinant les 10.000
places et une scène de 500 m². Jouxtant l'hôtel Renaissance et s'étendant sur
une superficie de 5 000 m², cette «coupole» d'une blancheur immaculée contraste
avec le reste du décor. Une «chaîne» de haies métalliques délimitent le
périmètre. Une brigade de la BMPJ veille au grain. Le ballet national y a déjà
entamé ses répétitions. On annonce un spectacle de haute facture. A ce titre,
pensera-t-on à déclamer (ou chanter) les célèbres poèmes de Ibn Khamis, l'Emir
Abdelkader, Moufdi Zakaria, dédiés à la perle du Maghreb ? Les Omar et Souheïl
Dib, Rachid et Fethi Benabadji, Abdelatif Mesli, Djilali Sari, Morsli Bouayed,
Omar et Abdeslem Lachachi, Hadj Bensenane, Hadj Meghili, Mohammed Baghli,
Benamar Djebbari, Abdelhamid Hadjiat, Cheikh Boufeldja, Cheikh Benmansour… seront-ils
invités parmi les notables «officiels» à l'occasion de cette cérémonie
solennelle qui donnera le ton à une fête dont les mauvaises langues disent
qu'elle se déroule « sans la famille » ('ors orsi oua'na mansi)…
A
noter que cette ouverture devait se dérouler dans l'enceinte du Mechouar où une
douzaine de platanes centenaires ont été sacrifiés sur l'autel du protocole
(plainte de l'ASPEWIT faisant foi). On a l'impression que la poire (espace
protocolaire) a été tacitement coupée en deux : l'esplanade du Mechouar (zone
de l'OFGBC) pour Khalida Toumi avec son Mawlid (acte 1) et le plateau de Lalla
Setti pour le wali, maître d'Å“uvre de cet espace réservé à l'ouverture
solennelle internationale (acte 2)… On s'attend à un discours du président de
la République à cette occasion d'autant qu'il vient de célébrer l'anniversaire
de son troisième mandat (9 avril)… Il faut savoir que lors de sa dernière
visite à Tlemcen, Seif El Islam El Kadhafi fut accueilli sous une tente
officielle plantée en son honneur à Lalla Setti à proximité de l'hôtel
Renaissance dont on dit qu'il est actionnaire… En ville est prévue une parade
populaire haute en couleur et un défilé de chars spectaculaire à cette
occasion. Le chantier où sont fabriquées les maquettes (polyster) se trouve au
niveau de l'ENTC dans la zone industrielle dont une partie est décrétée zone
militaire pour la circonstance. L'accès aux hangars est interdit aux
journalistes, selon les agents de sécurité. On parle de portrait géant de
Bouteflika, de chameau grandeur nature, de minaret… Côté météo, la cérémonie
d'ouverture officielle s'annonce sous de bons auspices puisque le samedi 16
avril (jour férié) sera gratifié d'une température de 29 °C (journée
ensoleillée)… S'agissant de la participation de la Tunisie et de l'Egypte, les
ministres de la Culture des deux pays ont répondu à l'invitation, selon la
déclaration de jeudi dernier de Mme Khalida Toumi. Quant à la Libye et le
Yémen, on ignore s'ils seront présents (à travers leur ministre ou leur
ambassadeur) à cette cérémonie panislamique officielle. Enfin, il convient de
souligner que c'est la ville de Tarim au Hadramaout (Yémen), capitale de la
culture islamique en 2010 qui passa le flambeau de l'Isesco à Tlemcen.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Allal Bekkaï
Source : www.lequotidien-oran.com