
? «Sidi Boumediene pôle du Maghreb musulman», est le thème des journées d'études internationales organisées samedi et dimanche au centre des études andalouses de Tlemcen en présence du wali de Tlemcen et du président du haut conseil islamique, Bouabdallah Ghoulamallah. La rencontre qui a regroupé de nombreux chercheurs de Palestine, Tunisie, Espagne, France, Turquie, et des spécialistes du soufisme et de l'anthropologie sociale, culturelle et historiques du pays, a abordé cette grande figure du soufisme née à Cantiallana dans la région de Séville (Andalousie) en 1126, décédé en 1198 dans la région de Tlemcen et plus exactement dans la localité de Ain Tekbalet, située à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de la wilaya, et enterré sur les hauteurs d'El-Eubbad dont la mosquée datant du XIVe siècle porte le nom.Elle a également montré la dimension artistique et culturelle de ce saint à travers ses ?uvres poétiques et littéraires soufies. Le professeur-anthropologue, Slimane Hadji, a indiqué dans son allocation d'ouverture que «depuis 900 ans, tous les ans, Sidi Boumediene El Ghouth renaît à nous, nous apporte la chaleur de sa poésie et la lumière de sa pensée. Nous en célébrons aujourd'hui le neuf centième anniversaire, après avoir célébré sa poésie, sa pensée lors d'un colloque que nous avions organisé lors de la manifestation de Tlemcen, capitale de la culture islamique. Nous allons publier ce colloque de trois épais volumes au courant de l'année 2017. Nous avions aussi organisé un grand colloque pour ne pas dire un congrès autour de la personnalité immense qui nous couvre encore de son action, l'Emir Abdelkader, que nous avions appelé homme de tous les temps.Et si nous pouvons parler aujourd'hui dans cette salle ensemble comme un pays souverain et libre, c'est parce que l'Emir Abdelkader avait entamé les premières actions devant mener, en 1962, plus d'un siècle plus tard, à l'indépendance du pays. Il est anormal de ne pas honorer cette personnalité-là de notre histoire, de notre présent, et de notre culture».Par ailleurs, la professeur d'université de Tlemcen et spécialiste des anciennes langues, Rachida Kalfat, a souligné dans sa communication intitulée «La philosophie du miroir, dans la pensée de Sidi Boumediene, une dialogie avec l'intelligence», que «ma démarche dans cet exposé chargé d'émotion, de partage et de plaisir, est une démarche initiatique chère à Sidi Boumediene. Je m'inscris donc dans le cycle, ou dans le cercle de l'apprenti, de l'apprenant, du cherchant. Il est certain qu'il n'y a pas meilleur apprentissage dans cette démarche initiatique que d'apprendre à manipuler un des meilleurs outils de la pensée : le miroir. Le miroir de Sidi Boumediene m'a donc invité tout au long de cette intervention de me dépouiller de tout ce qui est cognitif et méta-cognitif.A ce sujet, je rappellerai que Jallal Eddine el Roumi a théorisé le qu'est-ce qu'un soufi ' Le soufi, dit-il, est sans livre ; il est sans école et sans érudition. M'insérer dans ce projet éducatif de Sidi Boumediene, c'est entendre ma parole comme un dialogue avec le miroir. Le miroir est une rencontre, dialogie et interrogation.Pour ce faire, la dialogie avec l'intelligible m'invite à une introspection profonde quant à ma façon d'être, d'agir et de penser. Le miroir vit la face cachée de mon être. Il me permet de voir une partie de moi-même que je refuse de voir consciemment ou inconsciemment ; une manière de refuser d'être soi. L'homme est responsable de ses imperfections. Le miroir ici est une invitation à la réflexion et à l'individuation. L'enseignement du miroir est de rendre intelligible un fond de soi lié à la foi, à Dieu par la beauté d'une forme poétisée musicalisée».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled Boumediene
Source : www.lequotidien-oran.com