
Boussand Khellaf, désormais ex-directeur gérant de la Sarl Techni Food, nous explique: «Le 9 mars 2016, un huissier de justice, accompagnéd'un escadron de la Gendarmerie nationale et de responsables de l'Enajuc, ont fait irruption dans l'enceinte de l'unité pour nous chasser comme de vulgaires intrus, ceci au moment où les ouvriers s'apprêtaient à démarrer une production de pulpe de pomme.» Cette situation concerne l'exécution d'un jugement rendu en 2004 pour le montant restant de la location (15 millions de dinars). «Devant cette procédure rocambolesque, nous crions haut et fort notre indignation et amertume au vu de nos sacrifices consentis pour maintenir en l'état le patrimoine, et ce, depuis 1997», s'insurge-t-il encore.L'unité Safsaf a été reprise sous forme de cession au profit des travailleurs, et ce, dans le cadre de la cession des actifs des entreprises publiques aux salariés en 1997.Concernant les mesures d'accompagnement promises par l'Enajuc et le holding agroalimentaire divers, le président du directoire a transmis une note d'orientation datée du 3 mars 1997, informant les travailleurs des dispositions qu'ils ont prises en leur faveur, à savoir : constitution par les travailleurs d'une société, dont le capital sera constitué par une partie des indemnités de départ volontaire (60% par candidat), signature d'un contrat de location-gérance, en attendant la cession définitive, signature par le holding d'un engagement d'appui à la confection d'un plan de charge (rachat d'une partie de la production réalisée, vente des produits Enajuc?), abattement de 15% sur le prix de cession, paiement à tempérament sur une période de 20 ans, période de grâce de 5 ans, etc.«Malgré les difficultés liées à cette reprise, après 18 ans, nous, travailleurs, en tant qu'entité juridique, avons capitalisé une longue expérience en matière de transformation des fruits et légumes et jouissons d'une notoriété régionale et nationale caractérisée par le versement pour l'entreprise Enajuc de 9 millions de dinars et l'acquisition de deux chaînes pour l'absorption des excédents des matières agricoles de la région, entre autres», précise M. Khellaf.En dépit de tous ces efforts, et des circonstances économiques des entreprises algériennes actuellement, pour une histoire de créances facilement honorables, l'entreprise mère a carrément coupé l'herbe sous les pieds des travailleurs de Safsaf pour les déloger et les jeter à la rue. Les hautes autorités de l'Etat sont interpellées sur le sort de cette unité productrice.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com