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Sonatrach dans la tourmente



Sonatrach dans la tourmente
S'il est une nomination controversée sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika, c'est bien celle du nouveau président directeur général de la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach. Non seulement parce que le PDG limogé est le sixième qu'a connu l'entreprise nationale depuis le scandale 2010, mais que, surtout depuis cette date, par ce procédé brutal le régime confirme, une fois de plus, son caractère autoritaire et le mépris qu'il affiche à l'égard des cadres et des compétences nationales. Alors que sous d'autres cieux, de hauts dirigeants quand bien même seraient-ils défaillants, ou simplement responsables de faillite d'entreprises dont ils avaient la charge, ne sont pas «dégommés» aussi rapidement et de manière aussi dure et inappropriée. Bien au contraire, de tels départs forcés ou volontaires sont annoncés à l'avance pour qu'ils s'effectuent sans trop de casse pour l'entreprise. Chez nous, de telles considérations sont étrangères aux m?urs politiques du pouvoir.Outre l'opacité qui entoure les raisons du limogeage de l'ex-PDG, le choix de son successeur est plus troublant encore. Le nouveau dirigeant a été, par le passé, responsable d'une société mixte algéro-américaine impliquée dans des affaires de surfacturations, de surcoûts et de commissions faramineuses versées dans le cadre de méga-contrats de construction obtenus avec les ministères de la Défense et de l'Energie, entre autres. L'homme, qui a toujours été considéré comme un proche «lieutenant» de l'ancien ministre de l'Energie, Chakib Khelil, et par conséquent des Américains, a été par ailleurs condamné dans une étrange affaire d'espionnage et détenu plus de deux ans. Il est à préciser qu'au moment où la justice a commencé à s'intéresser de près à ces contrats, son parrain de ministre s'est empressé de dissoudre l'entreprise impliquée comme pour effacer toute trace.C'est donc un personnage au casier judiciaire non vierge qui prend en main les destinées de Sonatrach qui, après les péripéties qu'elle a connues depuis 2010, semble «sortir la tête hors de l'eau». Une entrée en fonction qui intervient quelques semaines seulement après les annonces faites par la direction sortante de résultats positifs et d'amélioration progressive des capacités de production, ainsi qu'un ambitieux programme d'investissement de plus 60 milliards de dollars pour les six prochaines années.C'est dire combien Sonatrach représente un enjeu, un trésor de guerre qui attire bien des convoitises. D'ailleurs certains ne manquent de rappeler que le nouvel arrivant est un proche du clan au pouvoir, natif lui aussi de la région de Tlemcen. Au plan géostratégique, Sonatrach dérange aussi. Faut-il rappeler que l'entreprise avait annoncé, en décembre dernier, la conclusion d'un accord de partenariat pour la réalisation d'un complexe «pétrochimique d'importance mondiale» avec le français Total. Un partenariat sans doute mal vu côté américain '
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