
A cet égard, le directeur du musée du Moudjahid de Sidi Bel Abbes et chercheur en histoire, Abbes Kouider, a souligné que la région de Djraf Et-Trab (située à 80 km de la ville de Sidi Bel Abbes) constituait alors un site stratégique d'une grande importance, en raison de la difficulté de son relief et de sa localisation entre montagnes et sentiers escarpés, ce qui en faisait un point de ralliement pour les convois des moudjahidine et un passage pour les armes.
Il a relevé que les unités des moudjahidine de la 2e et 4e régions dans la Zone 5 de la wilaya V historique, s'étaient réunies, le 25 mai 1958, sous la direction de Slimane Moustache et Abbes El-Hedili, ainsi que leurs compagnons sur le terrain pour surveiller les mouvements des forces coloniales françaises.
Il a ajouté que la présence de ce grand nombre de moudjahidines (plus de 150) n'a pas échappé à une unité du génie militaire colonial stationnée au mont Mouidane. L'alerte a été immédiatement donnée et le commandement de l'occupant a procédé à l'encerclement de la zone en dépêchant d'importants renforts militaires provenant de plusieurs régions avoisinantes, telles que Tlemcen, Saïda et Ras El Ma.
A l'aube du 26 mai 1958, la bataille a commencé et vers 9 heures, l'armée coloniale a entamé un bombardement aérien intensif, appuyé par un pilonnage d'artillerie qui s'est poursuivi jusqu'à minuit. Malgré l'intensité du feu de l'ennemi et sa supériorité en nombre, les moudjahidine ont fait preuve d'un courage exceptionnel, selon le même chercheur.
Les combattants ont placé plus de 21 mines dans les sentiers entourant leur position, causant d'importants dégâts aux véhicules ennemis, selon la même source, précisant que l'armée coloniale a utilisé des bombes incendiaires (napalm), interdites par le droit international.
D'immenses sacrifices et une victoire éclatante
De son côté, le secrétaire de la wilaya de l'Organisation nationale des moudjahidine de Sidi Bel Abbes, le moudjahid Naoual Ahmed qui a participé à cette épopée, a affirmé que de lourdes pertes ont été infligées aux forces françaises durant la bataille, avec plus de 300 soldats tués ou blessés. Il a également indiqué que trois avions de chasse ont été abattus et plusieurs véhicules et camions détruits.
Le moudjahid Naoual a rappelé, avec émotion et fierté, que les moudjahidine ont consenti d'immenses sacrifices : 68 d'entre eux sont tombés au champ d'honneur parmi lesquels Noui Guernine, Mahmoudi Kaddour, Youb Abdellah, Nour Ahmed et Samir Bouziane. D'autres ont été faits prisonniers et huit ont été blessés.
Les moudjahidine ont également réussi à récupérer d'importantes quantités d'armes et de munitions, ce qui a renforcé leur action dans la région, a-t-il ajouté.
La bataille de Djraf Et-Trab reste un exemple vivant du courage des moudjahidine de l'ALN dans leur lutte contre le colonisateur français et constitue l'un des épisodes historiques marquants de la glorieuse Guerre de libération nationale.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : aps
Source : www.aps.dz