Avant la discussion du SILA, il y eut celle du musée des arts et traditions de Tlemcen. Avril 2011 et toujours Abdelaziz Bouteflika & Khalida Toumi en premier plan et nous, spectateurs médusés, observant ce jeu de ricochet verbal.
A la fin de la visite, Bouteflika reproche de ne pas y voir le «fameux» tapis de Tlemcen, face à une commissaire d'exposition, incapable de lui apporter un argument solide, voire le prestigieux objet de toutes les convoitises. KhalidaToumi, en arrière-plan, esquisse un sourire malicieux, s'avance et lance un nom : «Le Bourabah», croyant détenir le fin de mot de l'histoire et surtout l'appellation de ce tapis. Or, Boutef' la contredit tout en évitant de la regarder : «Non ce n'est pas ça !» La messe est finie. Fin du film. Dix-huit mois plus tard, une suite est lancée, tournage fixé au SILA, édition 2012. Toumi est prête. Les curiosités, interrogations et autres déceptions soudaines du président, Toumi jure d'en faire une bouchée. «Je t'en ficherais moi du tapis'» !
Et ce qui devait arriver arriva. Au cours d'une visite, Bouteflika interrompt son interlocuteur, un gaillard moustachu, et dit, pour résumer grossièrement, avoir vu un documentaire sur France 24 disant que les jeunes Algériens ne lisaient plus, et surtout que les musées étaient vides. Attitude bouteflikienne par excellence qui vise à asseoir une forme d'autorité à l'encontre de ces ministres. Toumi n'est pas dupe, et tel un producteur hollywoodien, use immédiatement du geste et sur un ton solennel, contredit le Président : «Ces journalistes ne savent pas ce qu'est un musée, car je peux vous prouver qu'il y a eu par exemple au MaMa 500 visites par jour.» Le chiffre est beau, mais largement ridicule devant n'importe quel musée qui se respecte. Est-il erroné ' Là n'est plus la question, car la vérité est ailleurs : tous les espaces culturels sont désertés par le peuple algérien, car les priorités sont autres.
Ce n'est pas une raison mais la dure représentation du mal-vivre dans ce pays où il y a par exemple plus de festivals que de films ! Alors que nous disent ces deux vidéos ' Que la ministre de la Culture tente par tous les moyens de créer sa propre fiction, qu'elle joue avec les chiffres comme on joue au loto et surtout qu'elle le fait de manière dure et inquisitrice. Le sourire de la première vidéo s'est dissipé au profit d'une fermeté dans les traits. Et le président dans tout ça ' Il a dit ce qu'il avait à dire. Une internaute n'aurait-elle pas dit : «Il en devient paradoxalement aimable !» Il y aura donc certainement une troisième partie dans ce film-fleuve. Mais en attendant, il y a toujours cette pluie diluvienne qui tombe sur la culture artistique algérienne.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Ardjoum
Source : www.elwatan.com