Tlemcen - A la une

Saïd Ben Muhammad al-Uqbani



Saïd Ben Muhammad al-Uqbani
Selon les chercheurs Djamil Aïssani, Mohamed Réda Bekli, Djamel Mechehed et Ilhem Chadou, le mathématicien Saïd Ben Muhammad al-Uqbani naquit à Tlemcen en 1320. Il fit ses premières études en cette ville et compta parmi ses maîtres les deux fils de l'imam, al-Abili (1282-1356) et un éminent savant de Béjaïa Amrane al-Mashdali (1271-1344) qui, on le sait d'après son biographe at-Tumbukti, enseignait à Tlemcen, en plus de certaines disciplines religieuses, la logique et la science des partages successoraux. A Bougie, selon la même source, il fut l'élève de l'éminent savant Ahmad Ben Idris al-Bija'i (m. 1360) et exerça la fonction de cadi de la communauté, lorsque le sultan mérinide Abi ?Inan prit possession de cette ville entre 1353 et 1358, « à une époque où les savants foisonnaient », précise son biographe Ibn Farhun. Plus tard, al-Uqbani exerça la fonction de cadi à Tlemcen, à Salé et à Marrakech. Al-Uqbani a eu pour disciple plusieurs personnages illustres, tels que son fils Qassim al-Uqbani, l'imam Ibn Marzuq al-Hafid, le cheikh Ibn Zaghu. Le traité qui a eu le plus d'influence au Maghreb et en Andalousie, dans le domaine d'al-Fara'id, fut celui du mathématicien andalou Al-Hufi (mort à Séville en 1192). De nombreux mathématiciens du Maghreb l'ont commenté, notamment le « chef des savants » de Tlemcen Saïd al-Uqbani (1320?1408) et le « dernier mathématicien andalou » al-Qalasadi (1412?1486). Rappelons qu'al-Uqbani avait bien assimilé la nouvelle méthode introduite par le célèbre algébriste de Bougie al-Qurashi (1184). Dénommée Tariqat al Fara'id bi-l-Kusur (méthode des fractions en science des héritages), celle-ci était considérée par les mathématiciens des XIVe et XVe siècles comme une grande innovation. Elle est basée sur la décomposition des nombres en facteurs premiers pour la réduction au même dénominateur des fractions qui interviennent dans la répartition d'un héritage donné. Saïd al-Uqbani a notamment appliqué cette méthode pour réaliser son Sharh (commentaire) tout à fait original. Plusieurs copies du manuscrit d'al-Uqbani sont déjà disponibles dans certaines bibliothèques (Qarawiyin de Fès, al-Azhar au Caire, Bibliothèque nationale à Tunis,...). Pour sa thèse de doctorat, Ezzaim Laabid avait utilisé la copie disponible à la Bibliothèque nationale de Paris.


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