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Quand la truffe algérienne fait les beaux jours des Marocains Tlemcen



Les truffes algériennes font les beaux jours des Marocains qui les exportent, sous leur label, vers les pays européens et le Moyen-Orient et engrangent du coup de très fortes sommes en devises.
C'est tout un réseau de trabendistes qui a été mis en place pour collecter et transporter ce produit, très prisé outre-mer, vers les frontières marocaines. L'enquête que nous avons menée nous a permis de mesurer l'ampleur de ce trafic auquel les trabendistes s'adonnent en toute impunité et sans être inquiétés. Les truffes sont collectées à Béchar, Mecheria et Aïn Sefra par des intermédiaires à la solde de la mafia de la contrebande. Des transporteurs, payés 15 000 DA la course, sont chargés ensuite de l'acheminer vers des dépôts clandestins implantés à Béni Mester et Zelboun, situés dans la daïra de Mansourah, Tlemcen. De là, d'autres achemineront le produit vers les dépôts de Maghnia à raison de 5000 DA le chargement qui varie entre 8 et 10 quintaux.
Les trabendistes se chargeront ensuite de faire passer les truffes vers le Maroc où elles seront conditionnées et exportées, sous le label marocain, vers les pays européens et ceux du Moyen-Orient. Selon nos informateurs, la truffe est cédée aux trabendistes 400 à 600 DA le kilogramme et les barons de la contrebande l'écoulent aux Marocains entre 1600 et 2000 DA le kilogramme selon la qualité du produit. Ce sont des tonnes de truffes qui sont passées illégalement de l'autre côté de la frontière et tout le monde s'interroge sur la facilité avec laquelle ce produit est acheminé des wilayas du Sud jusqu'à la frontière marocaine.
Autrefois, en cette période de l'année, la truffe ne dépassait guère les 600 DA le kilogramme. Aujourd'hui, à Tlemcen, par exemple, la truffe de très mauvaise qualité est cédée entre 1600 et 1800 DA le kg. «La truffe de qualité est triée et calibrée pour les trabendistes et le reste est écoulée sur le marché national», affirme notre guide et informateur, qui souligne que «les Marocains exportent la truffe au prix de 120 à 200 euros le kilogramme, car la truffe algérienne du Sud est très recherchée pour ses vertus médicinales, nutritives et tonifiantes contrairement à celle commercialisée en Europe et en provenance d'autres pays».
C'est donc un marché très florissant pour les trabendistes et surtout les Marocains qui ont pris la décision de commercialiser et exporter nos produits sous leur label, comme c'est le cas de nos dattes, notamment la Deglet Ennour.
Face à cette situation plus que déplorable, aucune mesure n'a été prise pour mettre un terme à cette filière qui porte atteinte à notre économie nationale et prive nos régions du Sud d'une véritable opportunité économique.
L'on s'interroge sur l'absence de structure dans ces régions qui ont pour mission la collecte, le conditionnement et l'exportation de ce précieux produit, de surcroît très recherché et très coté. «C'est un problème de bureaucratie et de lenteurs administratives qui fait les beaux jours des Marocains et prive le pays d'énormes recettes en devises», affirment les uns et les autres. Les responsables sont vivement interpellés sur cette question. En attendant des mesures appropriées, la truffe algérienne continue de faire les beaux jours des Marocains.
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