Mesure - Le forum des présidents des clubs des Ligues 1 et 2 a reporté la réunion qu'il devait tenir hier à jeudi avec toujours cette menace qui plane sur la dissolution des sociétés par actions qui gèrent le football.
La fin de saison tire à sa fin et avec elle une véritable crise des clubs des Ligues Une et Deux qui n'ont pas réussi leur examen de passage vers le professionnalisme. Pis encore, aujourd'hui, plusieurs d'entre eux, pour ne pas dire la majorité, se dirigent vers la dissolution des sociétés sportives par actions, pour retrouver le statut de club sportif amateur afin d'éviter à tout contrôle ou obligation reglementaire que leur impose le statut de SPA.
Evidemment, les présidents ont allongé toute une liste d'arguments pour signifier aux porteurs du projet de professionnalisation du football qu'ils ont raté le coche et qu'ils doivent revoir leur copie. Le choix fait par les instances du football, appuyées par les pouvoirs publics, d'opter pour le professionnalisme, ne peut être remis en question, mais ces derniers se disent prêts à revoir de plus près la situation et apporter les correctifs nécessaires. Un avis que partagent les présidents de club si l'Etat fait des gestes réels en accélérant le processus d'accompagnement décidé et aller plus profondément dans l'élaboration de textes de loi permettant à la spécificité football de se mettre en place, de se développer progressivement et de s'épanouir. Il est clair qu'un nombre incalculable de préalables doit être assuré avant d'inviter les clubs de faire le véritable saut qualitatif qu'on leur demande de faire. D'autant que l'on se dirige vers une situation de blocage avec le risque de mise en faillite des sociétés et le retour à l'amateurisme. Le traitement du déficit accumulé par les clubs n'est pas le même lorsqu'on a le statut de la SPA car civilement et pénalement, les présidents ou les directeurs généraux sont exposés. Hier, les présidents devaient se réunir pour peaufiner leur stratégie et prendre des décisions, mais le conclave a été reporté à jeudi, prolongeant le suspense et le bras de fer qui risque de les opposer aux instances du football et au ministère de la jeunesse et des sports, même s'ils estiment que leurs relations avec le département des sports est plutôt meilleure jusqu'ici. Ce qui est certain, c'est que les problèmes financiers des clubs, donc des sociétés, ont pris des proportions alarmantes et un retour au CSA n'est pas à écarter. Même la perte de la licence de club professionnel n'effraie pas les dirigeants qui se disent disposés à évoluer en division amateur. Le président du Forum et premier responsable du Widad de Tlemcen, Abdelkrim Yahla, n'a pas hésité à l'affirmer la semaine dernière : «Libre à la ligue professionnelle d'organiser un championnat avec deux ou trois clubs qui ont les moyens de leur politique.» L'entrée en lice de la DNCG (direction nationale de contrôle de gestion) n'est pas également pour faciliter la tâche des clubs puisqu'elle aura un droit de regard sur leurs bilans et fera actionner la réglementation et la loi en cas de besoin. Mises en faillite dès leur démarrage, les sociétés, qui ne genèrent pratiquement que des broutilles, continuent de vivre au détriment des sponsors et des aides de l'Etat qui passent par des subterfuges, comme le CSA qui tient des actions dans la société. Avec la fin de saison, annoncée pour le 19 mai, et sa reprise vers le 8 septembre, les clubs et les pouvoirs publics auront quatre longs mois pour remettre un plus d'ordre, de stabilité et de visibilité dans la gestion du sport roi en Algérie s'ils ne veulent pas que la faillite s'installe pour de bon.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Salah Bey
Source : www.infosoir.com