De Tlemcen
Terroir - L'orchestre maghrébin de musique arabo-andalouse a gratifié, dans la soirée de mardi, le public tlemcénien d'un récital qui a eu lieu au palais de la Culture Imama.
Le jeu était accort et euphonique, s'exécutant avec ampleur et abondance, dans un style épuré, créant une réverbération musicale grandiloquente, faisant ressortir toute la poésie que peut receler l'art de la nouba. Aussi bien émouvant que passionnant, ce spectacle est nourri par un imaginaire attrayant ou entraînant, fort expansif et exubérant, continuellement renouvelé, à chaque fois enthousiasmant.
Il n'a cessé en conséquence de motiver l'ouïe à y prêter concentration comme engouement. Rappelons que l'orchestre maghrébin de musique andalouse a été créé en 2007, et ce, à l'initiative de l'Algérie, une date coïncidant avec l'année de l'institutionnalisation du Festival maghrébin de musique arabo-andalouse. «C'est l'Algérie qui a eu l'idée de mettre en place cet orchestre maghrébin de musique andalouse et nous sommes fiers de cette initiative», a souligné Abdelhamid Benblidia, coordinateur de cette manifestation et commissaire du Festival maghrébin de musique arabo-andalouse. Cela fait alors cinq années qu'il existe et depuis sa création, cet ensemble a fait, selon Abdelhamid Benblidia, près d'une dizaine de concerts. S'exprimant sur cet orchestre, Abdelhamid Benblidia, pour qui «c'est toujours un plaisir de voyager à travers une nouba», dira : «Cet orchestre est l'illustration d'une musique partagée entre les trois pays du Maghreb avec des styles différents, spécifique aux écoles de chacun.» Ainsi, l'ensemble rassemble, en plus des variantes par lesquelles est caractérisée la musique arabo-andalouse, trois pays (Algérie, Maroc et Tunisie) ayant en partage une même musique qui les renvoie à leur identité et mémoire commune. Si Abdelhamid Benblidia affiche une satisfaction quant au succès de cet orchestre, il ne cache cependant pas son regret pour ce qui est de l'absence d'initiatives venant des Tunisiens et des Marocains. «Le problème dans ce genre d'initiative, ce sont d'abord les moyens», fait-il remarquer, et d'expliquer : «Il faut dire que l'Algérie est le seul pays à rassembler et à prendre en charge cet ensemble, elle supporte toute seule cette charge. Elle la supporte quand elle peut la supporter.» Abdelhamid Benblidia estime que les parties concernées doivent s'impliquer davantage dans cette entreprise. Car «c'est un devoir qui lui incombe», dit-il, ajoutant : «Cet orchestre relève d'un travail collectif et tout travail collectif aurait été plus encourageant pour tout le monde, c'est-à-dire si nos frères tunisiens et marocains prenaient chacun de son côté une petite part de responsabilité de frais pour cet orchestre, c'est vrai qu'on se sentirait épaulés, aidés et encouragés dans notre entreprise.» Et de nuancer : «Je ne dirais pas qu'on se décourage, mais ça serait bien que tout le monde s'y mette, puisqu'il s'agit du Maghreb et de la même musique.» Enfin, à la question de savoir ce qui rassemble cet orchestre et ce qui le différencie, Abdelhamid Benblidia, pour qui «le défi est relevé», répondra : «Ce qui rassemble cet orchestre, c'est bien la musique arabo-andalouse, puisqu'il s'agit de la même racine et des mêmes textes. Et ce qui les différencie, ce sont les styles et la manière de les exécuter. L'avantage de l'Algérie, c'est qu'elle comprend les trois styles : le style tlemcénien se rapproche de celui du marocain et le style du malouf constantinois se rapproche du malouf tunisien. Il y a aussi l'école d'Alger se démarquant par sa touche propre. Nous sommes au milieu. Nous rassemblons ces trois écoles et donc nous avons, par nature, ce rôle de les rassembler. Un rôle qui nous est imparti.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Idjer
Source : www.infosoir.com