Un jeune tlemcénien se suicide dans une prison
Le suicide à Metz de Nabil L., jeune détenu originaire de Tlemcen, a provoqué une vive polémique au centre de laquelle se retrouve une nouvelle fois la ministre Rachida Dati.En France, quelque 87 détenus se sont suicidés en prison depuis le début de l’année, un chiffre qui comprend Nabil L., adolescent de 16 ans décédé lundi à Metz. La ministre de la Justice, Rachida Dati, était venue jeudi matin à la prison de Metz-Queuleu, lieu du drame, pour y annoncer des mesures visant à prévenir le suicide des détenus mineurs. Condamné in absentia en septembre à Sarreguemines (Moselle) à six mois ferme pour trafic de stupéfiants et conduite sans permis, ce jeune avait été interpellé et incarcéré le 2 octobre dans l’établissement messin. «Aucun élément de fragilité, aucune tendance suicidaire n’avaient été relevés à son arrivée en prison», a affirmé la ministre...
Une «réunion de prière» s’est tenue dans l’après-midi à Behren-lès-Forbach (Moselle), d’où était originaire Nabil L., qui sera inhumé dans les prochains jours à Tlemcen et la famille de l’adolescent a indiqué qu’elle se portait partie civile «pour connaître avec précision les circonstances ayant conduit Nabil à se donner la mort».
Dans l’après-midi également, un mineur de 16 ans, transféré mardi de la prison de Metz-Queuleu à celle de Strasbourg-Elsau, a tenté de se pendre. Il a été hospitalisé dans un état critique, selon une information révélée par France-Info. Selon de nombreuses sources, ce jeune «ne pouvait pas ne pas connaître» Nabil L.
De son côté, Rachida Dati a annoncé une série de mesures ainsi que l’élaboration, en collaboration avec le ministère de la Santé, d’une «grille d’évaluation des risques suicidaires» spécifique aux mineurs. Cette disposition devait figurer dans la réforme de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs, présentée en avril dernier par Mme Dati en conseil des ministres. «Les mineurs seront évalués avec cette grille par des médecins à leur arrivée en détention», a-t-elle précisé à l’issue d’une visite du quartier des mineurs de Metz-Queuleu.
Présentée en août comme un établissement «modèle» par Mme Dati, la maison d’arrêt de Metz-Queuleu a enregistré quatre suicides en cinq mois. Au total, 480 hommes et 27 femmes y sont incarcérés, pour 448 places théoriques.
Trois tentatives de suicide de mineurs ont en outre été enregistrées à Queuleu ces dix derniers jours. Selon Jean-François Krill, délégué de l’Union fédérale autonome pénitentiaire (Ufap), il se serait agi de «chantages devant faire pression sur les surveillants pour obtenir un changement de cellule ou une télévision».
L’Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature se sont, par ailleurs, émus, dans un communiqué, de l’enquête administrative ordonnée par la ministre sur le suicide de lundi qui, selon les deux syndicats, «vise à trouver un bouc émissaire chez les magistrats».
Amine B.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com