Tlemcen - A la une

Notre supplément économie avec la collaboration de «MAGHREB EMERGENT» : La bonne gouvernance, c'est la participation plus l'électricité !



A Rabat, c'est presque en s'excusant que les représentants de la Banque mondiale ont admis, dans un séminaire sur la gouvernance au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, qu'ils ont péché par technicisme et la manie de tirer des conclusions, hâtives, à partir de quelques critères et de quelques chiffres. C'est ainsi qu'ils découvrent, après coup, que les bons élèves Zaba (Zine El Abidine Ben Ali) et Hosni (Moubarak) n'étaient pas aussi brillants que les classements du Doing Business le suggéraient. Et c'est en se défendant de toute ingérence dans nos affaires et dans celles de nos voisins-frères proches et lointains qu'ils expliquent que de dorénavant à désormais la bonne gouvernance ne peut être… bonne sans une participation des citoyens à la vie publique ! Beaucoup d'Algériens et leurs voisins-frères proches et lointains le savaient déjà - et bien oui, malgré le FMI, la BM et les «marchés» ! - de longue date. Et on évitera d'épiloguer inutilement sur les experts internationaux qui découvrent, fort tardivement, des évidences. Car, il ne sert à rien de bomber le torse, la «participation» des citoyens à la vie publique ne se décrète pas. Elle s'arrache par les combats multiformes des différents acteurs de la société qui parviennent à la conviction et à la certitude qu'ils ont besoin d'un espace de débat et de délibération arbitré par des règles et dans le cadre d'institutions viables. A défaut, et pour revenir aux «critères techniques», on dépensera beaucoup avec des petits résultats.
Les évidences sont toujours bonnes à rappeler. Comme cet économiste de la bonne ville de Tlemcen qui souligne qu'on ne peut parler «d'économie verte alors que l'Algérie n'a même pas d'économie, à cause de l'absence de producteurs». Comme ces acteurs discrets du secteur de l'énergie qui nous expliquent, placidement, que les grands plans sur la comète de la fée électricité sont de la fiction. Et pour revenir aux chiffres, on peut en faire un usage très cosmétique et s'offrir un bilan tout à fait présentable. La révolution, c'est les soviets plus l'électricité, disait Vladimir Ilitch Oulianov. Personne aujourd'hui ne peut se passer d'électricité, cela est devenu une évidence. Pour les soviets, la forme d'organisation léninienne est discutable. Mais on peut paraphraser : la bonne gouvernance, c'est la participation des citoyens, plus l'électricité. Mais dans ce cas pourquoi continuer à utiliser cette formule faussement précieuse de «bonne gouvernance». Pour éluder ce qu'elle entend précisément masquer ou par ce qu'elle implique de facultatif ' Pour ne pas parler de démocratie, de libertés, d'Etat de droit, de responsabilité, de reddition de comptes…


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