Tlemcen - Mosquée de Sidi-Bel-Hassen, Tlemcen


Mosquée Sidi Bellahcen


Madrassa almohade de Tlemcen ?

Mosquée de Sidi Bel Hasan
Mosquée Sayyidî Abû al-Hasan
Nom : Mosquée de Sidi Bel Hasan
Lieu : Algérie, Tlemcen
Date/période de construction : 1296
Matériaux de construction : Marbre, pierre, plâtre, brique
Décor architectural : plâtre, céramique, bois, brique
Destinataire/mandataire : Abû Ibrâhîm ibn Yahyâ Yaghmurâsan
Dimensions : Mosquée : 10 x 9,70 m ; minaret : H. 14 m
Inscriptions :
بنى هذا المسجد الأمير أبي عامر إبراهيم إبن السلطان إبي يحيى يغمراسن إبن زيان في سنة ست و تسعين و ستمائة من بعد وفاته رحمه الله

Traduction-inscriptions :
Cette mosquée a été construite pour l’émir Abû ‘Âmir Ibrâhîm fils du sultan Abû Yahyâ Yaghmurâsan ibn Zayân en l’an 696/1296, après sa mort, qu’Allâh lui fasse miséricorde.
Cette mosquée transformée en musée s’élève sur le coté ouest de la place voisine de la Grande Mosquée de Tlemcen. Cet intéressant modèle de l’art musulman a été élevé, ainsi qu’en témoigne l’inscription gravée sur une plaque d’onyx scellée dans le mur ouest de la salle de prière au milieu de la troisième travée, ainsi que celles placées sur deux panneaux de plâtre formant la cimaise du mihrâb, en l’honneur de l’émir Abû Ibrâhîm ibn Yahyâ Yaghmurâsan, en 1296, après le décès de celui-ci. On suppose que le nom actuel de l’édifice vient du célèbre jurisconsulte Abû al-Hasan ibn Yakhlaf al-Tanasî , savant qui professa sous le règne d’Abû Sa‘îd ‘Uthmân (1283-1303).

Cette mosquée ‘abd al-wadide présente des dimensions modestes, qui s’expliquent peut-être par la présence dans la cité de grands sanctuaires. Son plan se caractérise par l’absence de cour et des travées perpendiculaires à la qibla. La salle de prière est divisée en trois nefs et trois travées déterminées par deux rangées d'arcs brisés qui reposent sur des colonnes en onyx ; certaines sont surmontées de magnifiques chapiteaux. Les plafonds sont faits de poutrelles de cèdre simulant des entrelacs. Ils nous offrent le premier exemple algérien de caissons, développés pendant trois ou quatre siècles en Espagne musulmane.

Le mihrâb, s’ouvre par un arc outrepassé cerné d’un encadrement rectangulaire surmonté de trois ouvertures meublées de claustra finement ajourées de rosaces. Chef d’œuvre de la sculpture sur plâtre, ses voussures sont meublées alternativement de motifs floraux et épigraphiques ; de ses écoinçons jaillissent deux délicats cabochons spiralés sur fond de motif étoilé à huit branches et de rinceaux. Ce mihrâb marque le sommet de l'art hispano-mauresque. De plan hexagonal, il est couvert d'une coupole à muqarnas, que l’on rencontre déjà dans les mosquées de la Qarawiyyin à Fès, de Tinmal et de la Kutubiyya à Marrakech. Sa niche qui part d'un plan octogonal pour aboutir à une coupolette à cannelures est composée de rectangles incurvés ajourés, de losanges, de triangles, de motifs piriformes.

La partie inférieure des chapiteaux s'orne d’un méandre à crochet, stylisation de la couronne d'acanthe antique, tandis que leur partie supérieure, parallélépipédique, présente un décor végétal, ils ne sont pas sans évoquer certains chapiteaux des Grandes Mosquées de Cordoue et de Tlemcen. Dans les autres chapiteaux, un décor central de palmette repose sur des caulicoles issues des feuilles d'acanthe de la partie inférieure. Déjà présentes dans le vocabulaire ornemental wisigothique, les caulicoles apparaissent dans l'art islamique d'Occident à l'Aljaferia de Saragosse.

Le minaret en brique composé d'une tour et d'un lanternon occupe l'angle sud-est de l’édifice. On accède à la plate-forme supérieure au moyen d'un escalier tournant autour d'un noyau central. Ses quatre faces s’ornent d’une succession de panneaux rectangulaires, les uns ornés de réseaux losangés curvilignes, les autres d’arcs polylobés. Sur ses quatre faces, le lanternon enferme dans son cadre intérieur un arc polylobé. De la mosaïque de céramique rehausse de couleurs l’ensemble de son décor. Ce décor caractéristique des minarets almohades apparaît pour la première fois dans le lanternon de la Kutubiyya de Marrakech, et occupe une grande place à la mosquée de Hasan à Rabat, à la Giralda de Séville et surtout à la mosquée de la Qasaba de Marrakech.

De tous les monuments de Tlemcen, la Mosquée Sayyidî Abû al-Hasan est celle qui se rapproche le plus des grandes réalisations marocaines et espagnoles.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT
Bourouiba, R., L’art religieux musulman en Algérie, Alger : S.N.E.D., 1981, p. 108-129.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE
Bourouiba, A., Apports de l'Algérie à l'architecture arabo-islamique, Alger : S.N.E.D., 1986. Basset, H. ; Terrasse, H., « Sanctuaires et Forteresses almohades », in Hespéris, V, Paris : 1932.

Marçais, G., L'architecture musulmane d'Occident, Tunisie, Algérie, Maroc, Espagne et Sicile, Paris : Arts et métiers graphiques, 1954.

Marçais, G., Tlemcen, Paris : H. Laurens, « Les villes d'art célèbres », 1950.

Marçais, G., Les monuments arabes de Tlemcen, Paris : Fontemoing, 1905.



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