Tlemcen - Sidi Djillali

MODALITÉS DE L'APPARITION DE LA SÉDIMENTATION CARBONATÉE DE PLATE-FORME INTERNE SUR LA FRANGE MÉRIDIONALE DU DOMAINE TLEMCENIEN PENDANT L'AALÉNIEN ET LE BAJOCIEN :



MODALITÉS DE L'APPARITION DE LA SÉDIMENTATION CARBONATÉE DE PLATE-FORME INTERNE SUR LA FRANGE MÉRIDIONALE DU DOMAINE TLEMCENIEN PENDANT L'AALÉNIEN ET LE BAJOCIEN :
Pendant PAalénien et le Bajocien, les Monts de Rhar-Roubane 1 (partie occidentale des Monts de Tlemcen) subissent une différenciation paléogéographique, héritage de tendances déjà bien esquissées pendant le Lias : zones résistantes à sédimentation réduite ou lacuneuse de type haut-fond et zones subsidentes, où s'accumulent des dépôts argilo-carbonatés parfois assez épais («faciès de vasière »). Mais sur la bordure SW, le Massif du Tenouchfi (avec les Djebel Rhar, Tenouchfi, Dourdaz et M'derba, fig. 1 et 2) tend à se séparer du domaine tlemcenien («sillon »} pour s'intégrer momentanément aux «Hautes-Plaines » (plate-forme). Alors que pendant le Lias moyen et supérieur s'y développait une sédimentation qui dénote l'appartenance à un bassin ouvert (Elmi et al., 1974), à l'Aalénien et au Bajocien s'y dépose un important complexe carbo-naté, les «Dolomies du Tenouchfi » (Lucas, 1942 ; Dubel, 1971). Ces dernières se comparent* épisodiquement au moins, aux sédiments connus sur les Hautes-Plaines {«Dalle des Hauts Plateaux » des géologues marocains ; cf. du Dresnay, 1971).

G. Lucas (1942, p. 446 et pl. 31) avait déjà souligné l'évolution particulière du Massif du Tenouchfi. Dans une optique «océanographique » qui en fait un précurseur, il l'expliquait par le déplacement d'une flexure continentale (au sens de Bourcart) qui migrait du Sud vers le Nord et par une accentuation de sa pente. Par ailleurs, cet auteur rapportait les «Dolomies du Tenouchfi » à toute l'époque Aalénien-Bajocien-Bathonien.

Nous avons repris l'étude du secteur (fig. 1 et 2) dans le cadre d'un travail consacré à l'évolution tectono-sédimentaire du domaine tlemcenien (Dubel, 1971 ; Elmi, 1972, 1976). Nous avons, en particulier, essayé de comprendre les mécanismes qui ont amené l'installation d'une telle plate-forme carbonatée.

Dans ce but, nous avons réalisé une analyse des milieux de dépôts et de leurs variations verticales et horizontales. Les comparaisons avec les «faciès tlemceniens » («prételliens » d'après Lucas, 1952) ont été effectuées grâce aux affleurements de la région de Sidi-Yahia-ben-Sefia au NE (Lucas, 1942, 1952 ; Benest et Elmi, 1969). Pour reconstituer la dynamique paléogéogra¬ phique, il était nécessaire de l'inscrire dans un cadre chronologique aussi précis que possible ; il a pu être établi grâce à la découverte de plusieurs gisements d'ammonites. Ainsi, les «Dolomies du Tenouchfi » sont attribuables à l'Aalénien et au Bajocien inférieur ; elles débordent peut-être dans le Bajocien moyen, mais il est exclu qu'elles puissent être plus récentes. En effet, les premiers niveaux de la formation directement superposée («Marnes de Zahra ») sont datés par des Ammonites du Bajocien supérieur. Cela a pour corollaire de restreindre considérablement l'extension verticale du foraminifère «Dictyoconus » cayeuxi Lucas dans sa localité-type (Lucas, 1938).

Les séries seront décrites de l'WSW à l'ENE, depuis les faciès les plus littoraux (Dj M'derba) jusqu'aux dépôts de mer franchement ouverte (Sidi-Yahia-ben-Sefia) en passant par les zones de transition (Aïn Tagertila).

1. En ce qui concerne l'orthographe, nous nous référerons à la toponymie de la carte au 50 000e (feuille Sidi-Aïssa, n° 356) ou, plus rarement, du 25 000e. Rappelons que Rhar-Roubane a aussi été écrit Gar Rouban ou Ghar Rouban.

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