C'était en cette période, exactement en 1351, qu'Ibn Battuta, traversait le détroit de Gibraltar pour rejoindre l'Andalousie. C'était également au moment de la mort du sultan berbère-zenati, le Mérinide Abou El-Hassen Ali ? ne pas confondre avec le Nasride Abou El-Hassen Ali, 21ème émir de Grenade à partir de 1464 ?, un «loser» soutenaient certaines chroniques, un sultan modèle dont le règne a connu une grande prospérité, affirmaient d'autres.Ce voyage n'était pas un fait très important en lui-même, pour ce globe-trotter de cette époque, habitué à aller plus loin dans le monde, mais c'est plutôt son témoignage pour ce qui était de l'ardeur des populations et des souverains de cette dynastie qui, malgré les divisions, devenait le fait remarquable des musulmans dans cette partie du monde. Nous ne le dirons pas assez, l'Andalousie a été une terre de miracles, le mot n'est pas exagéré, car les souverains qui se sont succédés n'ont pas laissé le pays à la traine des civilisations qui les ont précédés dans le bassin méditerranéen. Les populations connaissaient l'opulence et le bien-être, toutes les déclarations l'affirment et nous procurent ces occasions qui nous poussent à faire étalage de notre riche patrimoine devant nos détracteurs de toujours. Ibn Battuta écrivait : «Je quittai Gibraltar pour me rendre à Ronda, une des citadelles musulmanes les mieux fortifiées et situées. [...] J'y séjournai cinq jours, puis, je gagnai Marbella en empruntant une route malaisée et très escarpée. Marbella est une petite ville, belle et riche.» En arrivant à Malaga, escorté du commandant de la forteresse de Souhaïl et après l'avoir visitée ainsi que d'autres cités, il écrivait : «A Malaga, on fabrique des poteries dorées, superbes qu'on exporte vers les plus lointaines contrées. La mosquée est très vaste et est réputée pour sa bénédiction. Elle a une cour dont la beauté est sans pareille et où poussent des bigaradiers très hauts. [...] Je quittai Malaga pour Ballish, à une distance de vingt-quatre milles. C'est une belle ville avec une superbe mosquée. Elle produit du raisin, des fruits et des figues comme Malaga. Nous nous dirigeâmes vers al-Hamma, petite ville à la mosquée bien située et superbement bâtie. Il s'y trouve une source chaude sur une rive du fleuve, à une distance d'un mille de la ville où sont édifiés deux établissements de bains, un pour les hommes et un pour les femmes. Je partis ensuite pour Grenade, capitale de l'Andalousie et sa plus belle ville. Ses environs sont sans pareils dans le monde. [...] La ville est entourée de jardins, vergers, parterres, palais et vignobles. Une des localités les plus belles est la Fontaine-des-Larmes, montagne avec des parterres et des vergers tels qu'on n'en voit nulle part ailleurs.» Ibn Battuta n'a pu rencontrer l'émir Youssef Ier: «Quand j'arrivais à Grenade, y exerçait le pouvoir le sultan Abou EL Hajjaj Youssef fils du sultan El-Walid IsmaïI Ibn Youssef Ibn Nasr. Je ne pus le rencontrer parce qu'il était malade. Sa mère, noble, pieuse et vertueuse, m'envoya des dinars-or qui me furent bien utiles.» Revenons aux souverains nasrides et poursuivons leur évolution dans cette Andalousie mouvementée. Ainsi donc, Youssef Ier acceptait de signer avec les Castillans une trêve de 10 ans, et la paix revenait en Andalousie pour quelques années encore. Mais voilà que le jour de l'Aïd El Fitr, le 19 octobre 1354, l'émir rencontrait son destin. Il a été exécuté par l'un de ses gardes du corps, en pleine mosquée de Grenade où il accomplissait sa prière. Son fils Mohamed V El-Ghanî Billah lui succédait comme 8ème émir de Grenade. Il est resté cinq ans sur le trône ? dans une première fois ? où il a dû réaffirmer les accords de paix et l'alliance des Nasrides avec ses voisins du Maghreb, les Mérinides, comme l'exigeait la tradition à chaque investiture d'un nouvel émir grenadin. Mais comme toujours, dans cet émirat, les dissidences et les problèmes de personnes trouvaient beaucoup de mal à laisser les souverains se hisser au rang de leur renommée et de leur pouvoir pour ne s'occuper que de l'avenir de l'Andalousie. Là, dans cette première étape, Mohamed V a eu à affronter son frère Ismaïl qui se faisait aider par les notables de Grenade pour lui enlever le trône. Et en effet, il a réussi en août 1359 à occuper sa place et le laisser se réfugier chez les Mérinides, au Maghreb. Ismaïl II devient le 9ème émir de Grenade. Son règne n'était pas tellement marquant, ni très long d'ailleurs. Il s'occupait à régler les comptes aux hauts dignitaires de son frère Mohamed V, dont Lissen Ed-Dine Ibn El Khâtib, et ne point se soucier des affaires du royaume. Le seul point positif dans son règne est que son frère, l'émir déposé et réfugié au Maghreb, travaillait d'arrache-pied pour reconquérir son trône en se faisant aider par Omar Ibn Abdallah le ministre Mérinide. Mais le sort en fut jeté car, le 28 juin 1360, Mohamed El Ahmar le fit assassiner ainsi que ses frères et ses ministres. Ce dernier s'est installé sur le trône, sous le nom de Mohamed VI, mais il n'a pas tardé à montrer ses limites au peuple et à la cour de Grenade en les mécontentant par sa brutalité et sa grossièreté. Pendant ce temps, Pierre «le cruel», roi de Castille, et Mohamed El-Ghanî Billah se rencontraient à Castro del Río et marchaient vers Grenade. L'émir éphémère, Mohamed El Ahmar, a pris la fuite vers Séville où il a été arrêté et exécuté le 25 avril 1362 par deux soldats de Pierre «le cruel». L'émir Mohamed V revient du Maghreb et reprend son trône et ses conseillers comme Lissen Ed-Dine Ibn El Khâtib, aidé en cela par les Mérinides, mais surtout par le roi de Castille, Pierre, qui lui ouvre toutes les portes pour reconquérir son pouvoir et y rester pendant longtemps. Son règne se caractérisait par de bonnes relations avec le roi de Castille. Il lui envoyait même Ibn Khaldoun en ambassade pour parachever l'important traité de paix qui existait entre les deux royaumes. Ibn Khaldoun raconte dans son autobiographie : - J'arrive à Grenade le 26 décembre 1362 et je suis chaleureusement reçu par l'émir et son vizir Ibn El-Khatîb que j'avais déjà rencontrés à Fès lors de leur exil forcé. En cette période, j'ai eu l'insigne honneur de prendre en charge la famille de l'émir lorsqu'il était reparti seul reprendre son trône. Ainsi, après avoir effectué ma mission auprès de Pierre «le cruel», et à mon départ vers Grenade, il m'a donne en cadeau une mule fringante pourvue de lourds étriers et d'une bride en or. J'en fis présent au Sultan, qui me donna le village d'Elvira en terre irriguée dans la plaine de Grenade. Il m'en fit dresser acte». La même année Ibn Khaldoun repartait pour le Maghreb. Le roi de Castille et l'émir de Grenade, Mohamed V El-Ghanî, ont eu les meilleures relations. Ce dernier l'assurait de son appui pendant la guerre civile entre la Castille et Henri de Trastamare, son demi-frère. Et en échange, Mohamed El-Ghanî a pu conquérir Algésiras. Mais le 13 mars 1369, la bataille entre le roi de Castille et son demi-frère Henri de Trastamare, qui s'alliait aux Aragonais et aux Chevaliers de France et d'Angleterre voyait la défaite à Montiel de Pierre «le cruel». Ce dernier mourut poignardé par une ruse dans la tente de Du Guesclin le 22 mars 1369. En 1371, à Grenade, c'était le Premier ministre Lissen Ed-Dine Ibn El Khâtib, ami d'Ibn Khaldoun, qui dirigeait l'émirat de Grenade, après son exil de 1359. Mais son influence diminuait progressivement à cause des calomnies venant de personnages influents tels que le poète Ibn Zamrak. Ces calomnies rapportaient qu'Ibn El Khâtib était «au service des Mérinides qui aspireraient à conquérir le trône de Grenade». Finalement Ibn El Khâtib se voyait contraint de s'exiler et trouver refuge à Fès chez les Mérinides, accréditant ainsi les accusations dont il a été l'objet. Cependant, le bouleversement au Maghreb, chez les Mérinides, a eu beaucoup d'effet sur les relations entre les deux souverains. Le nouveau Sultan Ahmed Ibn Abi Salem se trouvait être l'ami de Mohamed V de Grenade qui lui demandait la remise d'Ibn El Khâtib aux autorités andalouses. A son retour d'exil, il a été jugé et condamné à mort en 1374. Mais qui était-il, en dehors de la politique, cet éminent personnage qui jouait des rôles non moins importants avec les souverains de son époque ' Ibn Khatib est né à Loja vers 1313. Il est issu d'une famille andalouse d'origine yéménite. Il s'est installé à Grenade, où il passera la plus grande partie de sa vie. Et, comme son père, il entrait dans la cour de l'émir nasride, Mohamed V El-Ghanî pour lequel il servira d'historien et dirigera même un cabinet ministériel. C'est en occupant ce poste qu'il fait la connaissance d'Ibn Khaldoun et avec lequel il se liera d'amitié. Il se chargera de hautes fonctions politiques, en étant nommé double vizir ce qui lui a valu le surnom de « Dhû l-wizaratayn » ou «l'homme aux deux ministères». Au cours d'une épidémie de peste qui a sévi en Espagne en 1348, il a énoncé pour la première fois la notion de contagiosité en recommandant d'isoler les malades et de détruire leur linge. Il a décrit avec rigueur le développement et la propagation d'une épidémie. Il est l'auteur de plus de soixante livres dont «Histoire de Grenade», une monographie sur la capitale avec une description de la ville et de ses habitants, «Chronologie des califes et des rois d'Afrique et d'Espagne» et «La Rawdat at-ta?rîf bi-l-hubb as-sharîf», un traité de mystique musulmane sur l'amour de Dieu. Il a écrit la plupart de ses livres, pendant qu'il souffrait d'insomnie. Cependant, comme expliqué auparavant, et à cause de ses relations parfois confuses avec les responsables et des personnalités du pays, il a été obligé de s'exiler par deux fois, au Maghreb, ou il se mettait au service des Mérinides. Ainsi, la suite avec l'émir et Ibn Zamrak nous la connaissons. Peu avant cette époque, est né à Murcie, en 1216, Mohamed Ibn Abd-el-Haq Ibn Sab'in, l'un des éminents philosophes et mystiques de l'Andalousie du XIIIe siècle. Ibn Sab'in, fut connu en s'impliquant dans l'art de la philosophie. Il jouait le rôle d'interlocuteur incontournable entre cette science et la mystique. Il décédait à la manière du stoïcien Sénèque, en s'ouvrant les veines. Ibn Sab'in réduisait l'existence à l'unité absolue (El Wihda el motlaqa). Il affirmait dans ses études, reprises par les historiens que, «Dieu seul existe et le reste n'a qu'une existence
chimérique comme l'ombre d'une personne. Il n'y donc qu'une unité dans laquelle est contenue la multiplicité, celle-ci étant la fabrication de l'imagination humaine». On retient de lui ses fameuses «Réponses aux questions du roi de Sicile et du Saint-Empire Germanique», l'empereur Frédéric II du Saint-Empire de Hohenstaufen. Un autre personnage aussi éminent que célèbre a vécu en cette période, et a laissé de quoi vanter une Andalousie en plein essor scientifique et culturel. Il s'agit d'Abou Bakr Ibn Badr Eddine Ibn El Moundhir El Baïtar, vétérinaire andalou, qui s'est spécialisé dans l'hippologie et l'hippiatrie. Il est l'auteur du célèbre traité sur l'hippologie le «Nâçeri» à la demande, en 1333, du sultan des Mamelouks appelé «Ennacer» ou Seïf Eddine Mohamed Ibn Qaläoun. Delà, les Arabes appelleront les sciences vétérinaires «Ettib el baïtari», du nom d'El Baïtar. Ne pas confondre avec Ibn El Baitar (1197-1248), ou l'Imam des botanistes et des herboristes qui, lui-aussi, a été un Andalou qui étudiait les plantes dans tout le Maghreb et en Egypte où il devient le maître des herboristes. Parmi ses ouvrages le «Condensé des remèdes et des aliments simples». De tous les traités d'hippiatrie, le «Nâçerî» dont le manuscrit original, le plus ancien de cette ?uvre, rédigé par Abou Bakr lui-même, et qui se trouve à Istanbul? est probablement le plus connu. En son temps, il a été une référence aux professionnels de l'époque, parce qu'il leur a apporté les éléments appuyant une croyance déjà forte en la qualité des «vétérinaires» arabes. El Baïtar évoque le but de son ouvrage : - Je me suis imposé d'assembler, pour la bibliothèque du sultan, un ouvrage exhaustif, pour tous ceux qui en auraient le besoin, ou désireraient s'instruire de la science vétérinaire, du dressage ou de l'équitation. Je n'ai rien négligé de ce qui pourrait servir à cette fin dans ce que j'ai réuni dans cet ouvrage comme observations, connaissances, questions ambiguës ou thérapeutiques, contrairement à la plupart des auteurs de ces arts. Dans cet ouvrage, sont rassemblées les connaissances de tous les peuples ayant laissé des traces écrites sur le cheval. El Baïtar s'inspirait, pour son élaboration, des Grecs, des Indiens, des Perses et des Arabes, tout en s'appuyant sur les connaissances de son père et en livrant sa propre expérience et ses conclusions. Son exposé est divisé en trois cent dix neuf chapitres, partagés en dix parties, chacune consacrée à un aspect du cheval. Quoi qu'il en soit, ce manuscrit précieux, pour notre Histoire et notre art, est riche de connaissances et d'expérience, «ayant été conçu à une époque d'avancée certaine dans des domaines aussi divers que les sciences, les arts, la philosophie ou encore la littérature.», affirmeront, bien plus tard, les professeurs Mohammed Mehdi Hakimi et Christophe Degueurce, dans la présentation du «Nâçeri». Et ils la termineront ainsi : «La contribution de cette période à la création de notre médecine moderne est inestimable. Ce travail a permis de révéler l'étendue des connaissances des Arabes, d'un développement infiniment supérieur à ce qu'elles étaient en Europe à la même époque.» Revenons à Grenade en 1375, car Ibn Khaldoun revient lui-aussi, là où il a été bien accueilli par l'émir Mohamed El-Ghanî qui, «étrangement», a reçu l'ordre du Maghreb pour lui renvoyer son hôte, cet hôte à qui on reprochait son amitié pour Abou Zayd Abd er-Rahman. L'émir de Grenade a refusé cette demande et a fait débarquer Ibn Khaldoun à Tlemcen, d'où il allait vers Tunis qui deviendra la résidence de sa famille. En 1391, l'émir de Grenade, décédait et laissait son trône à son fils Abou El-Hadjâdj Youssef ou Youssef II qui a été, selon l'ordre des souverains, le 11ème émir de ce qui restait de cet important Empire des musulmans d'Espagne. Une année à peine sur le trône, il n'a su se faire distinguer par l'Histoire de cette merveilleuse capitale de l'Andalousie. Même ceux qui l'ont suivi, n'ont pas fait plus, à l'image des Mohamed VI Ibn Youssef II et son frère Youssef III parce qu'en face, chez les rois chrétiens, la qualité n'était pas également au summum des aspirations de leurs sujets castillans. Ceux-là ? les rois ? se préoccupaient de leurs divisions et des ambitions démesurées des nombreux prétendants, parmi les hauts dignitaires de la couronne de Castille. Cependant, au cours de ces années de règne chez les Nasrides, le seul fait marquant qu'on peut citer en ce début du 15ème siècle ? pas à leur avantage, bien sûr ?, est la prise d'Antequera par les Castillans, en octobre 1410, une ville historique qui représentait le poumon de l'Andalousie, car située entre Malaga, Grenade, Cordoue et Séville. Moins d'un siècle nous séparait de la reconquête de l'Espagne par les rois chrétiens. Qu'ont-ils fait les souverains musulmans pendant cette période qui montrait toute leur impuissance à juguler les vicissitudes du temps qui s'amplifiaient et se perpétuaient au fil des ans ' La réponse ne pourra jamais être en leur faveur pour les disculper de préjudices dont ils furent les concepteurs et, par voie de conséquence, les premières victimes. L'émir Youssef III est décédé en 1417 et ceux qui l'ont suivis n'ont pu faire plus que lui parce qu'ils n'étaient pas à la hauteur de leur tâche. Ils se caractérisaient par la faiblesse et un manque de personnalité, ne s'intéressant qu'aux querelles et aux discordes. Le premier parmi eux, a été l'héritier de Youssef III, Abou Abdallah Mohamed VII dont le règne voyait le rayonnement et l'influence d'une famille arabe très ancienne, les Banou Serradj (les Abencerages), dont un des leurs occupait les fonctions de Premier ministre au service de l'émir de Grenade. Et après ' demandait la conscience?, cet esprit d'Izemis qui était là, constamment, dans l'Histoire de ce pays perdu. Et à Mohamed Chérif Izemis Abou Skander de répondre : - Les autres émirs se suivaient sur le trône à une telle vitesse qui ne leur permettait pas d'accomplir des exploits. Certains revenaient plusieurs fois après qu'ils aient été chassés par des complots, d'autres duraient deux ans à l'image de Mohamed Ibn Mohamed Ibn Youssef, surnommé Es-Saghir qui remontait sur le trône en 1430 pour le quitter en 1432, suivi d'Abou El Hadjadj Youssef IV, un vieillard, qui n'a gouverné que six mois avant de rendre l'âme. Il a été remplacé par Mohamed VII qui montait sur le trône pour la 3ème fois. D'ailleurs, il n'a pas été le plus performant, par le nombre de ses investitures à la tête du royaume de Grenade, un autre, venant après lui, défiait la chronique par 5 fois. Il s'agit du 15ème émir de Grenade, Mohamed IX dont le règne a été entrecoupé par quatre autres mandats éphémères, celui du 16ème émir Youssef IV (1431-1432), du 17ème émir Youssef V (1445-1446), du 18ème émir Mohamed X (1446-1447) et enfin celui du 19ème émir Mohamed XI (1451-1452). Ensuite, apparaissaient les signes du déclin, avec la perte de nombreuses villes du royaume et l'avance inexorable des Castillans sur Grenade pendant les années 1455 et 1457. Mais la perte ou la défaite la plus dangereuse, parce qu'annonciatrice de la fin du règne des musulmans en Andalousie, a été la prise de Gibraltar par les rois catholiques, une prise qui séparait le royaume de Grenade du Maghreb et, en même temps, qui coupait la route de cet inqualifiable soutien qui venait de la région du sud. Il faut dire également, qu'en cette période, la dynastie des Mérinides se caractérisait par la consomption et la médiocrité, ce qui la faisait entrer dans une phase de dislocation et de dénouement. A coté, à Tlemcen, la dynastie des Béni-Abdelwed ne se portait pas mieux?, elle vieillissait, hélas, en même temps que diminuait pitoyablement l'ardeur des Hafçides à Tunis. Et ensuite, reprenait la conscience ' - Eh bien, répondait Abou Skander, avec ces arrières, plus qu'autant désuets qu'inefficaces, que pouvaient faire les Grenadins, si ce n'était que de partir un peu plus loin chercher ce qu'il leur fallait en aide et en soutien ' En Egypte, chez les Mamelouks, par exemple ' En effet, l'émir d'alors, envoyait une ambassade urgente pour solliciter de l'aide auprès des souverains du Caire. Mais le royaume des Mamelouks n'était pas en si belle forme que celui des Andalous. Il se définissait par les mêmes asthénies et la même impuissance. Il ne restait qu'une seule communauté musulmane, celle des Ottomans qui venait d'investir le monde de la politique, en tant que force musulmane incontournable à l'est du Bassin méditerranéen, même s'ils (les Ottomans) étaient trop occupés avec leurs conquêtes des Balkans et de la Serbie, après avoir occupé Constantinople en 1453 sous le commandement du Sultan Mohamed El Fateh. Les Grenadins comprenaient qu'ils ne pouvaient compter sur eux et, de là, ils se sentaient isolés et comme abandonnés. Ce dénuement n'a pas permis aux Andalous de resserrer leurs rangs et de travailler davantage pour s'unir afin de diminuer leurs discordes et régler calmement leurs problèmes. Bien au contraire, la situation interne s'altérait encore davantage à cause de ces graves conflits entretenus par les émirs du royaume eux-mêmes. En 1463 par exemple, Abou El Hassen Ali se rebellait contre son père Saâd Ibn Mohamed Ibn Youssef, encouragé et aidé par les Abencerages. Il détrônait son père et l'expulsait vers Malaga où il décédait une année après, en 1464. Cependant, et malgré cette force utilisée contre son propre père, il n'a eu l'occasion de monter sur le trône qu'après d'autres querelles avec ses concurrents et à leur tête ses frères, Abou El Hadjadj Youssef et Abou Abdallah Mohamed, surnommé Ez-Zaghal. Youssef trépassait et ne restait qu'Ez-Zaghal, maître de Malaga, qui consommait sa vie en conflit ouvert avec son frère, en se faisant aider par le roi de Castille.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K B
Source : www.lnr-dz.com